A l’heure où les membres du jury du festival de Cannes ont remis le palmarès (peu transcendant), à J-3 de la sortie de Prometheus de Ridley Scott (oui rien à voir mais j’avais envie de le dire), je propose un petit zoom sur un petit film, qui s’avère grand.
Deux jours à tuer raconte l’histoire d’Antoine, publicitaire, qui sur un coup de tête, quitte son boulot, envoie balader femme, enfants, amis et part retrouver son père installé en Irlande. Le film a été réalisé par Jean Becker (L’Eté meurtrier, 1983), en 2008. Dans les rôles principaux, le déjanté Albert Dupontel et la québécoise Marie Josée Croze. C’est une adaptation du roman du même nom de François d’Epenoux.

de Jean Becker

Le sujet à la base n’est pas très original, un homme a qui a en apparence tout pour être heureux (super boulot, argent, femme, enfants, amis) pète un cable et se met donc dans une situation compliquée. Le titre du film est vraiment trompeur, on a l’impression d’avoir affaire à un film policier ou un thriller.

Toujours est il que la force de Deux jours à tuer résulte dans l’interprétation des acteurs et les dialogues.  Albert Dupontel est absolument génial, déstabilisant, mystérieux. Les quelques répliques cinglantes sont excellentes, à la fois dures et drôles (la scène du dîner est mémorable). On est entre deux sentiments, on a envie de rire et en même temps c’est parfois tellement dur que ça en devient gênant.
Marie-Josée Croze fait bien passer l’incompréhension de cette femme qui ne reconnaît plus son mari, et qui refuse de croire à son hostilité soudaine. Quant à Pierre Vaneck, il est particulièrement touchant dans le rôle de ce père un peu ours, qui se cache sous une carapace mais qui, est bien sensible.

La 2ème partie du film se passe en Irlande. Antoine retrouve son père, dont il n’est plus proche, certaines histoires familiales les ayant éloignés. Le père vit reclus dans la campagne irlandaise et accueille du mieux qu’il peut avec surprise, son fils.
Jusque là Antoine était déterminé dans sa volonté d’éclater au grand jour, là avec son père c’est différent. Il attend de ce voyage, une aide pour finaliser sa démarche. Coincé entre l’envie de retrouve son père et sa rancœur, la démarche est difficile.
Évidemment, Antoine a une raison particulière de se comporter comme ça, et c’est dommage quelque part d’avoir attendu d’être dans une telle situation pour laisser éclater ses envies et sa spontanéité. Mais son attitude traduit en fait l’une des déclarations d’amour les plus fortes que j’ai jamais vue, notamment au cinéma.

Au delà du message cliché de l’argent ne fait pas le bonheur, Deux jours à tuer met en lumière le fait que c’est difficile d’être soi même dans notre société, et d’être amené à se rencontrer soi même car on doit mettre de l’énergie pour évoluer et s’insérer dans la vie.
Le film est juste, touchant, simple et du coup on suit assidûment le cheminement d’Antoine, jusqu’à la révélation finale.

Le film a réalisé plus d’un million d’entrées en France, ce qui est un excellent score, dont on a pas entendu parler.

A noter qu’Albert Dupontel joue dans un film dont la thématique est similaire, mais qui m’a l’air grandement moins fin et plus axé sur la comédie, Le grand soir de Benoit Délépine et Gustave Kervern (2012), qui sort le 6 juin.

Bonus:

Bande annonce de deux jours à tuer (qui n’envoie pas du rêve):

Petit aperçu de la scène du dîner:

Deux jours à tuer, la scène du dîner

Et rien à voir avec Deux jours à tuer, mais c’est jouissif

Interview de Jean Becker:

Lovely Bones, c’est un coup de coeur. D’autant plus coup de coeur car inattendu. Avant de développer plus, voici l’histoire de Susie, adolescente de 14 ans qui va se faire assassiner. De l’au delà, elle observera les conséquences de sa mort sur sa famille, et le déroulement de l’enquête. Le film a été réalisé en 2010 par Peter Jackson. Au casting, Mark Wahlberg, Rachel Weiz et Saoire Ronan (que l’on a vu dans Reviens moi, 2008 de Briony Tallis) dans le rôle de Susie.

un film de Peter Jackson

Pour beaucoup, Peter Jackson est le réalisateur de la saga qui ne m’intéresse pas du tout: Le Seigneur des Anneaux (2001-2002-2003). Mais c’est aussi le réalisateur des déjantés Bad Taste (1987), (que je n’ai pas pu voir en entier, volontairement je précise) et Braindead, 1992, qui n’est pas dénué d’humour.
Sans en faire un portrait (mais pourquoi pas tiens?), Peter Jackson n’est pas un réalisateur qui m’intéresse particulièrement. Mais ça me fascinera toujours un réalisateur qui peut créer une oeuvre aussi délirante et gore que Braindead, en faisant presque 15 ans plus tard, une farce commerciale comme King Kong (2005). Avouez vous pensiez que j’allais dire le Seigneur des Anneaux?

Du coup, quand j’ai vu que Lovely Bones était de lui, je me suis dit ça vaut le coup d’y jeter un oeil, et le synopsis m’intéressait. Mais j’ai entendu dire que c’était un peu guimauve, gniagnian, l’affiche ne m’emballait pas non plus. Du coup, j’ai mis son visionnage en suspens, en me disant que si j’ai l’occasion de le voir, oui pourquoi pas.

Un jour, je commence donc à le regarder, avec un peu l’appréhension de me retrouver face à l’ennui. Et dès le début j’ai été séduite. La photographie est superbe. Le fait que le film se situe dans les années 70 y contribue. Le réalisateur joue avec les couleurs et les formes pour créer une ambiance chaleureuse malgré le sujet. Sachant d’avance l’élement déclencheur de l’histoire, on ressent une certaine gêne. Comme si, on voulait changer le synopsis face au drame qui va se jouer.

Lovely Bones c’est l’histoire de Susie, simple adolescente, si naïve et si attendrissante. Le film prend une tournure de comédie teenage quand la grand mère Susan Sarandon, prend part à la vie amoureuse de son adolescente de petite fille.
Lentement mais sûrement on arrive à l’insoutenable. Attention, ceux qui pensent que c’est visuel, non du tout. L’insoutenable, il est surtout provoqué par l’interprétation magistrale de Stanley Tucci (vu notamment dans le Terminal de Steven Spielberg, 2004). J’ai rarement vu un acteur mettre autant mal à l’aise. Sujet délicat qu’est la pédophilie et le meurtre d’enfant (surtout par les temps qui courent), Peter Jackson filme tout en finesse et avec pudeur l’attaque dont est victime Susie.

En parlant d’interprétation, Saoire Ronan est tout à fait convaincante dans le rôle de Susie, jeune adolescente, éveillée au monde, mais pas aux dangers. Je trouve néanmoins qu’elle apporte parfois un peu de sentimentaliste, je ne saurais dire si c’est vraiment lié à elle ou à son personnage.
Je m’attendais pas à voir Rachel Weiz dans le rôle de la mère aimante et forte, ni Mark Wahlerg (que j’aime moyennement) dans le rôle du père qui n’arrive pas à lâcher prise. Les deux interprètent avec justesse, ni trop, ni pas assez, la souffrance terrible et différente qu’ils éprouvent. L’une a besoin de fuir et d’avoir l’esprit occupé, l’autre a besoin de savoir la vérité et de venger sa fille.
La vengeance est un plat qui se mange froid. Voici en gros le message de Lovely Bones.

Susie, assassinée, se retrouve dans un “entre deux mondes”. Coincée, car refusant sa mort précoce, son univers est en parfaite intéraction avec ce qui se passe dans la vie réélle. Visuellement, les images sont splendides, vraiment. Parfois un peu trop cul cul ceci dit.

Le film n’est clairement pas porté sur l’enquête policière, mais complètement sur le deuil d’une famille, même si le coupable sera finalement démasqué. Cela apporte un suspens assez inhabituel, et je dois dire qu’il faut être tout de même bien doué pour faire durer un suspens comme ça, sachant que le spectateur connaît d’emblée le coupable.

La réalisation de Peter Jackson est bluffante. Tant au niveau des couleurs, que de la manière d’amener le suspens (la scène où la soeur de Susie repose tout doucement la planche de bois est grandiose), de filmer la douleur des personnages…Il en montre toujours assez, sans exagérer.
Visuellement, les images sont splendides, vraiment. Parfois un peu trop cul cul ceci dit. Mais c’était le point que j’appréhendais le plus dans le film, l’aspect “guimauve” dont j’avais tant entendu parler vient surtout de ces scènes. Finalement, plutôt agréablement surprise. Bon c’est clair que c’est franchement pas ce que je préfère dans le film, j’ai toujours eu du mal avec la vision d’un certain monde, au delà, complètement fantaisiste et démesuré, sans ou peu de logique. Il faut avouer que les parrallèles faits entre le monde de l’au delà et le monde réels sont tout, sauf subtils. Ca manque du coup d’un peu d’originalité et de surprises.

Malgré son sujet, Lovely Bones fait du bien, qui apaise, qui donne envie de croire qu’en dépit des pires atrocités que l’on peut vivre, il y a toujours un espoir après avoir sombré (ok c’est un peu guimauve, mais à petite dose la guimauve c’est bon aussi). Dans la mesure où c’est très difficile de faire passer cette idée sans tomber dans le sentimentalisme miévreux donc pour moi c’est vraiment un coup de maître de la part de Jackson. Lovely Bones, à voir absolument.

 Bonus:

Bande annonce de Lovely Bones:

Interview de l’équipe de Lovely Bones:

On l’oublie parfois mais, le cinéma de genre regroupe en fait plusieurs genres de cinéma. C’est un genre de cinéma profondément riche (à défaut de pouvoir trouver des films qui renouvellent vraiment le genre maintenant, on peut trouver des pépites quand même). Je vous propose donc une petite liste de catégories de films pour y voir plus clair, qui n’a rien de définitive!

Le slasher

Sans doute le plus connu, le plus visionné pendant longtemps, il connaît un essoufflement ces derniers mois, voire ces dernières années.
Le slasher est un genre de cinéma d’horreur, mettant en scène un tueur (le plus souvent un serial killer), qui poursuit (et tue à coup d’objets tranchants) un groupe de personnes, le plus souvent d’amis. Généralement, on ne voit jamais son visage tout le long du film, et on en découvre plus sur lui ou sur sa vie, à la fin du film, quand le héros se retrouve face à un ultime affrontement.

Beaucoup pensent qu’Halloween de John Carpenter (1978) a été le point de départ du slasher, mais il a commencé à vivre avec Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974). Inspiré d’une histoire vraie, le tueur appelé Leatherface, s’en prend à une bande de jeunes, malheureusement pour eux, perdus au fin fond du Texas. Malsain (la scène du repas reste culte), violent (pour l’époque,on est d’accord), le film a profondément choqué, il est resté censuré et interdit dans de nombreux pays durant plusieurs années, l’heure n’était donc pas à analyser le genre en lui même du film. L’histoire se poursuit avec Black Christmas (1974) de Bob Clark. Je n’ai vu que le remake de 2006, réalisé par Glen Morgan (réalisateur de Destination Finale 3, 2006), que je trouve déjà bien barré, bien que parfois convenu, j’imagine que l’original doit apporter un plus avec son côté old school. Black Christmas raconte le calvaire d’une communauté de “soeurs” à l’université, fêtant Noël en étant harcelées et poursuivies par un tueur. A sa sortie, Black Christmas passe inaperçu.
L’apogée vient donc avec Halloween de John Carpenter (1978). Mickaël Myers est désormais l’un des serial killer les plus célèbre. Il faut dire que le personnage est plutôt fascinant. Petit garçon, il tue sa soeur à coups de couteaux et fût enfermé à l’asile durant plusieurs années. Un jour, il s’échappe, et revient dans sa petite ville, Haddonfield, pour retrouver notamment sa demi soeur, jouée par l’inconnue à l’époque, Jamie Lee Curtis. Evidemment, ceux qui auront la malchance de le croiser, auront affaire à sa cruauté sans limites. Mikaël Myers est tueur froid, avançant lentement, le visage caché par un masque blanc, doué d’une force surhumaine et pour le grand bonheur des producteurs, invincible. Tourné en 20 jours avec un budget de 325 000 dollars, le film est un énorme succès, déchaînant les passions. La suite on la connait, pas moins de 9 films verront le jour dont un excellent remake/prequel réalisé par Rob Zombie en 2007. Une version 3D doit sortir en octobre 2012, réalisé par Patrick Lussier. Ca n’a pas l’air bon mais depuis le temps que je veux voir un film d’horreur en 3D, ça sera sans doute l’occasion.

Toujours est-il que le genre est lancé et la série des Vendredi 13 aussi, ainsi que d’autres films moyens comme Prom Night de Paul Lynch (1980), The Burning (1981) de Tony Maylam…Le genre se renouvelle avec Les griffes de la nuit, de Wes Craven (1984), mettant en scène Freddy, tueur défiguré qui tue des adolescents dans leur sommeil. Mêlant rêve et réalité, le film se révèle efficace. Là encore, 7 suites verront le jour, dont un mauvais remake sorti en 2010, réalisé par Samuel Bayer.

De mauvais films se succédant, le public se lasse et le slasher tombe. Il faudra attendre le sang neuf de Scream (1996) de Wes Craven qui bouscule le genre slasher en utilisant (et en se moquant) des films existants, et redonnera vie au genre. Craven avait déjà donné un coup de peps au slasher avec Les griffes de la nuit. Là encore, 3 films suivront, tous réalisés par Wes Craven. Du coup, on aura droit à la série des Souviens toi l’été dernier, dont le 1er qui se regarde bien, est réalisé par Jim Gillespie (1997), le potable Urban Legend de Jamie Blanks (1998), le mauvais Mortelle St Valentin (2001) toujours de Jamie Blanks. Des perles sortent parfois comme Wolf Creek de Greg McLean (2005).

Peu de slasher en France, Lionel Delplanque a bien tenté en 1998 avec Promenons nous dans les bois mais le résultat est une catastrophe. Alexandre Aja a réussi le pari avec Haute Tension en (2003).

Il faut l’avouer, le slasher a rarement un grand intérêt. On ne demande pas grand chose à un bon slasher, simplement de nous surprendre et nous tenir en haleine, et c’est de moins en moins facile. Le slasher traverse une période creuse, remplacé par d’autres sous genre. Sans doute qu’il reconnaîtra un âge d’or mais cette fois, ça ne sera pas Wes Craven qui en sera à l’origine.

Les rapes and revenges/Les survivals

Je les mets dans le même sac parce que même si les intentions de départ des personnages ne sont pas forcément les mêmes, le résultat est globalement identique.
Un rape and reveng/ survival se définit comme un film où les personnages se retrouvent dans une situation extrême, qui les poussent généralement soit à tuer, ou à se dépasser.

Le 1er selon moi dans le genre, serait La dernière maison sur la gauche de (encore) Wes Craven (1972). Le film raconte l’histoire de deux jeunes filles qui se font kidnappées par une bande de malfrats et qui subiront sévices sur sévices. Après les avoir tuées, ils se rendent dans une maison et ne se doutent pas que les parents de l’une d’elles y habitent. Comprenant que leur fille a été tuée, ils feront à leur tour subir un véritable calvaire aux meurtriers des jeune filles (veuillez cliquer ici pour lire un article sur le film, écrit par une personne qui ne comprend pas grand chose au cinéma d’horreur). Il va sans dire qu’à l’époque, la dernière maison sur la gauche créé un véritable scandale et ne sera par exemple jamais diffusé en 30 ans en Grande Bretagne.
De la même époque, notons l’excellent Délivrance de John Boorman, qui met en scène 4 amis qui partent en canoë et qui se retrouvent aux mains de personnes violentes, et devront se défendre…
En 1978 sort Day of the woman de Meir Zarchi, racontant le viol et la torture de Jennifer par des hommes qui la laisseront pour morte. Malheureusement pour eux, elle prépare sa revanche et se donne à coeur joie de mettre à exécution ses plans.

Plus récemment, il y a l’excellent Eden Lake de James Watkins (2008), The Descent de Neil Marshall (2005), les français et très bons Vertige d’Abel Ferry (2009), Calvaire de Fabrice Welz (2004), La traque d’Antoine Blossier (2010) ou encore A l’intérieur de Julien Maury et Alexandre Bustillo (2007). Même s’il ne bascule pas dans la traque et l’horreur, A vif de Neil Jordan (2007) fait partie de la catégorie revenge. On peut relever également le passable Ils (2005) de Xavier Palud, et Motel (2007) de Nimrod Antal qui s’avère excellent.
La Colline a des yeux de Wes Craven (1977) parle d’une famille qui, après avoir été les victimes de personnes ayant subi des rayons radioactifs, cherche à se venger. Le remake réalisé par notre français Alexandre Aja en 2006, dépasse pour moi l’original, tant il est rare de sentir une telle tension, mêlée à un grand désespoir.
Le grandiose Martyrs de Pascal Laugier (2008) fait figure d’exception dans le genre. Une femme ayant été kidnappée enfant, revient vers ses bourreaux pour les tuer. Aidée par une amie, elles se retrouvent au sein d’une maison où des gens sont régulièrement torturés. Une tension permanente est instaurée et qui reste assez rare au cinéma.

C’est un genre où il est plus évident de créer une histoire originale, avec des décors particuliers. L’intérêt étant de voir comment et quels types de personnes peuvent se comporter et agir quand ils sont profondément blessés et traumatisés, ou quand et comment des situations extrêmes les plongent dans une certaine folie.

Le torture porn

Genre que j’apprécie sans doute le moins car c’est celui que je comprends le moins bien. C’est un genre qui marche plutôt bien, encore maintenant, même si l’originalité des films a bien diminuée.

Le torture porn désigne des films dont les personnages sont pris au pièges par un ou des sadique(s), généralement riches. Le spectateur assiste donc aux tortures. Il y a parfois un peu de sexe mélangé à tout cela, mais le terme “porn” est plus lié de mon point de vue, au plaisir sexuel que peut ressentir un bourreau.

Le genre commence avec Salo ou les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini (1976), “libre” adapation de l’oeuvre du marquis de Sade, qui décrit la façon dont torturent 4 aristocrates, quelques 70 hommes et femmes.
Les plus connus sont les Hostel d’Eli Roth et en partie produit par Quentin Tarantino (2005-2007-2011, celui ci, sorti en Direct to DVD…), et les Saw donc le 1er réalisé par James Wan (2004), est excellent, les autres laissant à désirer (je me suis arrêtée au 3).

Dans un registre moins gore et plus dramatique, mais tout autant malsain, The girl next door de Gregory Wilson (2007) raconte l’histoire vraie d’une gamine qui se fait enfermée à la cave par une mère de famille qui l’a en garde. Elle sera le souffre douleur de cette dernière et des enfants du quartiers. Considérée comme un simple jouet, les enfants ne se rendant pas compte de la gravité de leurs actes, la jeune fille mourra d’épuisement. Le réussi An american crime de Tommy O’Haver (2007) reprend également cette histoire.
Dans un registre extrême, Philosophy of a knife d’Andrey Iskanov (2008) qui raconte les expériences vraies pratiquées par l’unité japonaise 731 de 1930 à 1945.
Je mettrais dans cette catégorie l’excellent Human Centipede, first sequence de Tom Six qui fait énormément polémique (2009), ainsi que sa suite Humance Centipede 2, full sequence.

Généralement le but de ce genre est de montrer les pires tortures, de façon le plus gore possible. Et c’est l’aspect qui m’intéresse le moins dans le cinéma de genre.

Epidémie

Alors là, il y en a à foison, à toutes les sauces. C’est un genre généralement lié aux zombies. Ces films racontent la vie de personnages après qu’une épidémie ait frappé leur ville/région/pays/monde (barrez les mentions inutiles), ayant tué/modifié/zombifié la population (barrez les mentions inutiles).

On peut dire que le genre voit le jour avec la nuit des morts vivants (1968) du grand George A. Romero. Allez voir la old school bande annonce.  Le film aura deux suites: Zombie (1978) et Le jour des morts vivants, toujours réalisés par Romero. Trilogie excellente et culte.
Depuis,  les films de zombies ne manquent pas…Rec (2008), Rec 2 (2009), Rec 3 (2012) de Paco Plaza , le génial L’armée des morts de Zack Snyder (2004) et remake de Zombie, le très bon 28 jours plus tard de Danny Boyle (2002) qui sera suivi du passable 28 semaines plus tard (2007) de Juan Carlos Fresnadillo.
Côté français, il y a le potable Mutants de David Morley (2009). Très moyens également, Infectés de David et Alex Pastor (2008), Je suis une légende de Francis Lawrence (2007) avec Will Smith.

