La saga Terminator

Saga culte de la science fiction, je me devais d’évoquer les films Terminator. J’aurais aimé ne parler que des deux premiers chefs d’oeuvre réalisés par James Cameron, tellement le 3ème est mauvais mais comme il fait parti de la trilogie…Je ne parlerais pas de la nouvelle trilogie qui se prépare, centrée sur la guerre de machines, dont le 1er opus qui est sorti en juin dernier. Ce sont pour moi de nouveaux films totalement différents (et pas terrible pour l’instant en plus, même si mieux que le 3e).

Terminator de James Cameron, 1984 est le 1er film officiel du réalisateur (même s’il est crédité comme réalisateur de Piranha 2 en 1981, il a quitté la réalisation de ce film, suite à un différend avec la production, laissant la place à Ovidio G.Assonitis). Il réalise ensuite Terminator 2: le jugement dernier en 1991, film qui a marqué les esprits sans doute plus que le 1er. Les 3 films ont malheureusement tous des affiches particulièrement moches et ne sont pas du tout représentatives de l’esprit ce de ces films (si ce n’est Schwarzenegger).C’est bien dommage, car je connais des gens qui ne sont pas intéressés par la saga Terminator, parce qu’ils ont l’impression que ce sont des films d’action pop corn avec Schwarzenegger qui tire dans le tas.
Pour terminer cette filmographie, il y a Terminator 3: le soulèvement des machines de Jonathan Mostow en 2003. Autant vous le dire toute de suite, je ne m’attarderais pas sur ce navet (et encore, je suis sympa). Cette filmographie s’est mal finie.

Terminator de James Cameron

Terminator est né de l’idée de James Cameron de faire un film de science-fiction sur une guerre nucléaire entre les hommes et les machines. Mais, par manque de moyens, les producteurs n’étant prêts à mettre des millions entre les mains d’un inconnu et d’un débutant, James Cameron décida d’écrire un scénario sur l’avant guerre et les raisons de cette guerre, mélangeant présent et future. L’idée fût très astucieuse et permis d’apporter un genre nouveau dans le domaine de la science-fiction et de l’action. Arnold Schwarzeneger, qui commença à se faire connaître grâce à Conan le barbare de Milius en 1982, tenta d’endosser le rôle de Kyle, le futur père de John Connor qui vient protéger Sarah Connor. Mais James Cameron trouva plus judicieux de lui faire jouer le terminator. Il confirma l’information en précisant que Schwarzenegger n’était pas bon acteur à l’époque pour avoir un tel rôle.
Avec un budget réduit (à peine 6 millions et demi de dollars), le réalisateur créa une ambiance noire, angoissante et surtout une passionnante histoire de science-fiction. Depuis longtemps, que ça soit des livres ou des films, on parle de machines qui prennent le pouvoir sur les hommes, 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968) ou encore le roman 1984 de George Orwell, publié en 1949. La force de Terminator c’est d’évoquer le contrôle que les machines auront sur les humains, tout en restant dans le présent. On est ainsi coincé entre la fatalité et la possibilité de changer le présent et donc le future.
La guerre des machines est présentée comme un évènement inévitable, le but premier étant de protéger la mère du commandant John Connor, pour tenter de lutter, des années après, contre les machines, et plus particulièrement Skynet.

Quand on fait la connaissance du personnage de Sarah Connor (joué par Linda Hamilton et vue dans le film catastrophe Le Pic de Dante, de Roger Donaldson en 1997), c’est une gentille femme, en colocation avec une copine, bossant en tant que serveuse. Elle est plutôt soignée mais un peu niaise. Pourtant, elle se révèle très combattante quand elle commence à croire Kyle et qu’elle se retrouve face au terminator. Elle fera preuve d’efficacité et de persévérance ce que le combat final le démontrera.Le personnage de Kyle Reese est à mon sens, peu intéressant. Il a le rôle du gentil héros en fait. Je pense que le personnage aurait mérité d’être plus approfondi, Michaël Biehn reste charismatique.

Au délà du physique et du rôle du terminator (Schwarzenegger n’a que 17 phrases à dire!), c’est sa détermination diabolique et sans concession qui est très bien retranscrite. Son impression d’invulnérabilité donne des frissons.
Un passage court, qui montre que Cameron a dû adorer tourner est mémorable. C’est celui qui évoque la future guerre. L’action se situe dans un bunker. Là, en l’espace de quelques minutes, on voit l’ampleur des dégâts matériels et surtout humains de ce combat nucléaire. L’avenir est sombre au propre comme au figuré et l’espoir de survie dans ce monde paraît quasi impossible. L’endroit est sale et glauque.On voit Kyle regarder une photo de Sarah Connor, déjà amoureux, pour ensuite essayer de résister à une attaque.

