Sleepers

Sleepers de Barry Levinson est sorti en 1999. Il fait parti des films qui réunissent un casting de star et de qualité: Robert DeNiro, Brad Pitt, Kevin Bacon, Dustin Hoffman, pour ceux qui sont moins connus on a Jason Patric, Minnie Driver, Billy Crudup(dont la carrière a été brisée pour avoir quitté sa femme enceinte pour Claire Danes), et l’inconnu qui le restera, Ron Eldard.
Sleepers c’est l’histoire de 4 gamins du quartier « La cuisine du diable » à New York, dont la vie va basculer après qu’une farce ait mal tournée. Envoyés en centre de redressement pendant 1 an, ils subiront d’atroces sévices de la part de certains gardiens qui les mènera à une vengeance.
Comme tous les films (ou presque), il est adapté d’un « roman autobiographique » de Lorenzo Carcaterra, du même nom. Il n’y a pas de preuves que Sleepers est tiré de faits réels, mais si c’est vrai, ça serait de toutes façons difficile, voire impossible d’admettre qu’il y ait eu (ou qu’il y a) de telles choses au sein d’une organisation judiciaire.

Sleepers de Barry Levinson

Sleepers commence par poser le décor de la « cuisine du diable », quartier misérable où règne la violence entre gens du quartier, mais qui n’acceptent pas qu’un des leurs soient malmenés de quelques façons que ce soit par une personne extérieure. Le genre de paradoxe que j’aime bien, où est la  logique?
Nous sommes à la fin des années 60. Magouilles, violences conjugales, malfrats, sont le quotidien de ces jeunes qui, malgré tout gardent une certaine innocence au milieu de tout ça. Les personnages du quartier sont stéréotypés (le gros commerçant du quartier rustre), le charismatique patron du bar mystérieux…Seul Robert DeNiro incarne un personnage plutôt inattendu, celui d’un prêtre. Ayant flirté avec le crime, le père Bobby est d’autant plus attaché aux gamins, qu’il ne leur souhaitent que le meilleur et les aide du mieux qu’il peut.
Un jour, John, Tommy, Shakes et Mike perdent le contrôle de la situation lors d’un petit vol qu’ils commettent. Ils sont condamnés à être enfermés en maison de redressement. Ils vont vivre un enfer. Viols, passages à tabac, humiliations…, cette période de leur vie les transformera à jamais. 2 d’entre eux deviendront des meurtriers, les 2 autres, réussiront leur vie professionnelle mais pas affective, et surtout semblent comme anesthésiés, ne sachant pas trop quoi faire de leur vie.
Les scènes de viols et de torturent sont suggérées mais choquantes, on ressent la détresse des garçons. L’image est floue (comme leurs souvenirs qu’ils préfèrent mettre de côté, le titre du film n’y est pas pour rien non plus), grise/bleue, qui apporter un aspect froid, implacable, sans concession (comme les bourreaux). En fond sonore, on entend des claquements secs, des cris, des pleurs, parfois des dialogues nauséabonds qui mettent mal à l’aise. Bref, comme il est souvent dit, la suggestion est parfois plus forte que les images.

Par pudeur et fierté, ils décident de garder le secret entre eux. Seulement un jour, les deux devenus malfrats, croisent un de leur tortionnaires et l’abattent. Une machination se met alors en place pour finir la vengeance qui a été commencée, à travers une procédure judiciaire suite à l’inculpation des meurtriers.
Cette machination orchestrée par Mike, tient en haleine. On a envie de savoir si et comment se passera le coup d’éclat que les 4 hommes attendent depuis longtemps. Secrets, manipulations, Shakes et Carole (une amie d’enfance des 4 amis), seront au centre du stratagème et tenteront de mettre en place les pièces du puzzle. C’est sans doute parce que l’attente grandie, que la fin du procès est finalement décevante. La révélation manque un peu d’émotion et de vivant, et le film s’essouffle. Seule la prestation de Robert DeNiro est impeccable. Face au pire dilemme qu’un prêtre peut connaître, il fonce, emporté par sa conviction de toujours.

Question classique, pourquoi défendre des tueurs? Est ce qu’on a le droit de se faire justice soi même? Pour moi la question n’est pas là. Ces hommes sont animés par le désir de vengeance (à leur façon), et c’est tout ce qui compte. Le bien ou mal, juste ou pas juste, Barry Levinson montre clairement que ce n’est pas leur problème.
De plus, Sleepers terminera sur un faux happy end, qui donnera en parti raison aux tortionnaires.

Dustin Hoffman est excellent, c’est sans doute mon personnage préféré. Avocat alcoolique qui n’est recruté que pour son incompétence, il sortira vainqueur malgré lui. Il n’y en a pas deux comme lui qui peuvent jouer le gars perdu et confus.
Jason Patric est sensible dans son interprétation, c’est le personnage qui ose s’exprimer le plus. Brad Pitt incarne celui qui restera le plus traumatisé. Son interprétation est touchante, personnage étant à la fois introverti et combatif.
On voit assez peu Kevin Bacon et Billy Crudup tout comme Minnie Driver. Le personnage de celle ci aurait d’ailleurs tellement mérité plus qu’on s’y attarde. Seule femme dans cette histoire, Minnie Driver (Carole) reste en surface et n’apporter rien d’intéressant. Elle est fade et finalement le personnage devient presque inutile.

Barry Levinson signe une réalisation simple. Il apporte une attention particulière aux scènes de tortures, mais reste lui aussi assez en distance avec les personnages du films. Pas ou peu de gros plans, les scènes dans la « cuisine du diable » sont colorées, celles du procès et de la vie en dehors sont plus froides. Deux mondes bien différents, comme le souligne Jerry, en évoquant le fait qu’une décision de justice ne vaut rien à la « cuisine du diable »…

 

Bonus:
Sleepers, la bande annonce:

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2 réflexions sur “Sleepers

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