Dans le genre plus dramatique, avec peu de sang, le très réussi Le fils de l’homme (2006) de Alfonso Cuarón avec un plan séquence de voiture culte, raconte l’histoire d’un petit groupe voulant mettre à l’abri la seule femme enceinte qui reste et restera, leur monde étant plongé une pandémie qui a rendu stérile les femmes. Dans un registre proche, Blindness (2008), Fernando Meirelles filme un groupe de personnes subitement atteint de cécité, mis en quarantaine, et aidé par une seule voyante résistante à l’épidémie. Film poétique, un peu long.

Fantastique

Genre très ancien, le fantastique peut regrouper plusieurs types d’histoires: fantômes, paranormal, malédiction, sorcellerie, vampires, loups garous…On pourrait faire en fait des catégories de sous catégorie…En général, un film fantastique a une base réelle et petit à petit, des évènements étranges font basculer le film dans un autre monde ou une autre atmosphère.

Il y a les films fantastiques qui partent tellement d’une réalité qu’on essaye de nous faire croire que l’histoire que nous allons suivre, est tirée d’une histoire vraie et que, les images que nous allons voir ont été les seuls restes trouvés….Le projet Blair Witch de Daniel Myrick (1999) eut donc un moment le statut de film le plus rentable de l’histoire du cinéma avec une histoire inintéressante de sorcière. Idem pour Paranormal Activity d’Oren Peli (2007) qui sous forme de documentaire, filme l’intrusion d’un esprit dans la maison d’un couple.
En remontant plus loin, Poltergeist de Tobe Hooper (1982), souvent considéré comme un film de Steven Spielberg, tant ce dernier a été un producteur envahissant, raconte l’histoire d’esprits et de fantômes, s’introduisant dans une maison, faisant prisonnière d’une télé, une petite fille. Le film connaîtra 2 suites en 1986 et 1987 et la trilogie sera marquée par les morts prématurées d’Heather O’Rourke, à 13 ans et de Dominque Dunne, assassinée en 1982.
Le genre du paranormal existe aussi à travers des films comme Carrie de Brian de Palma (1976) et sa suite le teen movie sympathique Carrie 2 la Haine de Katt Shea (1999), et plus récemment Chronicle (2012) de Josh Trank. On peut noter aussi l’oublié Sixième Sens de M.Night Shyamalan (1999) ainsi que Les autres d’Alejandro Amenábar (2001).

Dans le genre malédiction, il y a bien sûr la série des Ring de Hideo Nakata (1997), The grudge de Takashi Shimizu (2004), The Eye de Danny Pang (2002), dont le français Xavier Palud fera un remake américain en 2008, Dark Water de toujours Hideo Nakata (2002).

Dans le genre sorcière il y a le grandiose Sleepy Hollow (1999), sûrement le dernier bon film de Tim Burton, le gentillet The craft d’Andrew Fleming (1995), le conte féérique Willow de Ron Howard (1988),  ou encore la passable chasse aux sorcières de Nicholas Hytner (1997).

Au rayon vampires et loups garous, un large choix est proposé. Je commencerai par le méconnu Morse, déroutant mais non pas moins excellent, du suédois Tomas Alfredson (2008), qui donnera suite à un remake: Laisses moi entrer de Matt Reeves (2010).  Également à voir, le culte bal des vampires de Roman Polanski (1963), le bizarre Dracula de Francis Ford Coppola (1992), le moyen 30 jours de nuit de David Slade (2007). Le superbe Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994) nous offre sûrement une des meilleurs performance de Brad Pitt et Tom Cruise. Vous ne pouvez pas manquer le détonnant une nuit en enfer de Robert Rodriguez (1990), et Nous sommes la nuit de l’allemand Dennis Gansel (2010) qui offre une vision plus moderne des vampires.
Pour les loups garous, Wolf (1994) de Mike Nichols avec Jack Nicholson reste pour moi une référence. On peut trouver aussi Hurlements de Joe Dante (1981) et ses suites, le mauvais Cursed de Wes Craven (2005) et le loup garou de Paris de Terrence Waller (1997).

Il y a parfois des curiosités comme Birth de Jonathan Glazer (2003), racontant l’histoire du deuil du personnage de Nicole Kidman face à la mort de son mari. Mari qu’elle retrouve apparemment sous les traits d’un petit garçon, qui affirme être son défunt compagnon. Le film est très tendre et évoque de façon étrange le travail de deuil.

C’est principalement le genre consacré aux fantômes qui s’essouffle, on regarde toujours plus ou moins les mêmes films avec les mêmes intrigues.

Science Fiction

Genre de cinéma logiquement inépuisable niveau sujet, ce n’est pourtant pas forcément là où on trouve les meilleurs films.

Les films de Science Fiction se passent généralement dans le futur, ou alors évoquent un présent dont les avancées (principalement centrées sur un sujet en particulier) sont nettement supérieures à notre époque. Parfois, ces films intègrent un animal ou une bête pour apporter plus de suspens et/ou d’horreur.

Évidemment j’évoque tout d’abord la série des Alien, qui reste pour moi, culte et indispensable, donc je me lasserai jamais. Il est plus simple d’aller lire mon article sur le sujet directement. Idem pour la saga Terminator. La série des Predators est a notée dont le 1er est réalisé par John McTiernan (1987). Dans le genre bête, il y a également le culte La Mouche de David Cronenberg (1986). Pas la peine de citer la saga Star Wars

Dans un genre différent, Minority Report de Steven Spielberg (2002), est un très bon film de science fiction, mélangeant policier est suspens. Inception de Christopher Nolan (2010) est également excellent, sans oublier la trilogie des Matrix, réalisée par les frères Wachowski (1999). Sur fond religieux, Prédictions d’Alex Proyas (2009) se fait une place sympathique tout comme La guerre des mondes de Steven Spielberg (2005).

Alors ensuite il y a beaucoup beaucoup de nanars dans ce domaine. On ne les compte plus…2012 de Roland Emmerich (2009), Alien Vs Predator de Paul W.S. Anderson (2004), The Island de Michael Bay (2004),  Le jour d’après de Roland Emmerich (2004), Waterworld de Kevin Reynolds (1995), qui sonna la fin de la carrière pour Reynolds, et quasi celle de Kevin Costner…

Snuff

Genre qui m’intéresse peu, toujours en raison de son intérêt que je trouve limité.

Un (vrai) snuff movie est un film dont l’objet est le tournage d’un viol et d’un meurtre qui arrive réellement et qui est filmé par un amateur (soit le tueur lui même, soit un complice). La légende dit que ce genre de film existe vraiment, tourné pour des riches. La vérité c’est qu’apriori non, ça n’existe pas, une enquête a été menée par Sarah Finger, qui en a écrit un livre, la mort en direct. En tout cas, c’est l’occasion pour les cinéastes d’en faire un sujet à part entière.

Le seul qui me semble intéressant est Témoin Muet d’Anthony Waller (1995) qui raconte l’histoire d’une muette, témoin d’un tournage d’un snuff movie. Le film est davantage un thriller et porté par l’interprétation de Madeleine Stowe.
Le dernier en date que j’ai vu est A serbian film de Srđan Spasojević (2010), film le plus violent et malsain que j’ai pu voir. Mêlant sexe, horreur (au sens propre et figuré), noirceur, dégoût comme jamais. Le plus est très dur, et s’il est bien réalisé, avec une fin particulièrement sombre, l’intérêt global du film est pauvre. Qu’est ce que le metteur en scène a voulu dire? Mystère.

La plupart des autres snuff sont des “imitations” au plus près de ce que seraient les véritables snuff, à l’image de Snuff 102 de Mariono Peralta (2007) ou August Underground qui n’a pas vraiment de réalisateur, (2003). Du coup, faire du trash pour du trash et revendiquer le statut de film le plus horrible de tout les temps, n’est pas une démarche que je trouve intéressante et qui je pense, n’aide pas le cinéma de genre et ses adeptes, à être respectés.

Ce genre de cinéma relève en général, plus du domaine underground, vu par très peu d’amateurs du genre, via le net ou parfois des festivals. Ces films ne sont parfois même pas classés, car les comités refusent de les voir.

Diabolique

Le diable, vaste sujet de cinéma. Les films évoquant le mal, traitent de personnages en proie à des démons, ou au diable. En général, on tente sur eux un exorcisme pour tenter de les libérer. Souvent, c’est un peu peine perdue, mais bon qui ne tente rien n’a rien! En tout cas, c’est un genre qui ne tombe pas.

Le plus grand film sur le Mal est sans doute le plus grand film d’épouvante de tout les temps: L’exorciste de William Friedkin (1973). Magistralement interprété, réalisation terrifiante, le film fait toujours autant d’effets aujourd’hui. Il y aura 3 suites à L’exorciste. On ne peut oublier le grand Rosemary’s baby de 1968, réalisé par Roman Polanski.
Depuis on a pu apprécié gentiment L’exorcisme d’Emily Rose de Scott Derrickson (2005), détesté la vaste blague Le dernier exorcisme de Daniel Stamm (2010). Il y a également Stigmata de Rupert Wainwright (1999) qui livre un film convenu mais efficace. Dernièrement est sorti Le Rite de Mikaël Hafstrom (2011) qui n’a pas l’air fameux. Notons aussi Constantine de Francis Lawrence (2005), Les Ames Perdues de Janusz Kaminski (2000), La fin des temps de Peter Hyams (1999), L’associé du Diable de Taylor Hackford (1997) et l’inratable culte Rosemary’s baby de Roman Polanski (1968).

Sales gosses

Genre encore peu exploité car encore tabou mais pourtant jouissif, ce genre de cinéma est particulièrement fascinant. Comment peut on imaginer de petits têtes blondes et brunes s’en prendre à des adultes?

Le meilleur pour moi est The Children de l’anglais Tom Shankland (2009). Des parents se rendent compte que leurs enfants ont des comportements destructeurs et ont du mal à réagir face à eux pour se défendre. Le film est bien amené, crédible et terrifiant.
Il existe aussi Le village des damnés de Wolf Rilla (1960) remaké par John Carpenter en 1995 et dans un registre poupée, la saga des Chucky, qui commence par Jeu d’enfant de Tom Holland (1988). A voir, le tranquille Grace (2009) de Paul Solet qui filme la descente aux enfers d’une mère prête à tout pour combler son bébé sanguinaire revenu à la vie à l’accouchement…

Beaucoup des films cités peuvent bien évidemment rentrer dans plusieurs catégories. C’est ce qui fait parfois leur originalité.

Dans le cadre du festival du cinéma espagnol de Nantes qui fête sa 22ème édition, L’Absurde Séance nous avait préparé une nuit du cinéma fantastique espagnol. 4 films, 1 court métrage, 1 petit déjeuner, avec un coup d’envoi du premier film à 22H30, le principe est le même que lors du festival de l’Absurde Séance qui a lieu tous les ans en octobre. Petit compte rendu de la soirée.

Katorza Nantes

L’Espagne est connu cinématographiquement parlant pour produire de très bons films d’horreur et de genre (on peut noter la prochaine trilogie des Rec, réalisée par Paco Plaza et en parti par Jaume Balguero, l’Orphelinat de Juan Antonio Bayona, 2007, ou encore Ouvre les yeux, d’Alejandro Aménabar, 1997). Álex de la Iglesia est également un réalisateur reconnu, sa dernière oeuvre, Balada triste de trompeta (2011) n’est d’ailleurs pas passé inaperçue. Il était d’ailleurs invité à l’édition précédente du festival du cinéma espagnol. Toujours est il que c’est l’occasion pour le cinéma Katorza de proposer sa sélection pour l’Absurde Séance.

Armé de thermos, de sucreries et de cochonneries au chocolat pour tenir la nuit, le public nantais de l’Absurde Séance s’apprête à passer une nuit ensemble pour déguster la programmation concoctée par le Katorza. Le déroulement de la soirée est rapidement présenté, ainsi que le premier film qui sera projeté.

Cependant, avant de débuter avec les longs métrages, le public est invité à regarder un court, La maison du lac. Je n’ai trouvé aucune information sur ce film. Difficile à comprendre, il mise entièrement sur l’action et le jeu de regards des personnages. La réalisation est efficace, on est suspendu à l’action, tout en essayant de se retrouver dans le brouillon de l’intrigue où l’on essaye de comprendre les connexions entre les protagonistes.

Vient maintenant les longs métrages.Et tant qu’à faire, commençons fort…

1-Torrente 4 de Santiago Segura (2011)

Réalisé par Santiago Segura

Présenté en 3D avec des lunettes de qualité (pas comme les bouts de plastique que Gaumont/Pathé fait payer 3€ supplémentaire), Torrente 4 est le dernier film d’une série de 4 films, tous réalisés par Santiago Segura, qui tient également le rôle principal. Produit par Warner Bros (quand même), je n’avais jamais entendu parler ni des films, ni du cinéaste en question, et en découvrant le film, rien d’étonnant. Dire que Torrente est totalement opposé à la finesse et au bon goût est faible. José Luis Torrente est le stéréotype du flic ripoux, gros, sale, misogyne, homophobe,escroc, obsédé sexuel, en bref, il a tous les pires défauts que l’on peut trouver.
Le scénario tient sur un ticket de tram, le but étant de mettre Torrente dans des situations afin de le montrer sous son pire jour. Santiago Segura laisse éclater ses délires (pets, caca, sexe…). Il joue plutôt bien, dans la mesure où c’est possible d’incarner un personnage aussi caricatural, dans un film dénué de sens, mais le film est là pour faire rire avec un humour si gras qu’on se demande s’il y a vraiment une limite. C’est rigolo (sans être hilarant non plus), pas compliqué à suivre, Torrente 4 rempli son contrat. La 3D n’apporte cependant pas grand chose.
Gros succès en Espagne, je comprends pourquoi Santiago Segura a bénéficié d’autant de moyens pour réaliser ces films…

Bande Annonce:

2-Intruders de Juan Carlos Fresnadillo (2011)

Changement de registre avec Intruders de Juan Carlos Fresnadillo, avec dans les rôles principaux Clive Owen (Sin City de Franck Miller et Robert Rodriguez, 2005, Le fils de l’homme dAlfonso Cuarón, 2006) et Carice Van Houten (Black Book de Paul Verhoerven, 2006). Intruders raconte l’histoire d’un petit garçon en Espagne, et d’une petite fille aux USA, qui font les mêmes cauchemars. Un homme mystérieux vient dans leur chambre et en veut apparemment à leurs visages. Leur vie et celle de l’un de leurs parents est petit à petit mise en danger. Deux histoires parallèles qui se rejoindront forcément à la fin. Suspens, tension, quelques rebondissements au rendez vous, le film est suffisamment bien monté et joué pour qu’on s’y intéresse, malgré un scénario déjà vu et revu. Clive Owen est parfait en père inquiet (son interprétation est proche de celle de l’excellent Trust de David Schwimmer, 2010).
On regrettera (les hommes ne me contrediront pas) que Carice Van Houten ait un rôle trop secondaire, en tout cas trop en surface et le fait qu’on ait l’impression que la vie de la petite fille Mia, se résume à aller à l’hôpital et être dans sa chambre. On ne la voit quasiment nulle part ailleurs alors qu’il est dit dans le film que sa vie continue. Ca n’aide pas à crédibiliser les personnages.
Pour le reste, sans rien révolutionner, c’est un bon moment à passer. La fin du film peut laisser plusieurs interprétations, dommage qu’elle soit si peu impressionnante. On a envie de dire “tout ça pour ça?”.

Bande Annonce:

A la fin du film, pause petit déjeuner. Des brioches, thés, cafés, jus d’orange nous attendaient.

3- Juan de los Muertos (Juan of the dead), d’Alejandro Brugués, 2011

Réalisé par Alejandro Brugués

Je finirais la nuit du cinéma fantastique espagnol avec  Juan de Los Muertos d’Alejandro Brugués. Un film de zombies, se déroulant à Cuba. Deux compères de glandage assistent à la transformation de leur ville en repères de zombies. Aidés par leurs enfants et deux amis, ils décident d’exploiter cet évènement qui pose problème aux habitants en leur facturant leurs services, c’est à dire buter du zombie. Le film est drôle, jouant sur la désinvolture des deux personnages principaux interprétés par Alexis Díaz de Villegas et Jorge Molina. On voit finalement assez peu de zombies.

Bande Annonce:

Et le dernier film est Accion Mutante, le premier film d’Alex De La Iglesia (1992) que j’aurais aimé voir mais à 4H30, je commençais à m’endormir…Promis pour la nuit fantastique du festival de l’Absurde Séance en octobre prochain, j’irais au bout!

The last circus est un thriller/drame/comédie/ espagnol d’Álex de la Iglesia de 2011. Balada triste de son titre original raconte, sur fond de guerre civile espagnole, Javier, profondément marqué par la mort de son père clown. Il se fait engagé comme clown triste dans un cirque où il fait connaissance de la belle Natalia, en couple avec le psychopathe de clown “rigolo” Sergio. La rivalité entre les deux hommes va faire exploser leurs folies.

 

film d'Alex de la Iglesia

Alex de la Iglesia est un réalisateur reconnu, lancé par Pedro Almodovar. Après être passé à Hollywood réaliser Crimes à Oxford, il revient avec The last circus, fresque déjantée, colorée, emmenée par le trio Carlos Areces dans le rôle de Javier, Antonio de la Torre en Sergio et la ravissante Carolina Bang en Natalia ensorceleuse.
Ne pensez pas regarder un film censé, logique, cohérent avec The last circus, il faut se laisser emporter par cette folie, cette boule d’énergie.
D’abord doux comme un agneau, et un tantinet niais, Javier sombre dans la pure folie dans la 2ème partie du film, qui rejoint la folie déjà présente de Sergio. On suit donc ses aventures (souffre douleur de Sergio, escapade dans les bois, transformation, traque de Natalia,etc…) et on se rend rapidement compte qu’on ne peut pas anticiper ce qui va arriver, tant le film est barré. On ne comprend pas toujours le pourquoi du comment, mais n’importe on prend plaisir à suivre les péripéties de notre clown fou.

The last circus ne serait pas aussi intéressant si la réalisation n’était pas aussi brillante. Sombre mais très colorée, elle met en évidence les détails de couleurs perdus au milieu de l’obscurité. Le décor du film est pour cela idéal: opposer les couleurs vives d’un cirque avec la noirceur de la folie des personnages. A l’image d’ un cirque qui est un lieu de rires et de rêves, ce qu’est The last circus est le jour, pour un être mieux un lieu glauque la nuit. La fin du film est tellement sombre que l’on a du mal par contre à distinguer l’action.

Carlos Areces interprète de façon géniale ce clown fou à l’origine, et qui laisse cette folie s’échapper en la nourrissant d’un fantasme pour Natalia. Cette dernière est également bien jouée par Carolina Bang, elle penche un jour pour la gentillesse de Javier pour (re)tomber un peu plus dans les bras de Sergio. La libération sera finalement totale à la fin du film. Le souci du personnage c’est qu’on ne peut pas le cerner ni le comprendre, son aspect lunatique n’est pas expliqué ni exploré. Du coup on la prend plus pour une blonde et on a du mal à y trouver un intérêt. Le personnage aurait eu plus de mérite à être approfondi, plutôt que de montrer à répétition son corps et son charme (bon évidemment je doute que la gente masculine soit d’accord avec ce dernier point).

Loin du cliché du clown terrifiant, The last circus est une vraie bouffée d’énergie détonnante qui fait plaisir et c’est bien le principal.

Bonus:

The last circus, la bande annonce:

Interview en anglais d’Alex de la Iglesia

 

 

Le 3 février 2012 a démarré le Festival Filmer le Travail à Poitiers, il se clôtura le 12 février prochain. Comme son nom l’indique, Filmer le Travail présente des films et des documentaires exclusivement sur le monde du travail et les questions qui s’y rapportent. Afin de mieux connaître ce jeune festival qui fête sa 3ème édition, je vous propose une interview de Jean Paul Géhin, le président de Filmer le travail et de Jacques Reboud, réalisateur du documentaire Post Mortem, présenté en compétition internationale.