Autre scène culte selon moi, c’est celle où l’on voit pour la 1ère fois à quoi ressemble le terminator sous la peau humaine. Le terminator vient de subir quelques dégâts, et commence à découper la peau de son bras, enlève son oeil. Là, le spectateur commence à comprendre ce qui attend les humains  lors de la guerre à venir, en commençant par Sarah Connor et Kyle. Ces deux derniers paraissent tout de suite bien chétifs.
Les effets spéciaux sont plutôt impressionnants pour l’époque et n’ont presque pas vieillis, (à part certaines scènes d’animation du terminator finissant en ferraille).

Il y a un sentiment d’oppression quasi tout le film. En effet, la 1ère fois que le terminator trouve Sarah Connor, c’est dans une boîte de nuit, un endroit fermé, avec plein de monde. La marge de manoeuvre est donc limitée. La scène dans le commissariat de police renvoit au même problème. Sarah Connor est coincée dans une pièce, pendant que le terminator la cherche en tuant un par un les policiers qui tentent vainement de le contrer. Enfin, la scène finale dans une usine où, il n’y a que peu d’issues,où Sarah Connor se retrouve coincée entre deux plaques, provoque un sentiment d’étouffement.

J’aime beaucoup les films mélangeant présent et futur, cette sorte de seconde chance qui est donné aux protagonistes de changer le cours de la vie. Je crois qu’on a tous rêvé de ça un jour, et en l’occurrence, le but n’est pas d’éviter le pire, mais de faire en sorte d’avoir un allié résistant aux machines. Cela reste pessimiste comme vision des choses!

James Cameron réussi un film de science-fiction (sans gros effets spéciaux) haletant, tout en créant une histoire passionnante sur le rôle des hommes et des machines, et la conséquence de certains actes. Bien sûr, tout cela sera développé dans la suite, qui est encore plus efficace à tout points de vue.

A noter, la présence de Lance Henriksen, qui sera au générique d’Aliens, toujours de James Cameron (lire l’article)
Bonus:

Bande annonce de Terminator:


Terminator 2 de James Cameron

Terminator 2: le jugement dernier, est un des films de science-fiction/action le plus réussi. Après l’énorme succès de Terminator, qui dépassera toutes les attentes, James Cameron a les moyens de réaliser le film de ses rêves. Avec le budget le plus cher de l’histoire du cinéma à l’époque (120 millions de dollars, performance qu’il battra avec Titanic en 1998: plus de 200 millions $, puis ensuite avec Avatar, 387 millions $), ses équipes peuvent concevoir les effets spéciaux du T-1000 (terminator en métal liquide). Pour cela, ils utilisent des techniques révolutionnaires à l’époque comme le morphing, qui comme son nom l’indique s’inspire réellement de la morphologie des acteurs, en l’occurrence celle de Robert Patrick pour Terminator 2.
Celui-ci, que l’on a pu voir récemment dans Walk the line de James Mangold en 2006, est inconnu à l’époque et l’est toujours quasi aujourd’hui en fait.

Ce modèle de terminator, est beaucoup plus efficace que le T-800 (présent dans le 1, et venant à la rescousse de John Connor enfant dans cet épisode); il peut prendre la forme de divers objets, prendre l’apparence d’une personne qu’il vient de tuer, prendre la voix également, et se faufiler partout en se transformant en métal liquide. Autant d’idées de génie, et originales pour l’époque, qui ont été un véritable défi pour les équipes techniques. Ce T-1000, en plus d’être un ennemi beaucoup plus redoutable que le T-800, se présente comme un terminator totalement différent. Il peut être agréable, souriant, poli et a la bonne idée de prendre l’identité d’un flic pour que tout lui soit plus facile. C’est surtout cet aspect lisse qui fait de lui un ennemi difficile à combattre. Robert Patrick livre une interprétation juste, pas exagérée, qui rend si dangereux le T-1000.
Le T-800 est de retour, cette fois pour protéger John Connor. Si celui-ci, d’abord séparé de sa mère lui fait rapidement confiance, Sarah, est d’abord confuse et refuse de lui faire vraiment confiance. Et là aussi, je trouve que Cameron a eu une idée géniale d’insérer l’ennemi précédant, en ami indispensable à la survie des Connor. En effet, John Connor, pendant la guerre nucléaire, peut programmer un terminator pour le renvoyer dans le passé. Après tout, pourquoi ne pas utiliser l’ennemi, s’il peut vous servir? Nos ennemis ne sont pas toujours ceux qu’on croit.
Le T-800 dans ce film, est en fait identique à celui du 1er terminator, il a simplement changé de cible. Une différence existe tout de même, car étant avec des humains et notamment un jeune garçon de 12 ans, des scènes plutôt drôles viennent apporter une autre dimension à ce film. Les fameux « hasta la vista baby » ou encore « reste cool, sac à merde », énoncés par une voix robotique sont extras.

