Pardonnez moi

Pardonnez-moi est le 1er film de Maiwenn, semi-autobiographique je dirais. Il est sorti en 2006 (et a bénéficié d’une ressortie en janvier 2009). C’est un drame familial tourné sous forme de reportage. Violette, enceinte, décide de s’acheter une caméra pour réaliser un reportage sur sa famille. Désirant montrer la vérité à son enfant, elle cherchera la confrontation avec sa famille, et avec elle même. Au casting on retrouve Maiwenn, Pascal Gréggory, Mélanie Thierry, Marie-France Pisier pour les principaux.

Je ne connaissais quasiment pas Maiwenn avant de voir ce film. Je l’avais vu dans Haute Tension d’Alexandre Aja en 2003, où je l’ai trouvé plutôt excellent.
Pardonnez moi débute tout de suite par une confrontation du personnage de Violette (Maiwenn) avec celui de son père, joué par Pascal Gréggory. En effet, la jeune femme imite son père dans un one woman show, et l’on sent qu’elle appréhende la réaction de celui-ci. On se dit donc que l’intrigue sera principalement sur cette relation père-fille que l’on imagine difficile.
En fait, Violette entraînera dans sa quête de la vérité toute sa famille. Violette profitera d’une nouvelle familiale fracassante, l’explosion d’un mensonge, pour filmer ce qui l’intéresse. La grossesse est un prétexte, car elle est finalement très peu évoquée; Violette n’en parle quasiment jamais.

Pardonnez moi est donc un reportage, alternant les images filmées par la caméra de Violette, et celle d’une caméra de cinéma. Je dois dire que les deux manières de filmer se ressemblent beaucoup à mon sens, à l’image du projet de Maiwenn où réalité et fiction se mélangent et se confondent.
Les acteurs ont fait, la plupart du temps, de l’improvisation, ce qui explique la spontanéité que l’on ressent vivement. C’est ce qui fait le charme du film, et son authencité à part entière. Mais il y a parfois, certaines scènes mal jouées ou qui manquent de naturel, pas toujours facile l’improvisation (je pense à la scène du gâteau).
L’un des points importants de Pardonnez moi, est la confrontation (mais toujours sous forme de jeu) de Violette avec son père, à l’aide d’une poupée la représentant. Elle met ainsi, son père face à la violence apparemment extrême avec laquelle il l’a traitait. Cette scène est magnifique et très dure. La souffrance de Maiwenn et de son personnage combinées, fait que l’actrice livre une prestation impressionnante. C’est d’ailleurs la scène que redoutait le plus Maiwenn à tourner.
Enfant battue, Maiwenn à déclaré que Violette n’est pas elle, dans la mesure où celle-ci a le courage de filmer sa famille avec ses failles, et d’affronter son père, de lui crier enfin à quel point il lui a fait mal. En plus d’un passé douloureux commun, elles ont cette personnalité franche et directe toutes les deux. L’une comme l’autre, elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, quitte à manquer de diplomatie.

Les autres comédiens sont dans l’ensemble bons, mais je mettrais une mention particulière pour Pascal Gréggory. Il ne renvoit pas du tout l’image du père violent habituel. Il est plutôt calme la plupart du temps, parle peu, mais quand il ouvre la bouche, ça fait mal et donne l’image d’un homme rustre. Il faut voir la tête de Violette quand son père lui dit qu’il s’en fout d’être grand père. Pascal Gréggory joue tout en finesse un père coupable, mais perdu et maladroit. Il ne sait pas s’exprimer (il ne dira presque rien devant le « spectacle de marionnette » de Violette), mais on devine de la brutalité, pour cacher sans doute cette maladresse.

Mis à part la violence physique endurée par Violette, c’est le fait de ne pas avoir eu d’affection avec son père qui la marque sans doute le plus. Cela se ressent quand elle défend le fait que son père a le droit d’offrir du pain, que c’est un cadeau comme un autre, quand son compagnon trouve cela bizarre. Elle le dit clairement au père biologique d’une de ses soeurs (jouée par Mélanie Thierry), étant jalouse de la relation qu’il a réussi à créer avec sa soeur. Concernant Maiwenn, je ne sais pas si elle souffre réellement de cela, ce qui est sûr c’est que quand elle a pris conscience qu’être battue par ses parents n’était pas normal, elle a commencé à souffrir.
Pourquoi ce titre? Selon moi, Pardonnez moi pourrait être prononcé par plusieurs membres de la famille de Violette. Sa mère pour avoir menti à son mari, à sa fille, son père pour l’avoir battu et ne pas lui avoir donné d’affection, ses soeurs pour ne pas avoir compris vraiment la démarche de Violette, et Violette elle même, qui en ayant besoin de faire naître la vérité, les fait tous souffrir.
Le film est touchant, tout en gardant une simplicité qui fait tout son intérêt. C’est une histoire de famille plutôt banale, mais superbement mise en scène, avec des personnages très forts, notamment celui de Maiwenn, qui s’apparente à un véritable bulldozer de sentiments et de ressentiments. Un film spontané, ça fait du bien.

Depuis, Maiwenn a réalisé Le bal des actrices (2007) et surtout Polisse (2011), qui a fait sensation au dernier festival de Cannes, et qui a bien marché dans les salles. Elle a d’ailleurs été récompensée du Grand Prix du Jury. Maiwenn est une réalisatrice à part, qui n’hésite pas à se lancer dans des projets décalés, il en manquera toujours…
Bonus:
Bande annonce Pardonnez moi:
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