3ème édition

Interview de Jean Paul Géhin:

Vous êtes sociologue et professeur. Comment vous êtes vous retrouvés président d’un festival de cinéma.

Je suis enseignant chercheur en sociologie à l’Université de Poitiers. Mes travaux de recherche portent sur le travail tandis que mes enseignements se concentrent sur la formation de réalisateurs de documentaires. Filmer le travail c’est réunir ces deux éléments.

Comment est née l’idée du festival Filmer le travail? Quel est son but?

En fait, filmer le travail repose sur un constat collectif : le travail évolue très vite et de manière peu visible ; il est donc important de dynamiser un débat citoyen sur cette question et pour ce faire de mobiliser les acquis de sciences sociales et surtout de convier les pratiques artistiques et culturelles, en particulier le cinéma, qui nous fournissent un point de vue singulier et stimulant sur cette question.

Le festival « Filmer le travail » est organisé par l’association Filmer le travail, à l’initiative de l’Université de Poitiers, l’Espace Mendès France de Poitiers et l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT Poitou-Charentes), en collaboration avec la Région Poitou-Charentes et la Ville de Poitiers.

Quelles ont été les étapes de création du festival ?

Au début, à partir de juin 2008, nous avons proposé des séances de cinéma accompagnées de débats ouverts, ceux-ci lancés par des intervenants en cinéma ainsi que des professionnels du monde du travail. Nous avons aussi organisé des conférences suivies de films et de débats. Le but était d’ouvrir une réflexion accessible à tout le monde, par le biais du cinéma professionnel et amateur.

Devant le succès de cette démarche et l’intérêt qu’elle a suscité tant au niveau régional que national, a germé l’idée d’un festival rassemblant un colloque scientifique, une compétition internationale de cinéma sur le travail, un concours de scénarios, des expositions et de nombreux débats. Très rapidement, la Région Poitou-Charentes et la Mairie de Poitiers ont adhéré à ce projet ; néanmoins, c’est avant tout l’attente du public qui a poussé le festival à devenir un réel espace de rencontres cinématographiques et de débats citoyens.

Le festival n’en est qu’à sa 3ème édition et propose une grande variété de films, notamment de nationalités. Comment se fait la sélection des films?

L’appel à film connaît un grand succès et nous recevons entre 150 et 200 films récents chaque année, majoritairement des documentaires, originaires de nombreux pays. Le comité de sélection est réduit, 3 à 4 personnes ; la sélection des films est le résultat des échanges et des confrontations entre professionnels du cinéma et professionnels du travail.

Comment s’organise la composition et la sélection du jury?

Nous avons en fait deux jurys ; un jury d’amateurs composé d’habitant de l’agglomération de Poitiers remet le prix du public ; un jury de professionnels, composé de personnalités nationales venant de divers horizons : producteurs, réalisateurs, étudiant et critique en cinéma mais aussi spécialistes du travail, chercheurs, partenaires sociaux ; c’est une originalité de filmer le travail. Ce jury de professionnels remet trois prix : le grand prix, celui du film scientifique et celui du film sur le travail.

 Plusieurs rencontres ont lieu (“écrire le travail”, “cinéma et conditions de travail”…) Quels sont leur but? Comment se passe l’animation de ces rencontres?

Des journées sont organisées pour explorer en détails des thématiques précises, telles que : ” écrire le travail ” qui permet cette année, une réflexion autour de l’écriture comme moyen d’expression sur travail, avec des tables rondes, des conférences et une exposition à la Médiathèque de Poitiers.

“Cinéma et conditions de travail ” est une nouvelle section du festival, proposée en partenariat avec le réseau ANACT ARACT, l’Ina et les écrans du social. Là encore en croisant systématiquement conférences de spécialistes, images animées (archives, documentaires, fictions) et débats avec les acteurs du monde du travail, il s’agit d’éclairer une question d’actualité, cette année, les inégalités hommes femmes face au travail.

Combien attendez vous de festivaliers pour cette édition? Le public a t il accès facilement à tous les films en compétition?

Cette année, nous espérons accueillir environ 8000 personnes pour Filmer Le Travail : 6000 festivaliers et 2000 personnes pour le reste des activités proposées sur l’année.

Les séances sont faciles d’accès, pour la plupart, les films présentés à la médiathèque sont gratuits et les autres séances sont à 5 Euros. Le pass festival est à 25 euros et à 20 euros pour les étudiants, adhérents et les chômeurs.

 Quelles sont les plus grosses contraintes à gérer? Les plus grosses difficultés à surmonter?

Comme dans tous les festivals les soucis financiers rentrent en compte ainsi que la question de la sûreté d’un parrainage financier.

Il est parfois difficile de préparer efficacement les débats et pour cela, trouver les animateurs qui correspondent aux thèmes des débats prévus.

La difficulté est aussi de faire venir les réalisateurs les plus connus.

Quels films vous ont le plus marqué depuis la création du festival? Quels films retiennent votre attention pour cette édition?

Pour le meilleur et pour l’oignon ! de Sani Elhadj Magori a gagné la première année le grand prix pour son premier festival. Ce fût deux belles découvertes, celle d’un réalisateur émergent et celle d’un film qui a bien plu par la suite.

Aussi, il y a eu les films amateurs primés au concours Filme ton travail ! de l’année dernière, qui ont ensuite été présentés dans de nombreux manifestations ou festivals nationaux et donc ont connu une carrière étonnante pour des films d’amateur.

Je pense aussi à des films que nous avons beaucoup accompagnés comme Cheminots ou Merceron SCOP SA.

Comment voyez vous l’évolution du festival?

Que l’évolution du travail soit de plus en plus mise en lumière par le cinéma documentaire et de fiction, en France et à l’étranger. Que de plus en plus le public français soit en attente d’un cinéma de qualité, qui lui permette une réflexion et un échange renouvelé sur des questions sociales du travail comme celle du devenir du travail.

Et bien sur, que le festival filmer le travail fonctionne de mieux en mieux au fur et à mesure des années.

 Un dernier mot pour donner envie au public de venir au festival?

L’équipe du festival vous invite à échanger, à voir des films, à vous ouvrir à différentes formes d’expression créatrice : l’exposition et les rencontres autour de la thématique Écrire le travail seront par exemple l’occasion de rencontrer plusieurs écrivains, chercheurs et scénaristes.

L’équipe de Filmer le travail vous invite à venir échanger, partager, pour le plaisir, la découverte et le débat citoyen!

Interview de Jacques Reboud:

 

Parlez moi de Post Mortem. Comment est né le projet?

En voiture, en écoutant une émission à la radio sur un groupe de gens effectuant une formation aux métiers du funéraire

Qu’évoque pour vous le mot post mortem?

Ça sonne un peu comme post scriptum,  poste restante aussi… Ça veut dire Après la mort

Post Mortem est votre 3ème réalisation. Quelles ont été les plus grosses difficultés? Et les plus grandes satisfactions?

La plus grosse difficulté a été de trouver un financement suffisant pour entamer le tournage. Les plus grandes satisfactions ça a été les rencontres que j’ai faites . Aussi le travail avec ma monteuse, Catherine Rascon.

Qu’est ce qui vous a attiré dans la réalisation d’un documentaire? Pourquoi ne pas avoir tourné une fiction?

Je travaille depuis longtemps dans la fiction mais j’aime par dessus tout le documentaire. Je n’aime pas intervenir dans un lieu ou une situation. J’aime prendre les choses comme elles se présentent.

Post Mortem sera-t-il diffusé dans d’autres festivals? 

Pour l’instant Post mortem n’a été choisi dans aucun autre festival que Filmer le travail. Je termine une version sous-titrée en anglais pour l’envoyer à l’étranger, voir si l’accueil est différent…

 Votre film préféré?

Le cameraman de Buster Keaton, Adieu Philippine de Rozier, Au delà s’en vont les nuages de Kaurismaki, Johnny Guitar…

Quel est votre prochain projet?

Je prépare un tournage dans une crèche et un autre sur le quotidien d’une famille “rom” roumaine qui essaie de s’installer en France.

J’aimerai aussi tourner à nouveau en Corse.

 

 

 

Pas moins de 17 films sont en compétition; monde ouvriers, pompes funèbres, éducation…plusieurs thèmes sont abordés. Les questions soulevées par les films et les débats sont d’on ne peut plus d’actualité et permettent d’avoir une vision assez globale du monde du travail, dans la mesure où des films de différentes nationalités sont présentés.

Pour plus d’informations: Festival Filmer le Travail

Bonus:

Bande annonce de la 3ème édition de Filmer le Travail:

Reportage sur l’édition 2011:

Le festival de Gerardmer (petite ville proche de Mulhouse), ou Fantastic’Arts est LE festival international fantastique. Des longs et courts métrages fantastiques, d’horreur, sont présentés en compétition, qui dure 5 jours en général. Le festival présente aussi des expos, des arts graphiques divers, des BD… La 19ème édition vient d’achever. Petit tour d’horizon de ce festival incontournable. L’affiche est particulièrement belle cette année.

Affiche de Gerardmer fantastic

Anciennement appelé festival d’Avoriaz (qui a été crée en 1973), le festival de Gerardmer a déjà vu défiler les plus grands films de genre, accompagnés des maîtres comme on dit. Je pense notamment à John Carpenter (Halloween,1978) qui, en 1995 était président du jury, ou encore à Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse, 1974) qui faisait parti de ce jury.
Le festival a le mérite de solliciter des personnalités venant d’univers divers et variés pour juger les films (Quoi de mieux pour faire connaître ce genre de cinéma?). On a notamment vu Harry Roselmack faisant parti du jury pour les courts métrages en 2008 (avec Aurélien Wiik jouant dans Frontières de Xavier Gens, 2008), Vanessa Demouy (starlette tv), pour les longs métrages en 1998, ou encore la chanteuse Emilie Simon, dans le jury longs métrages en 2007.

Comme tout festival, le festival de Gerardmer remet plusieurs récompenses. Parmi les prix décernés, le plus prestigieux est le grand prix (dont les gagnants ont été notamment Morse de Tomas Alferdson, mais aussi à Cube de Vincenzo Natali en 1999, ou encore Scream de Wes Craven en 1997). Vient ensuite le prix spécial du jury (décerné à Grace de Paul Solet, mais aussi à Saw de James Wan en 2005 ou encore l’excellent La secte sans nom de Jaume Balaguero en 2000).

Le public peut assister aux séances, des pass différents existent en fonction des journées. C’est l’occasion de découvrir des films en avant premières ou qui seront peu ou pas diffusés ensuite dans les cinémas. Par conséquent, le public décerné le prix du public. Midnight Meat Train de Ryuhei Kitamura,  Rec de Jaume Balaguero l’année précedente, ou encore les moutons fous et modifiés Black Sheep l’ont remporté.

Les films présentés au festival de Gerardmer correspondent à une thématique. Le festival fantastique s’axera sur les mondes parrallèles en 2001, l’apocalypse en 2002, la peur en 2003 ou encore le chiffre 13 en 2006.

Pour cette année 2012, Gerardmer a eu pour président Enki Bilal, qui est réalisateur, mais surtout dessinateur de BD, d’un style plutôt sombre:

BD de Enki Bilal

Accompagné de Tonie Marshall (réalisateur de Vénus Beauté Institut, 1998), Joann Sfar (réalisateur de Gainsbourg, vie héroïque, 2010 mais également dessinateur), Tomer Sisley (acteur connu surtout comme humoriste), entre autres, Enki Bilal a remit le Grand Prix à Babycall de Pal Sletaune. Film norvégien, il m’a l’air excellent. Il raconte l’histoire d’Anna qui s’installe avec son fils Anders, âgé de 8 ans, dans un grand immeuble résidentiel. Terrifiée à l’idée que son ex-mari ne les retrouve, Anna achète un babycall pour s’assurer qu’Anders soit en sécurité pendant son sommeil. Mais des bruits inquiétants semblent provenir d’un autre appartement : grâce au babycall, Anna entend même ce qu’elle croit être le meurtre d’un enfant. De son coté, Anders se prend d’amitié pour un mystérieux garçon aux cheveux noirs qui va et vient comme bon lui semble…Jugez par la bande annonce:


Le public du festival de Gerardmer a décerné son prix à Eva de Kika Maillo, film franco espagnol qui met en scène l’histoire d’Eva, qui servira de modèle pour un androide, pour son oncle.  Bande annonce:

Concernant le reste de la compétiton, The moth diaries de mary Harron a l’air très intéressant, d’autant plus que c’est l’oeuvre d’une femme, chose rare dans le cinéma de genre. Le film a également été présenté au festival de Toronto. Rebecca se lie d’amitié avec une Lucy qui se deviendra amie avec une Ernessa apriori néfaste pour Lucie: son corps jeune et en pleine santé laisse peu à peu place à une silhouette pale et maladive, comme vidée de toute substance vitale.
Beast du danois Christoffer Boe, a l’air également excellent:

On notera également la présence du film coréen  The Cat, de Byun Seungwook, une histoire de chat maléfique:

Le festival de Gerardmer c’est aussi des films hors compétition. Le très attendu The Divide de Xavier Gens (Frontière(s)), film tourné par le français aux USA, The Caller de Matthew Parkhill qui raconte l’histoire d’une femme harcelée par téléphone par une femme venant du passé. Était présent également The Theâtre Bizarre de Douglas Buck et Buddy Giovinazzo, qui a déjà fait parler de lui en raison de plusieurs évanouissements provoqués par le visionnement de cet ensemble de 7 courts métrages. Le dernier film de Francis Ford Coppola était aussi à l’affiche avec Twixt (l’oublié Val Kilmer dans le rôle titre), dans le registre fantastique/thriller.
The Incident d’ Alexandre Courtès m’a l’air bien barré (c’est le cas de le dire), des jeunes travaillant dans un asilese retrouvent aux mains d’ une tempête. Le système de sécurité tombe en panne. Les portes s’ouvrent et les occupants de l’asile s’échappent de leurs cellules… 

Bref, il n’y a pas de quoi manquer. Un jour j’irais…

Bonus

Reportage sur l’hommage du festival de Gerardmer pour l’acteur Ron Perlman

 Reportage sur les coulisses 

Pour ouvrir mon nouveau blog (adieu overblog et bonjour le travail que j’ai à faire pour retrouver mon référencement), je vous propose de (re)lire mon article sur la saga culte Alien, que j’ai un peu actualisé. Rassurez vous, vous n’allez pas vous refarcir tous mes articles un à un! j’en garderais quelques uns cependant.

Je me devais de commencer par un article sur une des sagas que j’aime le plus et qui m’a le plus marquée: celle des Aliens.

La particularité de cette filmographie qui est savant mélange de science-fiction et d’horreur, c’est d’abord quatre réalisateurs au style marqué et complètement différent les uns des autres: Ridley Scott (frère de Tony Scott) pour Alien (1979), James Cameron pour Aliens (1986), David Fincher pour Alien 3 (1992) et Jean Pierre Jeunet pour Alien la résurrection (1997).
L’autre particularité de cette saga, c’est que le personnage principal Ripley, évolue au fil des films, de même que différentes “espèces” d’alien sont montrées (l’alien chassant seul, les aliens en meute, l’alien croisé avec un chien, et une nouvelle génération d’aliens).
Chaque épisode se passe dans un futur présent en quelque sorte, c’est-à-dire que les films se passent dans l’année de leur sortie mais ne ressemble en rien à notre époque.
H.R Giger a créé la créature de l’alien; il a notamment dessiné le pied de micro de Jonathan Davis, le chanteur de Korn.

“Dans l’espace personne ne vous entend crier”. Qui ne se rappelle pas de ce slogan accrocheur, annonçant de l’horreur tout en restant mystérieux? L’affiche se charge de faire durer le suspens en montrant un oeuf étrange.

Ridley Scott réalise son 2e film avec Alien, et c’est avec ce film qu’il acquis une reconnaissance, Les duellistes n’ayant pas retenu l’attention. Alien dégage une atmosphère assez étouffante, les personnages sont principalement dans un immense vaisseau et n’ont finalement pas beaucoup de possibilités, ni d’armes pour se défendre (à part un lance flamme). D’ailleurs Dallas essaye de s’en servir dans les conduits d’aération, là ou l’alien se cache. Le sentiment d’étouffement se fait sentir au plus au point dans cette scène.

affiche d'Alien

Tout est très sombre et une des réussites de ce film, est le fait que le vaisseau ressemble parfois aux formes de l’alien sans qu’on y prenne forcément garde, ce qui fait que celui-ci se fond parfaitement dans le décor et une ambiance effrayante s’installer au fur et à mesure sans que le spectateur le note. La scène culte du film est bien évidemment celle où l’alien explose le corps de Kane, joué par John Hurt.

Le plus grand mystère de la saga Alien reste dans ce premier film. En effet, au début du film, trois des huit personnages du film explorent la planète LV4-26 sur ordre. Et c’est ici qu’ils découvrent les oeufs d’alien qui contiennent des parasites dont le but est de pondre un oeuf dans le corps d’un être vivant pour “donner naissance” à un alien. Dans cette scène, on découvre d’abord un vaisseau, puis à l’intérieur un immense être fossilisé avec apparemment, des traces d’os cassés, explosés (ce qui renvoit à la “naissance” d’un alien, qui explose la cage thoracique pour sortir). On en apprend pas plus, comme on en apprend pas plus sur l’origine des oeufs (à part qu’ils sont pondus par une reine). Et aucun autre film ne répondra à ces questions.
Pour des question principalement de moyens (techniques et financiers), on ne distingue pas vraiment l’alien. Ce qui donne une tension particulière au film.

Le seul reproche que j’aurais à faire, c’est que le film démarre un peu lentement.
Dans ce film, Ripley (Sigourney Weaver une inconnue, elle a d’ailleurs failli de pas avoir le rôle) est jeune mais sait déjà se faire respecter, elle a un caractère fort. Elle découvre l’alien, comme les autres, et ne baisse pas les bras face à cette créature.

Les + :                                            Les – : – un peu lent

– l’atmosphère glauque       
- l’alien
- les scènes d’attaque de l’alien
- le final
- la “naissance” de l’alien

affiche d'Alien 2

Aliens le retour , est totalement différent de Alien. James Cameron réalise son 2e film et a une sorte de carte blanche après le succès colossal de Terminator. C’est dans un contexte militaire, entourée de GI que Ripley retourne sur la planète LV4-26. Dans ce film, James Cameron a décidé d’exploré l’espace pour en faire un véritable terrain de guerre. C’est totalement un film SF, proche de l’ambiance de Terminator finalement.

Contrairement au précédent film où l’alien se fond dans le décor, ici, les aliens sont nombreux et ne se cachent pas. L’équipage livre un véritable combat acharné contre les aliens. Les scènes d’actions sont particulièrement efficaces à mon sens, il n’y en a ni trop, ni pas assez. Mais le côté G.I américain peut énerver. Le personnage de Ripley garde sa détermination mais ce film montre son côté maternel avec Newt, une petite fille perdue et orpheline sur la planète. Ripley est particulièrement admirative de la force dont la petite fille fait preuve, elles se ressemblent finalement.

On découvre que les oeufs sont pondus par une reine, tout simplement, une créature gigantesque. “Ne la touche pas sale pute!” est culte ;) . Cela a le mérite d’explique un peu plus l’origine des créatures. L’ambiance est plus glauque que sombre: le nid, les personnages collés au mur par les aliens, les égoûts, les conduits où vit la petite sont autant d’éléments qui le confirment. Le tout est quand même ponctué d’humour, notamment grâce au personnage joué par l’ami de James Cameron, Bill Paxton.

C’est le film le moins posé, qui pousse peu la réflexion, le but est de vraiment filmer une guerre sans merci. Deux clans qui se battent pour leur survie. Un thème évoqué déjà dans Terminator. Il faut noter que le film a été nominé 7 fois aux oscars en 1987 (meilleure actrice, direction artistique, montage, son, musique, mixage, effets visuels) et en a remporté 2 : mixage et effets visuels). A quand un César des meilleurs effets spéciaux?

Les + :                                     Les – : -?

- l’évolution de Ripley    
- les scènes d’action
- le final
- les seconds rôles
-l’humour


affiche d'Alien 3

Alien 3 est sûrement le film de la quadrilogie qui s’est déroulé le plus dans le chaos. En effet, David Fincher a eu beaucoup de désaccords avec la FOX concernant le script, ce qui fait que le film a évolué au fur et à mesure de son tournage…A tel point qu’il y a même deux versions du films qui sont disponibles dans le coffret collector. Une où l’alien sort d’une vache et il y a une intrigue développée sur les prisonniers de la planète FURY 161 et notamment sur un des prisonniers, devenu totalement en admiration pour l’alien. Dans la version officiellement présentée au cinéma, c’est d’un chien que l’alien sort et une partie de l’intrigue avec les prisonniers est changée.L’intrigue du film se base sur le fait que les personnages doivent affronter l’alien sans armes, ce qui complique forcément la tâche. On aborde un affrontement avec un alien avec encore moins de moyens que dans le 1er film, ce qui attise notre curiosité.

David Fincher réalise ici son premier film et en sortira meurtri à tel point qu’il renie le film de sa filmographie.  James Cameron déteste le film, profondément vexé que les personnages qu’il avait crées soient supprimés. `
Le film a été nominé aux Oscars pour meilleurs effets spéciaux. J’avoue que c’est pas forcément dans cette catégorie que je l’aurais nominé…

Alien 3 est réussi, encore une fois d’une façon différente des autres films. Ici, l’ambiance est à la fois glauque et sombre, de par son éclairage particulier, des vermines qui obligent les occupants à se raser partout, le fait que la planète soit oubliée de tous. L’alien se déplace différemment, il grimpe au plafond, court à quatre pattes, ce qui renvoie au fait que l’alien est différent selon de quel être vivant il sort. La caméra se met parfois à la place de l’alien ce qui donne une dynamique particulière au film. Pour une fois le spectateur est mis à la place du prédateur, et l’on peut apprécier sa vitesse.
Les personnages secondaires sont attachants. On sait que ce sont des prisonniers qui ont commis des actes odieux, et par conséquent Ripley ne peut leur faire vraiment confiance, malgré leur alliance. Elle se retrouve plongée dans un monde d’hommes hostiles à la femme, l’alien étant hostile à l’homme mais pas à Ripley pour des raisons particulières, tous ces protagonistes se retrouvent au coeur d’une situation ambigue.
Sigourney Weaver montre une facette tendre du personnage de Ripley mais tout en retenue.
Le final réussi promettait la fin de la série sur une trilogie mais c’était sans compter sur la FOX…


Les + :                     Les – : – effets numériques vieillissants

– le scénario
- le final
- ambiance glauque

affiche d'Alien 4



Alien la résurrection est à mon sens, le film de la filmographie Alien le plus à part. Jean Pierre Jeunet étant un réalisateur à part. Noire, glauque, la réalisation de Jean Pierre Jeunet provoque forcément une réaction, positive ou négative. Après Délicatessen (1991) et La cité des enfants perdus (1994) qu’il a co réalisé avec Marc Caro, il est engagé pour réaliser son 1er film aux Etats Unis, ne parlant pas un mot d’anglais. Comme ses précédents films, celui-ci est particulièrement noir, et plus gore que les 3 précédents films. Ce 4e film se passe plusieurs centaines d’années après Alien 3. La réalisation est plus dynamique que les autres films je dirais, le fait qu’il n’ait qu’une dizaine d’années joue peut être. L’image est plutôt verte, ce qui apporte une originalité dans la mise en scène et se marie bien avec le thème Alien. La scène sous l’eau est particulièrement intéressante, car novatrice dans la série. Elle apporte une double tension: le fait que les protagonistes doivent survivre sous l’eau, et bien sûr la menace des aliens qui se manifestent rapidement. Le spectateur n’est pas au bout de ses peines quand il constate avec effaremment (tout comme les personnages) qu’ils sont piégés, contraints de se retrouver au milieu d’un nid.

Cette fois, il y a deux stars, Sigourney Weaver et Winona Ryder qui joue le rôle d’un androïde voulant sauver l’humanité, ce qui mine de rien, participe à mettre ce 4e volet à part. Bon évidemment, j’ai toujours eu du mal à comprendre comment on pouvait se donner tant de mal pour protéger un robot, quand des humains se font manger par des aliens, m’enfin quand l’androïde ressemble à Winona Ryder ça change tout.

Ripley, est quasiment un autre personnage dans ce film. Ayant des gènes d’alien, son comportement est mi animal, mi humain. C’est finalement une bonne façon de finir le personnage de cette façon. Après avoir tant lutté contre les aliens, elle finit par être un peu l’un d’entre eux. Jeunet s’en donne à coeur joie dans son envie de raconter des contes en créant un personnage mi alien, mi humain qui renforce cette atmosphère décalée par rapport aux 3 autres films. Cette créature est vraiment étrange et crée un lien un peu malsain avec Ripley.

Une fois que l’action a commencée, elle n’arrête pas, sans fatiguer en en mettant plein la vue. Il y a des “pauses” comme la découverte d’un homme enlevé, drogué, dans le but qu’une araignée lui ponde un alien dans la gorge. Scène très amusante d’ailleurs, car Jeunet amorce progressivement l’annonce qui lui sera faite. Chacun préfère débattre et éviter de répondre à sa question; sur ce qu’il a dans le ventre…Annonce qui sera finalement finement faite par Ripley. Un bon rythme dans un film SF ne se limite pas à l’action bien dosée et maîtrisée, mais également à la qualité des dialogues et de l’explication de l’intrigue.

Le film évoque clairement la traite de l’humain comme emballage en quelque sorte. Finalement, c’était dèjà le cas quand dans Alien, quand la Compagnie envoyait l’équipage sur LV4-26 pour ramener des aliens. Le film évoque bien sûr le clonage. La confrontation de Ripley face à des doubles d’elle même est saisissante. Pour la 2ème fois (après la mort de Newt) on voit Ripley dévastée, perdue, vulnérable. Pour de l’argent, rien de plus facile que d’utiliser la vie humaine comme bon vous semble, en la supprimant ou en la multipliant.

C’est le français Pitof qui s’est occupé des effets spéciaux. À noter que la scène où Ripley lance le ballon de dos et marque un panier n’est pas truquée. En fait, Sigourney Weaver tenait à le faire elle même et Jeune finit par la convaincre qu’étant très difficile de réaliser cet exploit, un trucage s’imposait. Elle lança donc le ballon pour qu’une machine attire ensuite le ballon dans le panier…et en fait pas besoin, elle avait réussi!

Les + :                                     Les – :
                                                – l’alien mi humain

- les aliens                            – Ripley “s’accouplant” avec la reine
- la scène sous l’eau
- les scènes d’action
- le scénario

La Compagnie, employeurs de Ripley sauf dans le dernier film, est évoquée cependant dans les 4 films. Cette compagnie est décrite comme cupide, ne se souciant pas de la vie humaine et plaçant les aliens en priorité. En effet, elle veut exploiter les possibilités que l’alien peut leur donner, et profiter des retombées économiques. On ne sait pas vraiment ce qu’ils veulent en tirer exactement mais dans Alien 3, il est question de fabrication de médicaments. Il est intéressant de voir que malgré le fait que ces films sont de la SF, la compagnie représente les nombreuses entreprises de notre quotidien pour qui le profit est le plus important.
A noter que dans chaque film, au sein de l’équipe, il y a un représentant de la compagnie, discret ou pas pour défendre son intérêt. Dans le premier alien, quand on découvre qu’Ash, l’officier scientifique est en fait un robot, on découvre aussi qu’il a été missioné par la compagnie pour s’assurer que l’alien soit ramené. Le personnage d’Ash est d’ailleurs en totale admiration devant l’alien, dû à la Compagnie et sa mission, où ses études sur le sujet l’ont tout simplement passioné?
Dans Aliens, Burk est clairement identifié comme un membre de la compagnie, mais s’avère peu scrupuleux, n’hésitant pas à vouloir tuer la fillette et Ripley pour parvenir à ses fins. Dans le 3e film, une partie de la compagnie se déplace carrément sur la planète pour récupérer Ripley qui, “enceinte” d’un alien représente un véritable trésor.
Enfin dans Alien la résurrection, la Compagnie n’existe plus, mais d’autres ont pris le relai et n’ont aucun problème à engager des pirates de l’espace pour enlever des gens à qui l’on servira des oeufs d’aliens. Les principaux représentants de cette compagnie sont ceux qui ont “ressuscité” Ripley.  Et oui, nous avons tous dans notre vie quotidienne, de ferveurs représentants de la compagnie.
La notion du feu revient également souvent. Dans le 1er, les protagonistes n’ont qu’un lance flamme comme arme, Dallas essaiera d’ailleurs de s’en servir contre l’alien. Puis c’est Parker qui s’en servira pour finir de détruire Ash, l’androïde. Dans Aliens, Ripley se sert du lance flamme pour détruire le nid de la reine. Dans le film de David Fincher, Ripley dit à ses compagnons que l’alien n’a peur que du feu et à la fin du film, elle se suicide en tombant dans le grand four. Il y a cette idée de réduire à néant, en cendre, des éléments que les personnages veulent effacer de leur vie, de leur mémoire; comme l’androïde traître, les oeufs, la reine qui est l’orgine, la cause du cauchemar où encore essayer de tuer le dernier alien pour éviter d’autres morts.

Et maintenant…?
A l’heure des remakes et des prequels en tout genre, où en est la saga alien? 13 ans après le dernier alien, on sait que la FOX prépare un 5e épisode. Bonne ou mauvaise nouvelle? On verra. En tout cas il est intitulé pour le moment Alien Prequel et après plusieurs rebondissements, il serait réalisé par Ridley Scott lui même et non Carl Rinsch annoncé un temps. Une façon de boucler la boucle peut être? Après avoir annoncé un préquel, avec Sigourney Weaver, ça sera finalement un film inspiré d’Alien mais qu’on ne peut pas intégré dans la saga non plus…Ca sent mauvais tout ça! En tout cas, l’idée d’un 5ème opus est bel et bien enterré à mon avis.
La saga Alien est l’une des meilleures sagas de science-fiction du cinéma, sinon la meilleure pour moi. Là où beaucoup de sagas se finissent avec de mauvais films, celle-ci est toujours au top et surtout est portée par 4 réalisateurs différents, ayant leur propre style. Et ça se ressent.

Pour ceux qui ont suivi un peu le festival de Cannes cette année, vous savez que Jean Dujardin a remporté le prix d’interprétation masculine pour The Artist de Michel Hazanavicius. Je dois dire que le film ne m’intéresse pas plus que ça mais on peut saluer le gros risque pris par le réalisateur: film muet en noir et blanc. Fallait le faire (même si la présence de Jean Dujardin a dû aider à convaincre les producteurs). Et voilà que je vois que le producteur de The Artist, Thomas Langmann (qui produit du mauvais et du bon, mais en tout cas des films à gros budget), dit à qui veut l’entendre que le film ira sûrement aux Oscars 2012, poussé par le producteur américain Harvey Weinstein, qui a acheté le film.
Mais pourquoi des films français aux Oscars (en dehors de la catégorie meilleur film étranger bien sûr)?

 

Jean Dujardin, prix d'interprétation à Cannes

 

On ne se pose pas la question apparemment mais pourquoi des films français sont nominés aux Oscars? Des films américains aux Césars? Ca me parait difficile à imaginer.
La môme (2008) a marqué les esprits, Marion Cotillard étant la seule actrice française à remporté la statuette pour un rôle principal dans un film français mais le film d’Olivier Dahan ou de Michel Hazanavicius ne sont pas les premiers. Claude Lelouch a été nominé à l’Oscar du meilleur réalisateur pour deux films, deux années de suite: Un homme et une femme (1967) et Vivre pour vivre (1968). Roman Polanski bien sûr, qui finalement remporta l’Oscar du meilleur réalisateur pour Le Pianiste (2003), film en parti français, contrairement aux autres (Tess, Chinatown…). On compte aussi Louis Malle, François Truffaut. Persepolis et l’Illusionniste ont été quant à eux nominés dans la catégorie animation.

Certains y verront une ouverture d’esprit des américains sur le cinéma étranger, moi je suis beaucoup moins enthousiaste. La cérémonie des Oscars est sensée représentée le cinéma américain. Chaque pays a sa propre cérémonie de récompenses concernant le cinéma, pourquoi aller chercher des films français? Je dois admettre que “chercher” n’est pas tout à fait le bon terme quand on voit le marathon promotion de Marion Cotillard à l’époque, marathon auquel Jean Dujardin, Bérénice Béjo auront bientôt droit. Et oui, le coeur des américains ça se gagne, et mieux vaut aimer faire le tour des plateaux tv et des interviews. Vendre un film oui, mais à outrance, pour orienter les choix de la profession…je trouve ça dommage. Où est “l’objectivité” (difficile de parler réellement d’objectivité dans le cinéma)? On le sait, le cinéma américain est le maître du monde dans le domaine. Des bons films (américains) à faire découvrir, il y en a, et les films français n’ont pas besoin des Oscars pour exister aux USA (Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean Pierre Jeunet en est un exemple).

Je vois aussi dans ce constat, une fois de plus, la puissance du cinéma américain, à tel point qu’on s’inquiète d’abord de savoir si The Artist va être nominé aux Oscars, plutôt qu’aux Césars. Le film a d’ailleurs un point fort, il est muet, plus facile de faire oublier sa nationalité de cette façon. C’est d’ailleurs notamment là dessus que l’équipe du film va miser pour séduire l’Amérique.
Si les américains ont envie de récompenser les films étrangers, pourquoi ne pas y dédier une cérémonie. La grande force du festival de Cannes à mon sens, c’est bien cette diversité explosive de personnalités et nationalités qui se croisent et s’affrontent.

Il est évident que la carrière de Marion Cotillard aurait pris un tournant complètement différent si elle n’avait pas remporté l’Oscar, on comprend aisément la motivation de tout acteur ou cinéaste à vouloir atteindre ce but. L’Académie des arts et techniques du cinéma (français) ferait bien de se pencher sur les Césars et de dynamiser un peu cette cérémonie, en prenant en compte tous les genres de cinéma, et pas seulement les drames et les films en costumes…Ainsi, peut être qu’on y accorderait un peu plus d’intérêt…

Parlons d’un sujet qui me tient à coeur: le cinéma de genre français. Ces films d’horreur/gothiques/de Science Fiction sont laissés pour compte, même si ces dernières années, on a pu voir quelques réalisateurs qui ont réussi à monter et financer leurs projets. Ce  genre cinématographique peine à exister, à être financés, à être reconnus et donc à être connus ou vus du public. Pourtant ce n’est pas le cas ailleurs en Europe. Les américains ont beau avoir le monopole, ils ne sont pas seuls à pouvoir créer facilement le cinéma de genre.

J’ai envie d’en parler parce que c’est un genre de film mal compris, méprisé, tenu à l’écart du cinéma français. Là où des films de ce même genre sont largement répandus aux Etats Unis (parfois même trop au point de ne proposer que des films moyens) où dans des pays européens comme l’Espagne (L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona, 2008) ou l’Italie (Suspiria de Dario Argento, 1977), en France, il est très difficile de monter un film d’horreur. C’est un style de film qui dérange et on considère qu’il n’apporte rien culturellement parlant.

À l’époque ou Scream de Wes Craven a relancé le slasher, il y a bien eu une tentative de surfer sur la vague avec le mauvais Promenons nous dans les bois de Lionel Delplanque, mais, cela a été un échec commercial. Ben oui, vouloir se calquer sur les attentes d’un public, ça ne se fait pas par hasard.
Dernièrement, quelques réussites ont tenté de se faire connaître sur le grand écran: A l’intérieur de Julien Maury et Alexandre Bustillo, 2007, Frontières de Xavier Gens, 2008 ou encore Haute Tension d’Alexandre Aja, 2003 . Le souci, c’est que ces films sortent, quelle que soit leur nationalité, sous peu de copies (de 30 à 100 pour les plus chanceux, quand des films dits “populaires” sont facilement à plusieurs centaines). Du coup, ils ne restent pas longtemps à l’affiche, car peu vus et l’industrie du cinéma en général produisant énormément de films à l’année. Dans ces conditions, il est impossible de toucher beaucoup de spectateurs (A l’intérieur n’a réalisé “que” 70 000 entrées environ, Ils de Xavier Palud et David Moreau, 2006, lui a réuni 250 000 spectateurs, ce qui est tout de même très bien pour un tel film comparé à son nombre de copies).

Je vous conseille de voir un reportage de Canal +, sur le cinéma de genre en France, sur cette page. Il y a des interviews des réalisateurs cités plus haut, de Pascal Laugier, et de la vision de la profession sur le cinéma de genre français.

Qu’on se le dise, je n’ai rien contre les comédie, drames, etc…Il y a de très bons films comme de mauvais, comme dans tout. C’est le cas aussi des films d’horreur. Mais pourquoi ne les laisse-t-on pas exister? Pourquoi les considère t-on comme un genre “bis”? De plus, les films de genre nécessite souvent de budgets importants pour avoir de bons effets spéciaux, visuels…Or, là, personne ne veut les produire, donc ces films là apparaissent encore un peu comme des essais, avec les moyens du bord. Par conséquent, ils ont du mal à être reconnus auprès des fans de films d’horreur, qui sont habitués aux films américains. Et il faut que ça marche auprès du public pour que les producteurs acceptent de soutenir un film. Donc paradoxalement, le public, qui pourrait aider le cinéma de genre français, l’enfoncent peut être encore plus…Bon après, on ne peut pas dire que la mauvaise qualité d’un film est uniquement dû aux effets spéciaux, mais ça joue énormément. Le budget moyen pour un film de genre est maximum 2 millions d’euros, ce qui est peu, très peu.

Il ne faut pas associé le cinéma de genre à uniquement le cinéma d’horreur ou d’épouvante. En effet, Luc Besson a fait largement sa part en réalisant des films comme Nikita en 1990, Léon en 1994 ou encore Le 5é élément en 1997. Et oui, même si ces deux derniers sont tournés en anglais, leur nationalité reste française. Au délà du scénario qui ne ressemble en rien à un film policier français, ces films bénéficient d’une réalisation esthétiquement travaillée, avec des atmosphères sombres ou sous tension. Un film comme Le Pacte des Loups de Christophe Gans sorti en 2001 en fait parti. C’est un film plus accessible mais différent et malgré son succès en salle (près de 5 millions d’entrées), il n’y a pas eu d’autres films français dans cet esprit depuis. Sa réalisation notammment et son scénario en fait pourtant un film de genre.On peut noter également Les Rivières Pourpres 1&2, films réalisés par Matthieu Kassovitz en 2000 et Olivier Dahan en 2004.

Le cinéma est utilisé pour évoquer, pour proposer une réflexion sur la vie, que ça soit à propos d’amour, d’amitié, mais aussi de choses peu plaisantes comme la maladie, le décès, l’abandon, la souffrance morale…Pourquoi le cinéma n’aurait pas le droit (pire, pas d’intérêt) à évoquer la souffrance physique, les démons intérieurs, l’instinct de survie…? Vous allez me dire qu’il y a des films d’horreur gratuits, vides. Je vous dirais oui, mais pourtant qui râle quand on nous inonde de comédies françaises désastreuses, qui coûtent des millions? Personne. Alors oui, les gens ont le droit de se divertir, et bien certains se divertissent aussi en regardant des films d’horreur ou d’épouvante. Le cinéma de genre représente une expérience forte, dans laquelle on se projette sans danger. C’est de l’adrénaline sans risques.
Il est important d’avoir accès à la diversité dans la culture. Et dans le cinéma, (c’est aussi le cas dans la musique), on décide pour les genres quoi aller regarder en produisant, en les envahissant de publicité pour tel genre de film.

Qui a entendu parler par exemple de Djinns de Sandra et Hugues Martin (2010)?:

Ou encore du Village des Ombres de Fouad Benhammou?

La censure est une barrière de plus pour le cinéma de genre. Martyrs de Pascal Laugier en a fait les frais. Au départ interdit aux moins de 18 ans, après indignation, il a finalement été interdit aux moins de 16 ans. Le fait est qu’interdire aux moins de 18 ans un film, c’est le tuer avant qu’il sorte. Il est encore plus limité concernant ses diffusions dans les salles, il ne peut pas passer à la télé, ou une fois par mois à Canal…Tout simplement parce qu’il est dans la même catégorie qu’un film X. Si on veut mettre des interdictions sévères au cinéma de genre français, donnons lui des salles au moins pour le diffuser correctement…

La censure passe aussi par la télé, aucune chaîne hertzienne ne veut diffuser un film de genre. Alors je dis pas qu’on doit diffuser un film ultra gore à 20H50 (quoi que certaines séries TV américaines policières ou autre font parfois fort), mais au moins leur réserver une petite place de temps à autre, dans une case horaire plus tard…

Le cinéma d’épouvante français est tellement méprisé (malheureusement même parmi par les amateurs du genre en lui même), que les réalisateurs sont sollicités par les américains pour réaliser (principalement remaker) des films sur leur territoire. Ainsi, Xavier Palud et David Moreau (réalisateurs de Ils) ont réalisé le remake de The Eye en 2008, La FOX a acheté les droits pour remaker Martyrs, Alexandre Aja a par la suite magnifiquement remaké La colline a des yeux (2006), puis a réalisé Mirrors et récemment Pirahana 3D, et Christophe Gans a tourné Silent Hill, sorti en 2006 également.
Ce sont des films qui ont surtout une vie à l’international. Le cinéma de genre fait partie du paysage cinématographique en Espagne, Italie, USA…Donc ces films sont nettement mieux accueillis.



Je vous préviens, le film est barré c’est le moins qu’on puisse dire. Le synopsis (et la réputation du film), laisse penser que ça sera un film particulièrement malsain et dur à regarder. Pour le 1er point, je pense qu’on peut répondre par l’affirmatif, pour le 2ème non. Donc pas d’affolement! The Human Centipede (“Mille pattes humain”), est le 1er long métrage de Tom Six, un hollandais sorti de nulle part si je puis dire. Le film raconte la malheureuse rencontre de deux touristes avec un docteur fou (et c’est pas peu dire), obsédé par l’idée de créer un mille pattes humain. Pour cela, il a pour objectif de coller trois personnes les unes aux autres…par leurs anus et leurs bouches. Le but étant que ces pauvres séquestrés forment un seul et unique tube digestif.

Quand j’ai découvert le synopsis, je n’ai pas été emballée par l’idée de voir le film. J’adore les films d’horreur, spéciaux, qui me sortent de ma zone de confort. Je vais au cinéma pour vivre une expérience, pas pour regarder ce que pourrait être ma vie. Mais bon, comme tout, il y a des limites (en tout cas pour moi, mais pas pour certains je peux vous en assurer!). Et puis, la curiosité l’a emporté, je me suis dis que si vraiment ça ne me convient pas, je ne regarderais pas la suite.
Et j’ai trouvé le film excellent, cela faisait longtemps qu’un film ne m’avait pas fait cet effet! Je suis ressortie de là secouée. Je vous le dis tout de suite, The Human Centipede n’est pas graphique, dans le sens où Tom Six n’avait pas pour but de montrer des scènes gores et trash, et c’est sûrement ce qui m’a fait aimer le film (encore une fois contrairement à d’autres).

Le film démarre tranquillement, comme un slasher (deux belles touristes qui comme par hasard, se perdent en forêt, et aussi comme par hasard, tombent sur un docteur maboul). On ne peut pas dire que le docteur cache le fait qu’il soit bizarre, mais les filles sont simplement et rapidement droguées et le cauchemar commence. Le docteur prend le soin d’expliquer à ses victimes le sort qui les attende et,  avant que le docteur procède à la fameuse opération, une des filles arrivent à s’enfuir. Un jeu du chat et à la souris commence et je dois dire que ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti autant d’empathie pour une victime. Sachant le sort qui l’attend, on comprend l’urgence et à quel point il est important de tout faire pour s’enfuir. Quand on cherche à vous tuer c’est une chose, quand on sait qu’on va être condamné à être attaché par la bouche à l’anus de quelqu’un et qu’on ne pourra que se balader à 4 pattes, c’en est une autre…Et elle n’est pas loin de se donner une chance de s’en sortir mais son bon coeur ne l’aidera pas. Heureusement pour le film et malheureusement pour elle, l’opération a bien lieu.

A partir de ce moment là, je me demande ce que le film va proposer. En découvrant le mille pattes humain, on ne peut s’empêcher d’en sourire. C’est quand même assez particulier comme situation. On pas le temps de s’ennuyer dans ce film, ce qui relève de l’exploit, une fois le mille pattes créé, je me demandais bien comment Tom Six allait faire vivre encore 45 minutes de film.Mais cette première impression laisse place au malsain total. J’ai rarement vu une telle dégradation de l’être humain. Ces trois personnes sont réduites à n’en former qu’une, et bien sûr sont considérées comme un animal. Il y a des scènes difficilement supportables (comme la tentative d’évasion par les escaliers), où l’on se demande comment on a pu en arriver là…Le plus paradoxal, c’est qu’elle sont libres d’aller et venir comme elle veulent, mais prisonnières de leur état, ne peuvent pas faire grand chose. Chacun d’entre eux ne représente qu’un outil, et le docteur envisage donc naturellement des solutions radicales pour faire vivre son Human Centipede.
On assiste donc à l’intervention de la police qui se doute que quelque chose d’étrange se passe (en même temps on ne peut pas dire que le docteur essaye de dissiper les doutes). Et on assiste à la poursuite finale, qui n’a rien d’extraordinaire mais qui débouchera sur le final le plus horrible (moralement je précise) que j’ai vu. Le malaise et le désespoir est à son comble.

La grosse force de The Human Centipede, c’est de mettre en avant deux éléments qui s’opposent: l’insensibilité envers la personne, et l’attachement (si je puis me permettre) sentimental les uns envers les autres. Je parle bien de sentiment envers l’être humain car il est clairement montré que le docteur a des sentiments. Malgré sa froideur et sa profonde perversité, il a des sentiments, mais qui ne peuvent pas être assimilés aux sentiments humains habituels. Il est tellement ému quand son mille pattes se réveille qu’il fait abstraction de ce qui l’entoure à ce moment. Il se met également très vite en colère quand on essaye de mettre des obstacles à ses projets.
Quant aux victimes, un sentiment fort d’amitié lie les deux amies. L’une se condamnera à essayer d’aider l’autre. Et tout le long, elles tentent de se soutenir, c’est très bien retranscris je trouve, on comprend vraiment qu’elles tiennent l’une à l’autre et qu’elles n’ont que la présence de l’une et de l’autre pour se réconforter.
L’homme, la “tête” du mille pattes reste révolté tout le long de sa captivité, on pense qu’il se battra jusqu’au bout, mais il se rend compte que sa vie d’avant n’en valait pas la peine. Se reprochant d’avoir été égoïste, il finira en égoïste, laissant ses camarades dans la merde (même si ça avait déjà été le cas auparavant….).

Au casting, Dieter Laser joue le rôle du savant fou et il le fait superbement bien. Complètement taré, en étant complètement sérieux. Ashley Williams et Ashlynn Yennie jouent les deux copines. On remarquera surtout la prestation d’Ashley Williams, qui joue bien la pouffe, puis la battante et la résistante.
La réalisation est très basique, vraiment objective, comme si le spectateur était invité à “contempler” et ça met une certaine distance, qui se rapproche du point de vue du psychopathe finalement.

A l’image de Philosophy of knife d’Andrey Iskanov (2009) (mais que je ne regarderai pas, 4H de tortures, merci bien), Tom Six s’est inspiré des diverses tortures commises au sein de l’unité militaire japonaise Unité 731 pour réaliser The Human Centipede. La fiction n’est toujours pas très loin de la réalité!

South Park en a fait une parodie; the Human Centipad, l’épisode est plutôt rigolo mais il aurait pu être meilleur je pense.

Bonus:

Une interview des acteurs (en anglais)

Interview de Tom Six

The Human Centipede, la bande annonce:

Pardonnez-moi est le 1er film de Maiwenn, semi-autobiographique je dirais. Il est sorti en 2006 (et a bénéficié d’une ressortie en janvier 2009). C’est un drame familial tourné sous forme de reportage. Violette, enceinte, décide de s’acheter une caméra pour réaliser un reportage sur sa famille. Désirant montrer la vérité à son enfant, elle cherchera la confrontation avec sa famille, et avec elle même. Au casting on retrouve Maiwenn, Pascal Gréggory, Mélanie Thierry, Marie-France Pisier pour les principaux.

Je ne connaissais quasiment pas Maiwenn avant de voir ce film. Je l’avais vu dans Haute Tension d’Alexandre Aja en 2003, où je l’ai trouvé plutôt excellent.
Pardonnez moi débute tout de suite par une confrontation du personnage de Violette (Maiwenn) avec celui de son père, joué par Pascal Gréggory. En effet, la jeune femme imite son père dans un one woman show, et l’on sent qu’elle appréhende la réaction de celui-ci. On se dit donc que l’intrigue sera principalement sur cette relation père-fille que l’on imagine difficile.
En fait, Violette entraînera dans sa quête de la vérité toute sa famille. Violette profitera d’une nouvelle familiale fracassante, l’explosion d’un mensonge, pour filmer ce qui l’intéresse. La grossesse est un prétexte, car elle est finalement très peu évoquée; Violette n’en parle quasiment jamais.

Pardonnez moi est donc un reportage, alternant les images filmées par la caméra de Violette, et celle d’une caméra de cinéma. Je dois dire que les deux manières de filmer se ressemblent beaucoup à mon sens, à l’image du projet de Maiwenn où réalité et fiction se mélangent et se confondent.
Les acteurs ont fait, la plupart du temps, de l’improvisation, ce qui explique la spontanéité que l’on ressent vivement. C’est ce qui fait le charme du film, et son authencité à part entière. Mais il y a parfois, certaines scènes mal jouées ou qui manquent de naturel, pas toujours facile l’improvisation (je pense à la scène du gâteau).
L’un des points importants de Pardonnez moi, est la confrontation (mais toujours sous forme de jeu) de Violette avec son père, à l’aide d’une poupée la représentant. Elle met ainsi, son père face à la violence apparemment extrême avec laquelle il l’a traitait. Cette scène est magnifique et très dure. La souffrance de Maiwenn et de son personnage combinées, fait que l’actrice livre une prestation impressionnante. C’est d’ailleurs la scène que redoutait le plus Maiwenn à tourner.
Enfant battue, Maiwenn à déclaré que Violette n’est pas elle, dans la mesure où celle-ci a le courage de filmer sa famille avec ses failles, et d’affronter son père, de lui crier enfin à quel point il lui a fait mal. En plus d’un passé douloureux commun, elles ont cette personnalité franche et directe toutes les deux. L’une comme l’autre, elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, quitte à manquer de diplomatie.

Les autres comédiens sont dans l’ensemble bons, mais je mettrais une mention particulière pour Pascal Gréggory. Il ne renvoit pas du tout l’image du père violent habituel. Il est plutôt calme la plupart du temps, parle peu, mais quand il ouvre la bouche, ça fait mal et donne l’image d’un homme rustre. Il faut voir la tête de Violette quand son père lui dit qu’il s’en fout d’être grand père. Pascal Gréggory joue tout en finesse un père coupable, mais perdu et maladroit. Il ne sait pas s’exprimer (il ne dira presque rien devant le “spectacle de marionnette” de Violette), mais on devine de la brutalité, pour cacher sans doute cette maladresse.

Mis à part la violence physique endurée par Violette, c’est le fait de ne pas avoir eu d’affection avec son père qui la marque sans doute le plus. Cela se ressent quand elle défend le fait que son père a le droit d’offrir du pain, que c’est un cadeau comme un autre, quand son compagnon trouve cela bizarre. Elle le dit clairement au père biologique d’une de ses soeurs (jouée par Mélanie Thierry), étant jalouse de la relation qu’il a réussi à créer avec sa soeur. Concernant Maiwenn, je ne sais pas si elle souffre réellement de cela, ce qui est sûr c’est que quand elle a pris conscience qu’être battue par ses parents n’était pas normal, elle a commencé à souffrir.
Pourquoi ce titre? Selon moi, Pardonnez moi pourrait être prononcé par plusieurs membres de la famille de Violette. Sa mère pour avoir menti à son mari, à sa fille, son père pour l’avoir battu et ne pas lui avoir donné d’affection, ses soeurs pour ne pas avoir compris vraiment la démarche de Violette, et Violette elle même, qui en ayant besoin de faire naître la vérité, les fait tous souffrir.
Le film est touchant, tout en gardant une simplicité qui fait tout son intérêt. C’est une histoire de famille plutôt banale, mais superbement mise en scène, avec des personnages très forts, notamment celui de Maiwenn, qui s’apparente à un véritable bulldozer de sentiments et de ressentiments. Un film spontané, ça fait du bien.

Depuis, Maiwenn a réalisé Le bal des actrices (2007) et surtout Polisse (2011), qui a fait sensation au dernier festival de Cannes, et qui a bien marché dans les salles. Elle a d’ailleurs été récompensée du Grand Prix du Jury. Maiwenn est une réalisatrice à part, qui n’hésite pas à se lancer dans des projets décalés, il en manquera toujours…
Bonus:
Bande annonce Pardonnez moi:

Sleepers de Barry Levinson est sorti en 1999. Il fait parti des films qui réunissent un casting de star et de qualité: Robert DeNiro, Brad Pitt, Kevin Bacon, Dustin Hoffman, pour ceux qui sont moins connus on a Jason Patric, Minnie Driver, Billy Crudup, et l’inconnu Ron Eldard. Sleepers c’est l’histoire de 4 gamins du quartier “La cuisine du diable” à New York, dont la vie va basculer après qu’une farce ait mal tournée. Envoyés en centre de redressement pendant 1 an, ils subiront d’atroces sévices de la part de certains gardiens qui les mènera à une vengeance.
Comme tous les films (ou presque), il est adapté d’un “roman autobiographique” de Lorenzo Carcaterra, du même nom. Il n’y a pas de preuves que Sleepers est tiré de faits réels, mais si c’est vrai, ça serait de toutes façons difficile, voire impossible d’admettre qu’il y ait eu (ou qu’il y a de telles choses au sein d’une organisation judiciaire).

Sleepers de Barry Levinson

Sleepers commence par poser le décor de la “cuisine du diable”, quartier misérable où règne la violence entre gens du quartier, mais qui n’acceptent pas qu’un des leurs soient malmenés de quelques façons que ce soit par une personne extérieure. Je suis assez fan du paradoxe, ça reflète bien à quel point l’être humain peut être contradictoire. Nous sommes à la fin des années 60. Magouilles, violences conjugales, malfrats sont le quotidien de ces jeunes qui, malgré tout gardent une certaine innocence au milieu de tout ça. Les personnages du quartier sont stéréotypés (le gros commerçant du quartier rustre), le charismatique patron du bar mystérieux…Seul Robert DeNiro incarne un personnage plutôt inattendu, celui d’un prêtre. Ayant flirté avec le crime, le père Bobby est d’autant plus attaché aux gamins, qu’il ne leur souhaitent que le meilleur et les aide du mieux qu’il peut.
Un jour, John, Tommy, Shakes et Mike perdent le contrôle de la situation lors d’un petit vol qu’ils commettent. Ils sont condamnés à être enfermés en maison de redressement. Ils vont vivre un enfer, et ce n’est pas peu dire. Viols, passages à tabac, humiliations…, cette période de leur vie les transformera à jamais. 2 d’entre eux deviendront des meurtriers, les 2 autres, réussiront leur vie professionnelle mais pas affective, et surtout semblent comme anesthésiés, ne sachant pas trop quoi faire de leur vie.
Les scènes de viols et de torturent sont suggérées mais choquantes, on ressent la détresse des garçons. L’image est floue (comme leurs souvenirs qu’ils préfèrent mettre de côté, le titre du film n’y est pas pour rien non plus), grise/bleue, qui apporter un aspect froid, implacable, sans concession (comme les bourreaux). En fond sonore, on entend des claquements secs, des cris, des pleurs, parfois des dialogues nauséabonds qui mettent mal à l’aise. Bref, même si la suggestion des images est souvent faite par crainte de la censure, elle est ici bien dérangeante.
Par pudeur et fierté, ils décident de garder le secret entre eux. Seulement un jour, les 2 malfrats croisent un de leur tortionnaires et l’abattent. Une machination se met alors en place pour finir la vengeance qui a été commencée. Cette machination orchestrée par Mike, tient en haleine. On a envie de savoir si et comment se passera le coup d’éclat que les 4 hommes attendent depuis longtemps. Secrets, manipulations, Shakes et Carole (une amie d’enfance des 4 amis), seront au centre du stratagème et tenteront de mettre en place les pièces du puzzle. C’est sans doute parce que l’attente grandie, que la fin du procès est finalement décevante. La révélation manque un peu d’émotion et de vivant, et le film s’essouffle. Seule la prestation de Robert DeNiro est impeccable. Face au pire dilemme qu’un prêtre peut connaître, il fonce, emporté par sa conviction de toujours.

Evidemment, certains se demanderont ou critiqueront pourquoi défendre des tueurs? Est ce qu’on a le droit de se faire justice soi même? La question n’est pas là. Ces hommes sont animés par le désir de vengeance (à leur façon) et c’est tout ce qui compte. Le bien ou mal, juste ou pas juste, Barry Levinson montre clairement que ce n’est pas leur problème. Finalement, ce genre de questions ne se posent qu’aux gens qui ne sont pas au coeur de ce type d’affaires.
De plus, Sleepers terminera sur un faux happy end, qui donnera en parti raison aux tortionnaires. Morts ou hors d’état de nuire, ils en auront achevés 2 sur 4, en laissant les 2 autres solitaires.

Dustin Hoffman est excellent, c’est sans doute mon personnage préféré. Avocat alcoolique qui n’est recruté que pour son incompétence, il sortira vainqueur malgré lui. Il n’y en a pas deux comme lui qui peuvent jouer le gars perdu et confus.
Jason Patric est sensible dans son interprétation, c’est le personnage qui ose s’exprimer le plus. Brad Pitt incarne celui qui reste le plus marqué, dans le sens où on sent qu’il n’est pas à l’aise ni dans sa vie, ni avec les autres. Il fait très bien passer cette froideur et cette distance.
On voit assez peu Kevin Bacon et Billy Crudup tout comme Minnie Driver. Le personnage de celle ci aurait d’ailleurs tellement mérité plus qu’on s’y attarde. Seule femme dans cette histoire, Minnie Driver (Carole) reste en surface et n’apporter rien d’intéressant. Elle est fade et finalement le personnage devient presque inutile.

Barry Levinson signe une réalisation simple. Il apporte une attention particulière aux scènes de tortures, mais reste lui aussi assez en distance avec les personnages du films. Pas ou peu de gros plans, les scènes dans la “cuisine du diable” sont colorées, celles du procès et de la vie en dehors sont plus froides. Deux mondes bien différents, comme le souligne Jerry, en évoquant le fait qu’une décision de justice ne vaut rien à la “cusine du diable”…

Bonus:
Sleepers, la bande annonce:

Saga culte de la science fiction, je me devais d’évoquer les films Terminator. J’aurais aimé ne parler que des deux premiers chefs d’oeuvre réalisés par James Cameron, tellement le 3ème est mauvais mais comme il fait parti de la trilogie…Je ne parlerais pas de la nouvelle trilogie qui se prépare, centrée sur la guerre de machines, dont le 1er opus qui est sorti en juin dernier. Ce sont pour moi de nouveaux films totalement différents (et pas terrible pour l’instant en plus, même si mieux que le 3e).

Terminator de James Cameron, 1984 est le 1er film officiel du réalisateur (même s’il est crédité comme réalisateur de Piranha 2 en 1981, il a quitté la réalisation de ce film, suite à un différend avec la production, laissant la place à Ovidio G.Assonitis). Il réalise ensuite Terminator 2: le jugement dernier en 1991, film qui a marqué les esprits sans doute plus que le 1er. Les 3 films ont malheureusement tous des affiches particulièrement moches et ne sont pas du tout représentatives de l’esprit ce de ces films (si ce n’est Schwarzenegger).C’est bien dommage, car je connais des gens qui ne sont pas intéressés par la saga Terminator, parce qu’ils ont l’impression que ce sont des films d’action pop corn avec Schwarzenegger qui tire dans le tas.
Pour terminer cette filmographie, il y a Terminator 3: le soulèvement des machines de Jonathan Mostow en 2003. Autant vous le dire toute de suite, je ne m’attarderais pas sur ce navet (et encore, je suis sympa). Cette filmographie s’est mal finie.

Terminator de James Cameron

Terminator est né de l’idée de James Cameron de faire un film de science-fiction sur une guerre nucléaire entre les hommes et les machines. Mais, par manque de moyens, les producteurs n’étant prêts à mettre des millions entre les mains d’un inconnu et d’un débutant, James Cameron décida d’écrire un scénario sur l’avant guerre et les raisons de cette guerre, mélangeant présent et future. L’idée fût très astucieuse et permis d’apporter un genre nouveau dans le domaine de la science-fiction et de l’action. Arnold Schwarzeneger, qui commença à se faire connaître grâce à Conan le barbare de Milius en 1982, tenta d’endosser le rôle de Kyle, le futur père de John Connor qui vient protéger Sarah Connor. Mais James Cameron trouva plus judicieux de lui faire jouer le terminator. Il confirma l’information en précisant que Schwarzenegger n’était pas bon acteur à l’époque pour avoir un tel rôle.
Avec un budget réduit (à peine 6 millions et demi de dollars), le réalisateur créa une ambiance noire, angoissante et surtout une passionnante histoire de science-fiction. Depuis longtemps, que ça soit des livres ou des films, on parle de machines qui prennent le pouvoir sur les hommes, 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968) ou encore le roman 1984 de George Orwell, publié en 1949. La force de Terminator c’est d’évoquer le contrôle que les machines auront sur les humains, tout en restant dans le présent. On est ainsi coincé entre la fatalité et la possibilité de changer le présent et donc le future.
La guerre des machines est présentée comme un évènement inévitable, le but premier étant de protéger la mère du commandant John Connor, pour tenter de lutter, des années après, contre les machines, et plus particulièrement Skynet.

Quand on fait la connaissance du personnage de Sarah Connor (joué par Linda Hamilton et vue dans le film catastrophe Le Pic de Dante, de Roger Donaldson en 1997), c’est une gentille femme, en colocation avec une copine, bossant en tant que serveuse. Elle est plutôt soignée mais un peu niaise. Pourtant, elle se révèle très combattante quand elle commence à croire Kyle et qu’elle se retrouve face au terminator. Elle fera preuve d’efficacité et de persévérance ce que le combat final le démontrera.Le personnage de Kyle Reese est à mon sens, peu intéressant. Il a le rôle du gentil héros en fait. Je pense que le personnage aurait mérité d’être plus approfondi, Michaël Biehn reste charismatique.

Au délà du physique et du rôle du terminator (Schwarzenegger n’a que 17 phrases à dire!), c’est sa détermination diabolique et sans concession qui est très bien retranscrite. Son impression d’invulnérabilité donne des frissons.
Un passage court, qui montre que Cameron a dû adorer tourner est mémorable. C’est celui qui évoque la future guerre. L’action se situe dans un bunker. Là, en l’espace de quelques minutes, on voit l’ampleur des dégâts matériels et surtout humains de ce combat nucléaire. L’avenir est sombre au propre comme au figuré et l’espoir de survie dans ce monde paraît quasi impossible. L’endroit est sale et glauque.On voit Kyle regarder une photo de Sarah Connor, déjà amoureux, pour ensuite essayer de résister à une attaque.

Autre scène culte selon moi, c’est celle où l’on voit pour la 1ère fois à quoi ressemble le terminator sous la peau humaine. Le terminator vient de subir quelques dégâts, et commence à découper la peau de son bras, enlève son oeil. Là, le spectateur commence à comprendre ce qui attend les humains  lors de la guerre à venir, en commençant par Sarah Connor et Kyle. Ces deux derniers paraissent tout de suite bien chétifs.
Les effets spéciaux sont plutôt impressionnants pour l’époque et n’ont presque pas vieillis, (à part certaines scènes d’animation du terminator finissant en ferraille).

Il y a un sentiment d’oppression quasi tout le film. En effet, la 1ère fois que le terminator trouve Sarah Connor, c’est dans une boîte de nuit, un endroit fermé, avec plein de monde. La marge de manoeuvre est donc limitée. La scène dans le commissariat de police renvoit au même problème. Sarah Connor est coincée dans une pièce, pendant que le terminator la cherche en tuant un par un les policiers qui tentent vainement de le contrer. Enfin, la scène finale dans une usine où, il n’y a que peu d’issues,où Sarah Connor se retrouve coincée entre deux plaques, provoque un sentiment d’étouffement.

J’aime beaucoup les films mélangeant présent et futur, cette sorte de seconde chance qui est donné aux protagonistes de changer le cours de la vie. Je crois qu’on a tous rêvé de ça un jour, et en l’occurrence, le but n’est pas d’éviter le pire, mais de faire en sorte d’avoir un allié résistant aux machines. Cela reste pessimiste comme vision des choses!

James Cameron réussi un film de science-fiction (sans gros effets spéciaux) haletant, tout en créant une histoire passionnante sur le rôle des hommes et des machines, et la conséquence de certains actes. Bien sûr, tout cela sera développé dans la suite, qui est encore plus efficace à tout points de vue.

A noter, la présence de Lance Henriksen, qui sera au générique d’Aliens, toujours de James Cameron (lire l’article)
Bonus:

Bande annonce de Terminator:


Terminator 2 de James Cameron

Terminator 2: le jugement dernier, est un des films de science-fiction/action le plus réussi. Après l’énorme succès de Terminator, qui dépassera toutes les attentes, James Cameron a les moyens de réaliser le film de ses rêves. Avec le budget le plus cher de l’histoire du cinéma à l’époque (120 millions de dollars, performance qu’il battra avec Titanic en 1998: plus de 200 millions $, puis ensuite avec Avatar, 387 millions $), ses équipes peuvent concevoir les effets spéciaux du T-1000 (terminator en métal liquide). Pour cela, ils utilisent des techniques révolutionnaires à l’époque comme le morphing, qui comme son nom l’indique s’inspire réellement de la morphologie des acteurs, en l’occurrence celle de Robert Patrick pour Terminator 2.
Celui-ci, que l’on a pu voir récemment dans Walk the line de James Mangold en 2006, est inconnu à l’époque et l’est toujours quasi aujourd’hui en fait.

Ce modèle de terminator, est beaucoup plus efficace que le T-800 (présent dans le 1, et venant à la rescousse de John Connor enfant dans cet épisode); il peut prendre la forme de divers objets, prendre l’apparence d’une personne qu’il vient de tuer, prendre la voix également, et se faufiler partout en se transformant en métal liquide. Autant d’idées de génie, et originales pour l’époque, qui ont été un véritable défi pour les équipes techniques. Ce T-1000, en plus d’être un ennemi beaucoup plus redoutable que le T-800, se présente comme un terminator totalement différent. Il peut être agréable, souriant, poli et a la bonne idée de prendre l’identité d’un flic pour que tout lui soit plus facile. C’est surtout cet aspect lisse qui fait de lui un ennemi difficile à combattre. Robert Patrick livre une interprétation juste, pas exagérée, qui rend si dangereux le T-1000.
Le T-800 est de retour, cette fois pour protéger John Connor. Si celui-ci, d’abord séparé de sa mère lui fait rapidement confiance, Sarah, est d’abord confuse et refuse de lui faire vraiment confiance. Et là aussi, je trouve que Cameron a eu une idée géniale d’insérer l’ennemi précédant, en ami indispensable à la survie des Connor. En effet, John Connor, pendant la guerre nucléaire, peut programmer un terminator pour le renvoyer dans le passé. Après tout, pourquoi ne pas utiliser l’ennemi, s’il peut vous servir? Nos ennemis ne sont pas toujours ceux qu’on croit.
Le T-800 dans ce film, est en fait identique à celui du 1er terminator, il a simplement changé de cible. Une différence existe tout de même, car étant avec des humains et notamment un jeune garçon de 12 ans, des scènes plutôt drôles viennent apporter une autre dimension à ce film. Les fameux “hasta la vista baby” ou encore “reste cool, sac à merde”, énoncés par une voix robotique sont extras.

Le personnage de Sarah Connor est à peine reconnaissable dans cet épisode. Internée en psychatrie (oui c’est quand même assez dur de rester crédible quand on crie au jugement dernier et qu’on prédit une guerre contre les machines), elle s’entraîne et fait de la musculation intensive pour être prête à combattre. Physiquement, l’actrice Linda Hamilton s’est totalement métamorphosée, et s’est durement entraînée à manier les armes. Son personnage est ainsi une véritable guerrière, contrairement à la Sarah Connor du 1er Terminator. Elle réussit même à s’échapper quasiment toute seule de l’asile pourtant totalement sécurisé. Elle reste tout de même mentalement un peu dérangée, marquée par la mort de son amoureux (et à mon avis par son destin lourd à porter), de cette guerre des machines, obsédée par le fait de protéger son fils, elle paraît un peu décalée, dans un autre monde.

Le film révèle Edward Furlong (American History X de Tony Kaye en 1999), à l’époque 13 ans, qui est arrivé sur le film un peu par hasard. John Connor est un garçon rebelle, n’aimant pas ses parents adoptifs (qui le lui rendent bien), en voulant d’abord à sa mère de soi-disant raconter des mensonges, puis s’attachant ensuite à elle. Il a besoin d’affection, qu’il trouve surtout auprès du T-800, car aussi paradoxal soit-il, il a une relation plus humaine avec John que sa propre mère. Ses démons passés ne cessant de la hanter, ils la privent de créer une relation avec son fils, qu’elle considère “uniquement” comme le sauveur des hommes.

La scène apocalyptique où Sarah finit brûlée est particulièrement saisissante. Les enfants jouant dans un parc avec une Sarah Connor en mère douce et coquette, représente la partie la plus innocente et pure de notre monde, qui sera anéanti en l’espace de quelques minutes, sans concessions, sans remords. Cette scène effrayante, fait référence à notamment au Jour d’après (pas le navet de Roland Emmerich de 2006) de Nicolas Meyer, téléfilm datant de 1983. C’est une excellente réalisation qui montre une guerre nucléaire et ses dégâts divers sur le monde et ses habitants. Il y a une scène du même type, et l’on voit la suite de cette attaque et ses conséquences.

Ce film développe un aspect très intéressant, celui de pouvoir changer le destin, pourtant si ancré. En ayant des informations grâce au T-800 sur Dyson (qui sera à l’origine de Skynet), elle décide de le tuer. Le terminator et John l’ayant empêchée, ils décident de détruire (avec l’accord de Dyson) tout son travail, pour ainsi changer le futur. Dyson, qui au départ s’est étonné qu’on lui reproche des faits qu’il n’a pas encore commis, se défendant sur le fait qu’il ne pouvait pas savoir. Sarah Connor le remet à sa place en lui disant que des hommes comme lui ont crée des bombes et toutes sortes d’armes. La notion de fatalité est encore évoquée ici, finalement, ces hommes devraient savoir que leurs création peuvent mener un jour à la destruction totale de l’humanité.
Une fois dans les bureaux, on assiste à une scène d’action mémorable, entre le T-800 et les policiers, à travers des vitres, au milieu de fumigènes.
Il est intéressant de noter que Dyson a basé tout son travail sur le bras du terminator du 1er film (reste du terminator que Sarah Connor a écrasé.) En fait, si le terminator n’avait pas été renvoyé dans le temps pour sauver Sarah Connor, il n’y aurait pas eu Skynet, donc pas de guerre. Dans ces cas là, John Connor n’aurait pas existé, car son père n’aurait pas été renvoyé dans le temps pour protéger Sarah et concevoir avec elle John. Il y a un cycle et quelque part une boucle temporelle intriguante.
Dans la logique des choses, le T-800, protecteur de John, n’oublies pas de préciser que lui aussi doit être détruit, pour éviter la guerre.
Il est évoqué le côté humain des machines, quand Sarah Connor dit que le T-800 serait le meilleur père pour John notamment. C’est une notion que je trouve assez niaise et sans intérêt en fait (elle d’ailleurs bien marqué dans le Terminator sorti dernièrement).
Emotions, originalité, action…Terminator 2 peut se vanter d’en réunir des qualités.
Le film a réalisé le double d’entrées en France, par rapport à son prédécesseur (plus de 6 millions d’entrées), un beau carton.

Bonus:

  • Bande annonce de Terminator 2:
  • James Cameron a réalisé un court métrage Terminator 2 en 3D, c’était plutôt une opération commerciale pour un cinéma je crois, mais ça a permis de tester la 3D pour Cameron. Le résultat n’est pas fameux. On se croirait dans un mauvais jeu vidéo. Jugez par vous même:
    Court métrage Terminator 2 en 3D
  • Voici une scène coupée de Terminator 2. Cette scène a finalement été enlevée car elle apportait trop un ton humoristique au Terminator. Je la trouve bien fun:
    Scène coupée Terminator 2

Passons au navet (Terminator 3: le soulèvement des machines) de Jonathan Mostow. Un vrai gâchis, pour moi il perd toute la saveur, le charme de la saga commencée. Cela se sent tout de suite que Cameron n’est plus aux commandes. C’est plat, les actions s’enchaînent sans intérêt, aucun personnage n’est intéressant (le terminator femme bombe sexuelle est ridicule), les acteurs niais. Plus aucune réfléxion sur le passé, la fatalité ou autre…Bref une cata quoi. Arnold Schwarzenegger ne sauve rien. De toute façon, la grande qualité des terminators réside dans sa réalisation, son scénario (et Linda Hamilton quand même) et là rien de tout ça n’existe, donc c’est vite fait.

Je vous soulage de vous mettre la bande annonce…

Comme beaucoup, “j’aime” des pages facebook de films. Vous avez dû remarquer qu’en général il n’y a pas d’actualité concernant une page de film. Y a pas de raisons. Sauf quand la Fox décide de se servir de la page “Alien” pour faire la promotion de la sortie méga collector en blu ray de la saga Alien. Le point de départ, c’était ça. Force est de constater que le flux d’actualité de la page est plutôt intéressant.

Vous avez peut être d’autres exemples, moi c’est la première fois que je vois une page de film autant actualisée. A vrai dire, ça arrive que parfois on remarque un petit message sur une page d’un film annonçant une sortie DVD par exemple. Là, le concept est différent (bien que restant promotionnel on est d’accord). Sur la page “Alien”, vous pouvez trouver ça:

Ou encore ça:



Je trouve ces affiches alternatives assez excellentes, une mention particulière pour la Reine des aliens. Pour voir les autres, c’est ici.

On trouve également des photos de tatouages de fan (moches, les tatouages, pas les gens). Dans le genre étrange, on peut trouver aussi une photo de Woody Allen (si quelqu’un sait ce que ça peut vouloir dire, je veux bien un éclaircissement), divers dessins et photos de figurines, ainsi que bien entendu, des photos des films.

Ce n’est pas tout, il y a régulièrement des liens publiés vers “Short List”. C’est comme ça qu’on peut tester nos connaissances sur la saga Alien (voir mon article) via un petit quizz. Vous pouvez répondre au quizz Alien. Mon score a été de 5 sur 10, ce n’est pas glorieux mais bon certaines questions me semblent, peu intéressantes, je vous laisse en juger.

L’autre actu-alien du moment c’est la sortir d’un nouveau DVD Bonus de making of, appelé (tenez vous bien) Alien Vault: The Definitive Story of the Making of the Film, rien que ça, la “voûte d’Alien”. Bon évidemment, je ne vous cache pas que j’aimerais bien voir ce que ça donne mais où vont ils chercher tout ça? Je pensais que la version blu ray contenait déjà tout et plus encore…Rappelez vous de la sortie en grande pompe du coffret prestigieux en blu ray. Il avait été baptisé “Alien Anthology” et est sorti en une édition limitée avec une grande figurine d’un oeuf d’Alien où l’on rangera ses précieux blu ray (ben oui on ne mélange pas ses blu ray Alien avec les autres enfin!!). Apparemment le coffret contient 6 blu ray donc 2 gros blu ray de bonus (en plus des bonus présents sur les disques des films). Et pas des moindres…making of, préparations, réactions/analyses avant, après, story board, pré-prod, rôle de la FOX, scènes coupées, constructions des décors, intervention de HR Giger en personne…bref autant vous dire que je suis verte (y a pas quelqu’un qui a un blu ray à me prêter??).
Pour ne pas rater la sortie de cette édition exceptionne, la FOX a choisi de monter un sacré stand au Comic Con à San Diego de 2010. Comme son nom l’indique, ce festival est sur les comics, et plus généralement sur les films/séries tv en rapport avec des héros. Ce festival existe depuis 1970 et est très reconnu dans le métier.
Je vous conseille d’aller voir cette vidéo qui donne un aperçu de ce que la FOX avait préparé. On pouvait notamment se mettre dans les fameux “cryotubes”.

En tout cas, la page facebook d’Alien (à l’origine sur le premier film mais qui finalement est le porte parole de la saga complète), a le mérite de proposer du contenu intéressant. Cela permet de continuer à faire vivre une saga, et d’entretenir le mythe de celle ci, saga qui a commencé il y a 32 ans et fini il y a 14 ans.

Blue Valentine est film réalisé par Derek Cianfrance avec Michelle Williams et Ryan Gosling. Il est sorti en juin 2011 en France mais c’est un film dont une partie a été réalisée il y a 6 ans. Blue Valentine c’est une histoire d’amour simple et triste, de Cindy et Dean. Ils ne se donnent pas une nuit pour sauver leur mariage, comme j’ai pu le voir sur la plupart des sites qui évoquent le film (pour donner envie aux gens de fuir y a pas mieux je crois), ils vivent simplement leur histoire, mais c’est la leur, elle est donc exceptionnelle.

Autant vous le dire tout de suite, on déprime avec Blue Valentine. Ceux qui aiment la guimauve et les étoiles dans les yeux, vous pouvez passer votre chemin, le film ne vous parlera pas. Ceux qui sont convaincus que le véritable amour ne dure qu’un temps, vous allez être comblés
Je n’aime pas les histoires d’amour, j’ai vu Blue Valentine plus comme l’évocation des évolutions de deux personnes et le constat de ces évolutions.
Cindy, jeune femme discrète, et renfermée, rencontre Dean, un jeune homme comme beaucoup d’autres en fait, insouciant, profitant du moment présent. Ils tombent amoureux, se marient et élèvent une petite fille. Le film juxtapose des scènes de leur vie actuelle avec des scènes de leur vie passée, de leur rencontre. Je suis toujours très sensible aux films qui racontent les évolutions, les changements de personnages. Je trouve ça fascinant de voir comment les gens évoluent, qu’est ce qui fait qu’ils changent, qu’est ce qui les amènent à faire ça ou penser ça. Une fois qu’on sait à peu près qui on est, pourquoi on est finalement amenés à ne pas rester la même personne toute sa vie? Blue Valentine fait parti de ces films.

Cindy, un peu sauvage sait ce qu’elle veut dans la vie. Elle veut rencontrer un homme attentionné, pour ne pas finir comme ses parents, aigris, se détestant. Elle veut faire des études de médecine et devenir médecin.
Dean ne sait pas ce qu’il veut faire dans la vie et, à l’image de sa spontanéité a un coup de coeur pour Cindy.
Cindy est finalement infirmière, a du mal à être reconnue pour ses compétences. Elle essaye de mener sa vie de mère, d’épouse principalement. On la sent assez impuissante face à la vie qu’elle mène.
Dean est peintre en bâtiment. Il a gardé sa spontanéité et son âme d’enfant qu’il prend plaisir à entretenir avec sa fille. Il boit beaucoup et cela associé à son côté gamin, fatiguent Cindy.
Le couple se retrouve dans une impasse, parce que les individus eux mêmes sont perdus. Cindy ne fait pas le job pour lequel elle avait de l’ambition, Dean n’entretient plus ses capacités artistiques…Elle a perdu son côté spontané et enfantin, Dean l’a sans doute trop gardé…Les raisons de cet éloignement sont multiples.
Quoi qu’il en soit le film ne montre pas une progressive dégradation du couple mais oppose bien la période magique amoureuse avec la période noire. Le paradoxe final entre la scène du mariage et la scène de la rupture. Des pleurs et de l’émotion de chaque côté.

Les deux périodes opposées se font aussi ressentir via la réalisation. Pour la rencontre de Cindy et Dean, la caméra suit les personnages, comme si elle était à leur côtés. D’ailleurs, la scène de l’avortement est très intrusive et elle m’a personnellement mis mal à l’aise. Pour la période critique, elle reste en retrait, comme observatrice.

Ce qui manque à Blue Valentine, c’est un peu de folie et de moment forts. On a du mal à ressentir l’amour fou qui les unissaient finalement, le personnage de Michelle Williams est tout en retenue, on a du mal à le cerner. Il y a tout de même la scène où Dean joue qui reste attendrissante et un peu décalée qui ajoute une certaine singularité à leur relation.

J’ai beaucoup lu des critiques où Cindy était décrite comme dure, limite cruelle. Oui, Dean a accepté quelque chose de fort, mais je ne vois pas cela comme un sacrifice, ni encore moins une raison pour Cindy de lui être redevable.

Le générique de fin est magnifique, avec beaucoup d’émotion et d’esthétisme, il fait un beau résumé de leur histoire. Les explosions représentant la force de leur amour qui né de manière fulgurante, et en même temps, la destruction de leur relation.

Le film a été présenté en compétition dans le cadre “un Certain Regard” (plutôt réservé aux réalisateurs peu connus), au festival de Cannes 2010. C’est d’ailleur le premier film de Derek Cianfrance.
Michelle Williams a été nominée aux Oscars et aux Golden Globes pour ce rôle.
Ryan Gosling a remporté lui le Chlotrudis Awards du meilleur acteur (à venir un article présentant cette cérémonie au nom imprononçable!!)

Bande annonce de Blue Valentine:

Après mon article sur le cinéma de genre en France, en voici un sur le film d’Alexandre Bustillo et Julien Maury, A l’intérieur, sorti en 2007. J’ai remarqué que beaucoup d’amateurs du genre n’aimaient pas ce film. Il fait parti de mes préférés. Alysson Paradis et Béatrice Dalle tiennent les rôles principaux du film.

A l’intérieur a été présenté au 60e festival de Cannes 2007, pour la Semaine de la Critique. Le film a bien évidemment secoué l’assemblée, il paraîtrait même que Clothilde Courau, jury à l’époque aurait quitté la salle au bout de 30 min de film (rappelez vous, elle a joué dans le mauvais Promenous nous dans les bois de Lionel Delplanque, 1998). Il a aussi été présenté au festival fantastique de Bruxelles, le BIFF. Je ferais d’ailleurs prochainement un article sur ce festival.

Le synopsis d ‘A l’intérieur est bien barré politiquement peu correct. Une femme (Alysson Paradis)prête à accoucher, passe une dernière nuit chez elle. Une autre femme (Béatrice Dalle) pas très sympathique pénètre chez elle pour lui ouvrir le ventre afin de lui prendre son bébé. Autant le scénario est plutôt intriguant, autant l’explication du pourquoi ne l’est pas du tout. Mais ce n’est pas l’important.

Sarah ayant perdu son amoureux dans un terrible accident de voiture, est plutôt amorphe, déconnectée, presque sans vie.
Son accouchement programmé le lendemain, elle rentre chez elle. Et là, une femme semble vouloir entrer en contact avec elle,  finit par réussir à rentrer dans la maison de Sarah. Très vite, celle-ci pourra se rendre compte que la mystérieuse femme en noir en voudra à son ventre.
Bon évidemment, il ne vaut mieux pas regarder ce film enceinte, parce que même quand on l’est pas, y a des choses qui font mal, très mal. Et évidemment, je l’ai aussi regardé quand j’étais enceinte (barrée moi?). Et bien je vous dirais même que ça perd un peu de son réalisme, car pour une femme à terme, Sarah se déplace plutôt aisément! (Ou alors c’est moi qui était vraiment trop baleine).
Bref, le point agréable du film, c’est que l’action commence assez vite, alors qu’on a eu le temps de connaître un peu le personnage de Sarah, à travers ses relations avec son entourage et les flash back particulièrement durs. On comprend que Sarah est déjà dans une profonde détresse et que peu de choses peuvent réellement l’atteindre dorénavant.

On a beaucoup dit qu’à l’intérieur était très gore, alors c’est sûr il y a beacoup de sang et certaines scènes titillent mais de là à dire que c’est insoutenable, il ne faut pas exagérer.
J’aime beaucoup aussi le fait que cela soit un affrontement entre femmes (le film de genre reste relativement macho) et le choix des actrices est excellent. Béatrice Dalle connue pour ses choix artistiques audacieux (je pense au film cannibalisme Trouble Every Day de Claire Denis en 2001, est aussi connue pour être quelqu’un de trash et la retrouver dans un tel rôle n’est pas étonnant. Cela lui va comme un gant. Alysson Paradis, soeur de Vanessa, est plus une surprise. Elle avait déjà tourné, mais dans peu de films, et surtout passés inaperçus. C’est donc un sacré défi de tenir le rôle principal d’un tel film, qui, on le sait, sont des tournages assez compliqués (effets spéciaux, faux sang, cascades…). Elle est tout simplement sublime dans le film. Elle a une plastique particulière, c’est une femme très belle et plein de charisme je trouve et elle joue à merveille la victime, qui se transforme en guerrière, prête à tout pour défendre son enfant (qui est la raison d’être du film mais qui reste abstrait finalement.)
On reproche souvent au film les incohérences. Evidemment il y en a, surtout à la fin (notamment la trachéotomie, le scotch dans la cuisine). Certains trouvent des scènes comiques (quand Sarah fabrique son arme qui d’ailleurs ne lui servira pas à grand chose). Mais moi pas. Enfin je ne suis pas là pour imaginer commence cela peut se passer dans la réalité. J’ai envie d’être surprise, d’avoir peur et d’être emportée par un ambiance particulière. Cela a été le cas, le film est pour moi une réussite.
Bon après je vous l’accorde, y a des interrogations ou des WTF comme on dit. C’est notamment le cas de la scène où le flic vire à une sorte de zombie, s’en prenant à Sarah…mouais je vois pas trop le sens ni l’intérêt de cette scène, les réalisateurs l’expliquent en disant qu’ils voulaient s’éclater tout simplement. Pourquoi pas.
En tout cas, on ne s’ennuie pas, l’action s’enchaîne, et la maison est le seul théâtre des horreurs. En un seul et unique lieu, les réalisateurs arrivent à créer une tension permanente, devant laquelle il est impossible de s’ennuyer. Les nouveaux personnages et situations créent des rebondissements qui amène le film vers une barbarie et une noirceur de plus en plus grande.

La photographie est plutôt belle, ambiance rouge et noir. La réalisation reste simple mais efficace. Elle apporte un certain réalisme, sans trop d’effets. En même temps, Alexandre Bustillo et Julien Maury n’ont eu qu’une caméra à disposition pour tourner. On fait avec les moyens du bord, mais ils ont réussi à faire du bon boulot.

Les réalisateurs étaient supposés réaliser le remake d’Hellraiser, puis la suite du remake d’Halloween, finalement réalisé de nouveau par Rob Zombie. Ils ont des tas de propositions des producteurs américains Weinstein, qui ont acheté le film, mais ils souhaiteraient rester en France pour faire vivre le genre. C’est tout à leur honneur, alors on attend le prochain!

Bonus:

Bande annonce d’A l’intérieur:

Coulisses du tournage:

Mary et Max est un film d’animation australien, principalement en pâte à modeler et réalisé par Adam Elliot en 2009. Il raconte l’histoire de Mary, petite fille australienne, négligée par ses parents et rejetée par ses camarades, qui décide d’écrire à Max, la quarantaine et New Yorkais, légèrement autiste, pour lui demander d’où viennent les bébés en Amérique. Elle en profite pour raconter ses joies et ses peines, et un échange et une amitié qui dureront sur 20 ans débute.

 

Film d'animation en pâte à modeler

 

Mary et Max c’est d’abord un bijou visuel. Quand on sait qu’une journée de tournage a produisait 4 secondes de film, on imagine le travail de fourmi derrière. Le film est assez peu coloré. Dans les marrons, pour l’univers et la ville en banlieue australienne de Mary, et noir et blanc pour New York, ville de Max. Marron, parce que Mary adore le chocolat et la couleur marron, noir et blanc pour Max, car il se sent mal à l’aise et dépassé dans cette grande ville. Ce qui est en couleur, ce sont les choses importantes pour lui, le ponpon de Mary par exemple. L’animation en pâte à modeler et les couleurs, font de Mary et Max, un film très agréable à regarder. On se sent à l’aise et on savoure.

Mary représente parfaitement le personnage de la petite fille délaissée, triste mais plein d’optimiste et savourant des petits plaisirs simples du quotidien. Max n’est pas une caricature d’une personne névrosée et décalée, c’est d’autant plus intéressant d’écouter ses interventions et ses avis à travers ses lettres. Il y a finalement très peu de dialogues, tout se passe via une voix off. Certains n’aiment pas, moi j’avoue que j’ai beaucoup aimé. C’est comme si on nous racontait une histoire, on se laisse porter et ça correspond bien à un film d’animation.

A l’heure d’Internet, voici un film qui met en avant la force d’un échange à l’ancienne, via des lettres et des colis. Les deux personnages se réconfortent l’un l’autre, en se donnant des conseils, en s’envoyant divers mets au chocolat. Leur point commun (qui n’est pas très original), c’est leur marginalité. Max est atteint du syndrome d’Asperger, qui se rapproche d’un comportement autiste. Très sensible aux bruits, facilement angoissé, il a beaucoup de difficultés à interagir avec les autres, qu’il appelle d’ailleurs les “êtres humains”. Mary est seule et a besoin d’appui pour grandir, et cet appui c’est Max. Bien que celui ci soit reconnu par la société comme étant psychologiquement malade, les parents de Mary le sont sans doute plus: l’un passe son temps avec des oiseaux morts, l’autre alcoolique passe son temps à voler. Et c’est là qu’on se demande à partir de quand et selon quoi, on considère qu’une personne est plus marginale qu’une autre?

Au fil des ans et de leurs petites attentions, l’amitié entre Mary et Max grandit. On assiste avec plaisir à leurs échanges qui sont tantôt drôles, tantôt plus tristes et nous renvoient nous même à des interrogations (le fait que les “être humains” soient illogiques par exemple). Ils partagent tout et leur amitié en devient tellement importante, que lorsque Max est déçu par Mary,  elle tombe en dépression et va ruiner son mariage.
On peut être surpris par la franchise des propos mais qui en fait n’est que le reflet d’une réalité qu’on préfère parfois mettre de côté, à juste titre ou pas, cela dépend de chacun. Ca reflète aussi tout simplement la naiveté de Mary et Max. Mary parce qu’elle est petite fille et qu’elle cherche des réponses, Max parce qu’il est souvent abasourdi et énervé de tant de bêtises humaines, qui font pourtant partie de la vie quotidienne.

Le film se termine sur une note profondément triste et optimiste à la fois. De toute évidence, sans jamais se voir, Mary et Max ont eu une relation fusionnelle et sincère comme jamais ils n’auraient pu avoir autrement. D’ailleurs, Max finira par sourire, chose impossible avant de connaître Mary. La distance fait aussi qu’il est plus facile de se dévoiler. Est ce que Max aurait eu la même capacité à dévoiler ses sentiments en face à face? Toute amitié a ses limites, rien ne peut être parfait…

Mary et Max a été présenté dans plusieurs festivals et a plusieurs fois remporté des prix. Il a été récompensé du Cristal D’Or au festival d’animation d’Annecy, a fait l’ouverture du festival de Sundance entre autres

 

En bonus:

Mary et Max, la bande annonce:

Sur le site officiel, vous trouverez trois petites vidéos de making of (en anglais): Le making of

Le festival Spasm vient de s’achever  hier, et je vais vous faire profiter de mes impressions! C’est un festival que je viens de découvrir à Montréal et si jamais vous avez l’occasion de passer dans le coin pendant la période d’Halloween (et que vous aimez les films “insolites” et d’horreur) courez y! Je n’ai pu assister qu’à deux soirées et je regrette de ne pas avoir pu faire plus…

L'affiche du festival Spasm!

                    1. Le festival Spasm, qu’est ce que c’est?

Le festival Spasm est né il y a 10 ans. A la base, le concept était plutôt orienté autour d’une grosse fête d’Halloween, entourée de longs ou courts métrages exclusivement québécois. Petit à petit, le choix des films s’est élargi.

Le festival dure 8 jours. Tous les soirs, un ou deux films sont présentés. Un zombie walk est organisé, des “intervenants” musicaux jouent entre deux projections, des sélections diverses sont proposées,  des quizz, des débats ont lieu après une projection…Bref on ne risque pas de s’ennuyer! Le but du festival Spasm est de diffuser des oeuvre “insolites” donc pas nécessairement orientées sur l’horreur, même si souvent ce sont deux termes qui sont associés. On peut ainsi trouver de la science fiction, du fantastique, voire de la comédie horrifique ou du kung fu…
L’équipe du Spasm Festival c’est une vingtaine de personnes, dont 7 qui se consacrent uniquement à établir la programmation.

J’ai découvert le festival Spasm en ayant pris connaissance du fameux Zombie Walk (qui se fait aussi en France, notamment à Nantes via l’Absurde Séance mais il n’y a pas encore beaucoup de monde, quoi que cette année ça a été mémorable apparemment!!). Un Zombie Walk consiste tout simplement à réunir un maximum de personnes déguisés en zombie et ensuite à déambuler dans la rue.

                   2. Séance du lundi 24 octobre:  Crépuscule- Art/Crime

Du coup, je me suis renseignée sur ce festival, et j’ai décidé d’aller à la séance du lundi soir, qui proposait un court métrage et un documentaire “Art/Crime” sur l’histoire de Remy Couture
J’arrive donc au Théâtre Plaza, salle assez grande, avec un étage et deux bars,et une grande scène. Sur la grande scène est installé un écran et je me fais la réflexion que c’est la 1ère fois que je vais voir un film dans un bar. En tout cas, le présentateur du festival Spasm, Jarrett Mann arrive tout pétillant pour annoncer le programme de la soirée. On débute donc avec le court métrage du québécois Eric Falardeau, Crépuscule. C’est un film d’animation en “stop motion” (c’est à dire filmé, image par image), qui raconte l’histoire d’un groupe de créatures dont leur fascination pour un couple d’humain va faire basculer leur destin…Film très curieux, c’est le moins qu’on puisse dire, sympathique à regarder, mais qui ne soulève pas plus d’interrogations que ça.

Débute ensuite le documentaire Art/Crime de Frédérick Maheux, dont c’est la 2ème réalisation.Remy Couture, est un créateur talentueux d’effets spéciaux et de maquillage. Tellement et trop talentueux qu’il est actuellement poursuivi en justice pour corruption des moeurs. A cause d’une plainte vieille de 3 ans, venant de l’Allemagne et lancée par Interpol, Remy Couture a été arrêté par la police québécoise. Avant de travailler pour le cinéma, Remy Couture faisait des séances photo et des courts métrages pour ainsi se perfectionner petit à petit. Tout était mis en ligne sur son site Inner Depravity.Sauf que, suite à une séance photo qui incluait un enfant de 10 ans, des gens ont réellement cru qu’un enfant s’était fait kidnappé et ont donné l’alerte. La plainte a mis 3 ans à venir au Québec, et a quasiment tout de suite eu pour conséquence l’arrestation de Remy Couture. Cela fait 2 ans qu’il attend son procès.
Frédérick Maheux a décidé de réaliser un documentaire sur ce sujet, en interviewant des modèles de Remy Couture, des personnalités du milieu du cinéma d’horreur, des avocats, des policiers…
Le documentaire reste objectif, se contentant de recueillir les propos des uns et des autres (d’après le réalisateur), mais on sent tout de même que le but est de démontrer que la liberté artistique sera en danger si Remy Couture est condamné. La chose intéressante bien réussie, est de faire croiser des propos de personnes qui se rejoignent, venant de différents milieux. C’est là qu’on voit qu’on peut tous parler de la même chose finalement. Qu’on soit contre ou pour ce qui arrive à Remy Couture, le documentaire se place comme un porte parole d’un problème de société. Qui peut décider de ce que les Québécois (ou le reste du monde) peut regarder? Quelle est la limite?
Remy Couture essaye de récolter des dons pour l’aider face aux démarches judiciaires qu’il doit assumer. Il existe également une pétition ici.
Si vous voulez des informations sur Remy Couture ou Art/Crime:

http://www.remyfx.com
http://www.artcrimefilm.com

Après le film, le réalisateur et Remy Couture montent sur scène pour répondre aux questions du public. Au début, tout le monde est un peu timide, puis finalement les questions affluent et elles ne pourront pas être toutes posées. Les principales questions étaient sur le déroulement de la procédure judiciaire.
Remy Couture semble être un personnage sympathique mais complètement dépassé par ce qui lui arrive. Il a essayé de bien faire comprendre aux gens que non, ce n’est pas parce que tout le monde sait maintenant que ce n’était pas réel, qu’il est tiré d’affaire.

Le réalisateur du documentaire Art Crime sur l'histoire de Remy Couture

  3. Séance du samedi 29 octobre: Grande soirée horreur- Party Halloween

Pour finir en beauté le festival et fêter en même temps Halloween, le festival Spasm propose une grande soirée horreur, costumée. La 1ère partie de la soirée se déroule au Club Soda, semblable au Théâtre Plaza, avec un étage en “U”.  Pas moins de 10 courts métrages seront présentés. La 2ème partie de soirée se déroule justement au Théâtre Plaza, pour la party d’Halloween.
Quand on rentre dans la salle, le marchandisage est cette fois présent. Le festival vend des DVDs de leur précédents éditions, avec les courts ou longs métrages présentés.
La soirée débute avec un numéro d’ombres chinoises orchestré par l’équipe de Gil Brousseau (le vice président lui même du festival Spasm). Ils reproduisent les grandes scènes de Psychose, d’Alfred Hitchcock (1960). C’est vraiment plaisant à regarder et ça fait une bonne intro!
Puis, de nouveau, notre Jarrett Mann vient présenter la soirée. Et on débute la soirée avec le court métrage:

  1. Corps de Yan Moreau- Québec (10 minutes)
    C’est un film sur une petite équipe qui vient enquêter sur des bruits, apparitions étranges que des locataires auraient entendus et vus. Évidemment tourné avec des moyens réduits, le film contient quelques effets visuels bien réussis et nous donne quelques frayeurs. Mais si vous avez vu un bon nombre de films de fantômes et autres, cela ne vous percutera pas plus que ça. Le réalisateur était présent et est venu rapidement présenté le film.
  2. Hambuster- France -réalisé par 5 étudiants de Supinfocom (6 minutes)
    Un vrai régal (c’est le cas de le dire). C’est l’histoire d’un hamburger tueur qui va mettre rapidement une ville sens dessus dessous…Le film est ingénieux, rythmé, dynamique, drôle, et très bien réalisé. Je suis super impressionnée du travail de ces étudiants, qui livrent ici un petit bijou, et qui est bien meilleur au niveau créativité que beaucoup de grosses productions d’animation. Il ne dure que 6 minutes, mais il s’en passe des choses…Un peu de gore, beaucoup d’humour et d’action, je vous le fais partager:
    Vous pouvez même aller sur le site officiel: http://hambuster.com
    J’ai d’ailleurs voté pour ce film!
  3. Cauchemar- Québec- de Martin Manuel Beaulne et Myriam Gosselin (3 minutes)
    Le court métrage que j’ai moins aimé. Une femme fait des cauchemars et ne cesse de se réveiller et ainsi de suite…Le final est bon, mais le reste est trop lourd et confus. Les réalisateurs usent et abusent d’effets pour créer une ambiance déstabilisante et cauchemardesque, mais du coup ça ne prend pas. Les réalisateurs étaient aussi présents pour présenter le film.
  4. Mon père- France- de Patrice Gablin (13 minutes)
    Très “dark” comme on aime bien dire ici. Un petit garçon souhaite inviter un camarade à dormir chez lui, ce qui terrifie la mère et ravi le père….La grosse difficulté à mon sens pour un court métrage, c’est de créer quelque chose d’efficace et d’original alors qu’on a très peu de temps. Et “mon père” réussit cela. Il évoque un sujet très peu évoqué au cinéma, installe tout de suite une ambiance très inquiétante et se finit de façon la plus sombre possible.
  5. Brutal Relax- Espagne- d’Adrian Cardona, Rafa Dengra et David Munoz (15 minutes)
    La grosse rigolade de la soirée. Trash, gore rigolo (pas crédible pour un sou donc), divertissant. Efficace dans son genre, ça permet de décompresser quand on vient de voir “Mon père”.
  6. Le lac noir- France/Suisse- de Victor Jacquier (19 minutes)
    Le film le plus beau esthétiquement parlant. Sur fond de conte, un couple recueille un enfant trouvé dans le ventre d’un gros poisson. Sa présence révèlera un lourd secret. Très “dark” aussi, c’est un film fantastique. La photographie est magnifique et l’histoire bien que simple, est prenante.
  7. Le blanc c’est le meilleur- France- de Greg Rugeri (5 minutes)
    Encore pour décompresser, un court métrage bourré d’humour sur un duo de zombie, échangeant sur la saveur des humains. A voir absolument si vous le pouvez!
  8. Red Balloon- Angleterre- de Damien Macé et Alexis Wajsbrot (14 minutes)
    Un petit bijou de suspens. Cela démarre lentement mais le film contient deux trois scènes de bonne tension.
  9. Ethereal Crysalis- Québec- de Syl Disjonk (10 mintes)
    Les effets spéciaux et maquillages ont justement été réalisés par Remy Couture. Je n’ai pas accroché au film pour ma part. Trop mystique, trop lourd. Je ne pourrais même pas raconter l’histoire, mais je n’aime pas ces mélanges de magie, transformations dans un monde imaginaire (peu original).
  10. Turbokid- Québec- d’Anouk Whissel, François Simard et Yoann Karl Whissel (6 minutes)
    Sympa à regarder mais sans plus. C’est l’histoire d’un “super héros” qui vient au secours d’une gente dame, retenue par des méchants bonhommes. Des meurtres ingénieux et un peu d’humour, c’est rigolo mais trop potache et manquant de rythme pour que j’apprécie vraiment.Je me rend compte que je ne suis pas trop sensible au cinéma québécois…

Au milieu de la soirée, deux humoristes (qui ont profité de se moquer gentiment de français en passant), sont venus animé un quizz, dit le “Quizz chinois”. Des extraits de films d’horreur (vraiment série Z), sont diffusés, et il y a ensuite plusieurs propositions pour deviner la suite. Le cinéma, ce n’est pas très interactif à la base, donc là ça faisait plaisir d’avoir un peu d’animation, autour du cinéma, avec les gens qui participaient. Je trouve que c’est une bonne idée pour faire une pause de courts métrages, et d’apporter en même temps quelque chose de différent pour un festival de cinéma. D’habitude, on attend une salle calme quand on va au cinéma, mais pas ici. Ici le cinéma, on le partage finalement.

Une fois la soirée finie, le festival Spasm avait prévu 4 cars (d’école jaune américains) pour tous nous emmener au Théâtre Plaza pour la party d’Halloween. On s’est donc retrouvées avec Sarah Palin et une tronçonneuse derrière nous…
Ambiance old school, on a pu admirer les différents et beaux (ou pas) costumes. Allant d’un vagin, à Bugs Bunny, et passant par Marla de Fight Club, une fille déguisée en tombe…Bref il y avait de tout!

Le prix du public a été décerné à…Turbo Kids (sans doute pour le côté fun j’imagine?)

Financer un film est difficile. Un des avantages d’Internet, c’est que les échanges deviennent tellement plus simples…et les possibilités se multiplient. Le milieu du cinéma fait souvent rêver les spectateur qui font exister le cinéma, donc quoi de plus naturel d’intégrer le public dans le projet de financement d’un film? Voici le principe des sites Tous coprod et Your Major Studio.

        1.Tous coprod


Le principe est simple. Une fois inscrit, l’internaute choisit quel film il souhaite produire. Il y en a pour tous les goûts. La particularité c’est que l’argent récolté ne servira pas à la même fin, d’un film à l’autre. Certains films sont déjà sortis, ou sur le point de sortir, mais ont besoin d’argent pour sortir dans un maximum de salles, ou pour la sortie dvd. D’autres sont au stade de l’écriture, ou du tournage et manque de moyens. En échange de votre aide, votre nom peut figurer au générique, vous pouvez aller sur les tournages, rencontrer les équipes des films, et bien sûr récolter de l’argent en fonction du montant de votre investissement. Il y a un montant minimum à atteindre pour chaque projet et vous êtes remboursés si ce montant n’est pas atteint.

Ne pensez pas gagner des millions, si ces films ont besoin d’aide, c’est qu’ils ne riment pas avec rentabilité. Les contreparties sont plus matérielles (DVDs, photos dédicacées, possibilité d’assister à des journées de tournage, votre nom au générique…), que financières. Les différentes options en fonction du montant que vous mettez (plus vous misez de l’argent, plus vous avez d’avantages, forcément) varient en fonction des films. C’est l’équipe du film qui les déterminent et le prix avec. Ainsi en fonction des films, pour 50 ou 100, voire 300, vous avez accès à une journée de tournage. Pour certains, avec 300 euros, vous pouvez même donner votre avis sur le projet!

Mine de rien, cela donne déjà un aperçu de l’esprit du projet. Entre ceux qui proposent un euro symbolique pour donner des nouvelles de l’avancement du projet (Viande froide/Cadavre exquis de Mathieu Beaudelin, en mettant une pointe d’humour et ceux qui proposent un voyage pour une mise de 1200 euros comme Une rencontre de Jon Rabaud, le ton est donné.
On trouve des films avec des stars, comme Confession d’un enfant du siècle de Sylvie Verheyde, avec Charlotte Gainsbourg.
L’internaute a accès à une bande annonce ou un teaser pour chaque film, afin de faire son choix. Un petit édito présente rapidement le film.
La démarche peut vraiment être intéressante, le principe donne la possibilité d’entrer en contact avec des personnalités du cinéma.

Il va sans dire que je vais soutenir des films de genre, dans la mesure où c’est typiquement le genre de film que je veux encourager dans le paysage cinématographique français. Si ça vous dit, voici la liste des films que je compte financer.

  • Viande froide/Cadavre exquis de Mathieu Beaudelin. Voir la fiche.
  • La dernière expérience de ? (produit par la société de production Black Owl Prod). Voir la fiche.
  • Making Off de Cédric Dupuis. Voir la fiche.

La nouvelle version du site est épurée, peut être un peu trop, difficile de s’y retrouver facilement et il ne donne pas trop envie de parcourir le site.
A noter que le site est soutenu par le CNC (principal source de financement pour n’importe quel projet de cinéma ou de documentaire).

Le site: tous coprod

         2. Your Major Studio

Your Major Studio se positionne plus comme un réseau social du cinéma. On peut compléter notre profil sur nos goûts cinématographiques, ajouter des photos, des amis, suivre l’actualité du site…

Ici on a deux catégories, les projets à financer et les projets à élire. Ces derniers sont soumis à un vote du public et s’ils atteignent 10.000 votes, le projet est ouvert au financement. Une façon de filtrer les projets qui seront susceptibles d’intéresser le plus de gens, c’est plutôt une bonne chose mais cela peut limiter les artistes. En effet, la plupart du temps on souhaite que le public accroche à son film, mais si on a envie de faire un film pour soi d’abord?

Le site est ergonomique, c’est très agréable de naviguer dessus et visuellement il est bien travaillé. Il n’y a encore que peu de films à financer ou à encourager finalement. En tout cas, je sélectionne une série en développement pour voter dans la catégorie des films à élire et là je vois trois choix de vidéos qui s’offrent à moi. Je ne comprenais pas au début et en regardant de plus près, je dois choisir trois publicités à regarder pour voter! Non seulement je dois les regarder mais en plein écran en plus…C’est la 1ère fois que je vois un tel procédé. Autant vous dire que ca m’a calmée. J’ai horreur de ce genre de manœuvres.

On ne voit pas bien les contreparties au financement que l’on déciderait d’accorder aux films, mais il est question d’uniquement d’obtenir des recettes, donc bon c’est tout de même moins intéressant. Même principe que pour touscoprod, un montant est recherché, s’il n’est pas atteint vous êtes remboursés (les mises ne sont pas TTC attention).

Le site: Your Major Studio

Les initiatives sont intéressantes même si entre les deux sites, mon choix est vite fait.

La traque est le 1er long métrage d’Antoine Blossier sorti en 2011. Pour un 1er film (et qui plus est un film de genre), Antoine Blossier a réussi à réunir des stars comme Bérénice Béjo (qui certes a un petit rôle), Grégoire Colin et François Levantal. Le film raconte l’histoire de 4 hommes partant à la chasse aux sangliers, après la découverte de la mort mystérieuse de cadavres de cerfs. Et évidemment, la chasse deviendra vite une véritable lutte pour survivre.

d'Antoine Bloissier

La 1ère fois que j’ai entendu parler de la traque j’étais au Québec. Pour me tenir au courant plus facilement de l’actu des films de genre, j’achetais de temps en temps un Mad Movies. Je devrais le faire plus souvent d’ailleurs, c’est tellement plus agréable que de parcourir un site web. Bref, toujours est il que je tombe sur une interview d’Antoine Blossier à propos du film. Un film de genre français, ça reste assez rare, le synopsis me tente bien alors je me renseigne à droite à gauche sur le film, appelé “Proie” au Québec (le visuel du dvd canadien est particulièrement moche et caricatural par contre).

Et enfin je regarde la traque. Au départ ça commence comme un film d’horreur français, des personnages paumés au milieu de la campagne (Frontières de Xavier Gens, La Meute de Franck Richard, Calvaire de Fabrice Du Welz, Haute Tension d’Alexandre Aja…), mais finalement ça ne sera pas ça qui ressort. La campagne et la forêt sert vraiment de décor pour l’action et n’est pas un personnage limite à part entière comme dans les précédents films.
On cerne très vite les caractéristiques des personnages (le père bougon campagnard, le fils rustre campagnard, l’autre fils qui est différent de son frère car business man, et la fille de ce dernier dominée par son père). Au milieu de tout ça, nous avons le héros, amoureux de la fille de la famille (jouée par Bérénice Béjo), qui se fait charrier car pas vraiment passionné par la chasse. Mais, pour affronter son beau père, il va suivre les 3 hommes pour tenter de chasser la bête qui serait responsable de la mort suspecte de cerfs…

L’avantage c’est que l’action, ou du moins, l’intrigue démarre rapidement et ça fait plaisir. L’inconvénient c’est que les personnages manquent cruellement de saveur et de profondeur. Ils sont caricaturaux au possible (et du coup on se doute bien que le l’amoureux craintif va devenir le guerrier courageux).
Ce qui prime dans le film, c’est l’action et la tension qui monte petit à petit et qui est vraiment bien amenée. On passe de la chasse “sympathique” de sanglier à une lutte sans merci contre des monstres victimes de pollution. J’avais beaucoup entendu dire que pour des questions de budget, les sangliers n’apparaissaient pas trop à l’écran, du coup je m’attendais à ne voir quasiment rien et ça n’a pas été le cas . Au contraire, j’ai trouvé que c’était un bon juste milieu. Certes, on ne voit jamais entièrement les animaux furieux, mais on en aperçoit suffisamment leurs têtes pour imaginer l’horreur que c’est de les affronter. Je pense qu’en montrer plus n’aurait pas forcément plus bénéfique au film.
Le spectateur (enfin en l’occurrence moi), est bien plongée dans cette lutte, qui malgré quelques incohérences, est bien rythmée. Le problème par contre c’est que plus spécifiquement vers la dernière partie du film, le film manque de visibilité et on a du mal à suivre les mouvements des personnages et leurs actions.
Un petit rebondissement sympathique pour le final qui ne tire pas trop en longueur mais qui se finit sans surprises.

La traque est esthétiquement très agréable à regarder, on ne remarque pas le manque de budget. Véritable prouesse à mon sens, quand on sait que les films de genre français ont rarement plus de 1,5 millions d’euros de budget. La chasse m’a fait penser à une course dans Apocalypto de Mel Gibson, c’est pour dire. D’une forêt française sympathique, on passe à un champs de bataille noir (parfois trop noir sans doute) et rouge.

Loin de révolutionner le genre, la traque se place honorablement dans les films de genre français tout à fait réussis, cette nouvelle vague qui manque de moyens et de visibilité qui doit à la fois combattre l’hostilité de la profession, et le rejet régulier des fans de films de genre (voir mon article)…La traque mérite en tout cas de se faire connaître à l’occasion de sa sortie en DVD. Comme tous les films de genre, il a connu un échec cuisant en salle, mais a été présenté à plusieurs festivals fantastiques, comme celui de Bruxelles, le BIFF. Il a également été selectionné hors compétition au festival fantastique de Geradmer en 2011. Beau parcours déjà…

Bonus:

Bande annonce:

Interview du réalisateur, Antoine Blossier:

Présentation de la traque à Geradmer:

J’en parlais de mon précédent article, de la possibilité pour le public de financer maintenant certains films. Initiative d’autant plus important pour les films de genre, qui ont en général du mal à trouver les financements. Voici donc Fièvre de Romain Basset, projet actuellement en cours. L’équipe fait appel au soutien d’un maximum de personnes pour mener le projet à bien. On ne peut que les encourager.Fièvre est une coproduction Oh My Gore qui vient de se lancer dans cet autre aspect du métier (et pas des moindres).

de Romain Basset

Romain Basset est sur le point de réaliser son 1er long métrage. Il est déjà le réalisateur de plusieurs courts métrages, Projection, Rémy et Bloody Current Exchange (avec le grand Philippe Nahon) ou encore Toutes les nuits (qui devait être à l’origine un long métrage apriori). Ce dernier a été d’ailleurs été récompensé en 2007 au Week end de la peur. J’ai appris l’autre jour que le court métrage est apparemment en bonus caché (apparemment bien caché) sur le DVD de Pervert! de Jonathan Yudis (2005). En passant, j’ai vu le film récemment, à part quelques passages rigolos, c’est mauvais, mais bon je pense que ça n’aide pas d’être une fille pour ce genre de film.

Alors l’histoire de Fièvre c’est quoi? Jessica doit mener une enquête familiale, à l’intérieur de ses rêves. Pourquoi? Comment? Espérons qu’on pourra le découvrir. Car monter un tel film s’avère difficile. C’est pourquoi depuis quelques temps sur la toile, Romain Basset et son équipe, sollicitent l’aide (notamment financière), de toutes personnes intéressées d’aider le projet à voir le jour. Vous pouvez ainsi financer le film, sur ce site: Kiss kiss bank bank. Dépêchez vous, il reste 8 jours (mais bon j’imagine qu’on peut remettre le projet en financement par la suite?). En tout cas, il sera possible de le proposer sur les deux autres sites de financement de projets dont j’ai parlé dans un précédent article: Tous coprod et Your Major Studio.

En tout cas, l’équipe du film partage déjà avec ses “suiveurs” de nombreuses informations: casting (on sait qu’il y a déjà Catriona MacColl et Emmanuel Bonami et qu’un 3e rôle a bientôt trouvé sa comédienne, maquillage (le travail de sculpture des maquilleurs a commencé), repérages (mise en ligne sur la page facebook des photos des lieux…). Bref la magie d’internet fait qu’une petite équipe de cinéma peut partager toute la pré prod de la création d’un film. Pour nous spectateur, tenu à l’écart des coulisses du cinéma, ça fait plaisir.

N’hésitez pas à les encourager financièrement si le coeur vous en dit, et d’en parler autour de vous!

Bonus:

Pour financer Fièvre

Pour suivre Fièvre

Interview de Romain Basset

My Space de Romain Basset

Voici un des films d’horreur qui fait parti,selon moi, des meilleurs. Wolf Creek est le 1er long métrage de Greg Mc Lean et bien que sorti en 2006; il a été produit en 2004. Au casting, on trouve Josh Jarratt, Cassandra Magrath, Nathan Phillips et Kestie Morassi.
A priori inspiré de faits réels (comme beaucoup de film de genre), le film raconte l’histoire de 3 jeunes qui partent à la découverte de l’Australie, (et notamment du cratère Wolf Creek). Leur voiture tombant en panne, c’est un gentil monsieur qui vient les aider et les amène chez lui, afin de la réparer. Il s’avère en fait, que le gentil monsieur n’est pas si gentil que ça.
(L’affiche utilisée en France m’énerve, on y montre un croc qui renvoie à “wolf” alors que malgré son titre, Wolf Creek n’a rien à voir avec un quelconque loup. Du coup j’ai mis un affiche qui correspond plus à la réalité).

Que des acteurs inconnus pour ce Wolf Creek, qui ont peu tourné auparavant. Le seul point commun est entre Kestie Morassi et Nathan Phillips qui ont joué tous deux dans la série Grand Galop (je suis sûre que l’âme des petites filles devenues grandes, se réveilleront en lisant ces lignes). Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences, car leurs prestations sont convaincantes. Josh Jarratt qui joue le rôle du bourreau est particulièrement saisissant. Dans la 1ère partie du film, il rentre parfaitement dans le rôle du gars de la campagne un peu spécial; on a tendance à se méfier, mais en même temps, on a envie de ne pas se limiter à cette différence. C’est d’ailleurs le cas des protagonistes, qui sont à la fois sur leurs gardes, mais en même temps, polis et ouverts. Dans la 2e partie, le tortionnaire se révèle extrêmement menaçant, ne faisant aucune concession, étant sadique au possible. Josh Jarratt interprète un bon bourreau qui savoure ses actes (comme par exemple, quand il fait gronder sa voiture, avant de la lancer contre la pauvre Kristy, à bord d’une voiture qui se traîne).

Wolf Creek est clairement divisé en 2 parties. Une qui propose une parfaite démonstration des paysages splendides de l’Australie en compagnie de jeunes gens avec qui on pourrait partir en vacances. Une ambiance carte postale qui met à l’aise. On en oublie même qu’on regarde un film d’horreur. Il n’y a aucune allusion inquiétante, qui éveille le moindre soupçon. Cela est renforçé par le fait que la réalisation est proche d’un documentaire, assez sobre.
Les doutes commencent à venir juste avant que le bourreau arrive (les montres qui ne marchent plus, la voiture qui est en panne, l’obscurité qui arrive…). L’arrivée du “gentil” monsieur confirme les doutes mais, son attitude fait qu’on relâche plus ou moins notre attention tout en se rendant compte rapidement que nos héros vont avoir de gros soucis.

La 2ème partie est donc leur calvaire, qui débute d’une manière inattendue et assez originale. Liz, l’une des héroïnes, se réveille. Gros plan sur ses yeux, puis la caméra fait un plan d’ensemble d’un seul coup, qui nous montre la jeune fille ligotée. N’ayant vu aucun complot en préparation, aucune agression, le spectateur est un peu surpris et se demande ce qu’il va se passer.
Et à partir de ce moment là, la tension ne retombera plus jamais. Entre affrontements et course poursuites, le tueur ne lâchera pas prise. Sans relâche, il piste la blondinette qui a cru pouvoir trouver du réconfort auprès d’un petit vieux qui passait par là. On commençait à être soulagés pour elle, on est finalement angoisser de savoir comment elle va finir…Cette affrontement, en plein jour, sur une route déserte, est très bien ficelée. Kristie affronte deux ennemis, le désert et le tueur.

L’originalité et peut être le défaut de Wolf Creek, c’est le fait que le personnage de Ben, qui bien sûr souffre beaucoup, mais qui ne fera pas parti du combat. Il se réveille, arrive à se libérer (douloureusement) et tente sa chance de survie dans le désert. Je suis assez partagée sur cette fin, qui bâcle un peu le film.

L’autre ennemi des personnages (et pas des moindres), c’est le désert. Sans voiture, avec aucun signe de civilisation autour, les jeunes femmes sont obligées de risquer leur vie encore et encore pour récupérer des clés, ou une voiture. Le désert s’avère être un tueur autant redoutable, car blessées et sans ressources, les pauvres héroïnes sont condamnées presque aussi rapidement qu’en étant en face de leur bourreau. Cela donne un petit côté survival bien appréciable.

Le film se base soi disant sur des faits réels. Apparemment il serait plutôt un mélange d’actes de serial killers australiens. Le début tente d’effrayer le spectateur en évoquant le fait qu’environ 10% des personnes qui disparaissent, ne sont jamais retrouvées, ni revues. La marque “inspiré de faits réels” ne touche plus, argument usé et abusé.
C’est un bon film d’horreur survival qui mérite le détour, car malgré un scénario peu original, le film est très efficace, bénéficiant d’un décor splendide et d’un suspens bien mené.

On parle d’une suite, tournage prévu en février 2012, et toujours réalisée par Greg McLean.

Bonus:

Bande annonce:

Interview des actrices Cassandra Magrath et Kestie Morassi (en anglais)