Le personnage de Sarah Connor est à peine reconnaissable dans cet épisode. Internée en psychatrie (oui c’est quand même assez dur de rester crédible quand on crie au jugement dernier et qu’on prédit une guerre contre les machines), elle s’entraîne et fait de la musculation intensive pour être prête à combattre. Physiquement, l’actrice Linda Hamilton s’est totalement métamorphosée, et s’est durement entraînée à manier les armes. Son personnage est ainsi une véritable guerrière, contrairement à la Sarah Connor du 1er Terminator. Elle réussit même à s’échapper quasiment toute seule de l’asile pourtant totalement sécurisé. Elle reste tout de même mentalement un peu dérangée, marquée par la mort de son amoureux (et à mon avis par son destin lourd à porter), de cette guerre des machines, obsédée par le fait de protéger son fils, elle paraît un peu décalée, dans un autre monde.

Le film révèle Edward Furlong (American History X de Tony Kaye en 1999), à l’époque 13 ans, qui est arrivé sur le film un peu par hasard. John Connor est un garçon rebelle, n’aimant pas ses parents adoptifs (qui le lui rendent bien), en voulant d’abord à sa mère de soi-disant raconter des mensonges, puis s’attachant ensuite à elle. Il a besoin d’affection, qu’il trouve surtout auprès du T-800, car aussi paradoxal soit-il, il a une relation plus humaine avec John que sa propre mère. Ses démons passés ne cessant de la hanter, ils la privent de créer une relation avec son fils, qu’elle considère « uniquement » comme le sauveur des hommes.

La scène apocalyptique où Sarah finit brûlée est particulièrement saisissante. Les enfants jouant dans un parc avec une Sarah Connor en mère douce et coquette, représente la partie la plus innocente et pure de notre monde, qui sera anéanti en l’espace de quelques minutes, sans concessions, sans remords. Cette scène effrayante, fait référence à notamment au Jour d’après (pas le navet de Roland Emmerich de 2006) de Nicolas Meyer, téléfilm datant de 1983. C’est une excellente réalisation qui montre une guerre nucléaire et ses dégâts divers sur le monde et ses habitants. Il y a une scène du même type, et l’on voit la suite de cette attaque et ses conséquences.

Ce film développe un aspect très intéressant, celui de pouvoir changer le destin, pourtant si ancré. En ayant des informations grâce au T-800 sur Dyson (qui sera à l’origine de Skynet), elle décide de le tuer. Le terminator et John l’ayant empêchée, ils décident de détruire (avec l’accord de Dyson) tout son travail, pour ainsi changer le futur. Dyson, qui au départ s’est étonné qu’on lui reproche des faits qu’il n’a pas encore commis, se défendant sur le fait qu’il ne pouvait pas savoir. Sarah Connor le remet à sa place en lui disant que des hommes comme lui ont crée des bombes et toutes sortes d’armes. La notion de fatalité est encore évoquée ici, finalement, ces hommes devraient savoir que leurs création peuvent mener un jour à la destruction totale de l’humanité.
Une fois dans les bureaux, on assiste à une scène d’action mémorable, entre le T-800 et les policiers, à travers des vitres, au milieu de fumigènes.
Il est intéressant de noter que Dyson a basé tout son travail sur le bras du terminator du 1er film (reste du terminator que Sarah Connor a écrasé.) En fait, si le terminator n’avait pas été renvoyé dans le temps pour sauver Sarah Connor, il n’y aurait pas eu Skynet, donc pas de guerre. Dans ces cas là, John Connor n’aurait pas existé, car son père n’aurait pas été renvoyé dans le temps pour protéger Sarah et concevoir avec elle John. Il y a un cycle et quelque part une boucle temporelle intriguante.
Dans la logique des choses, le T-800, protecteur de John, n’oublies pas de préciser que lui aussi doit être détruit, pour éviter la guerre.
Il est évoqué le côté humain des machines, quand Sarah Connor dit que le T-800 serait le meilleur père pour John notamment. C’est une notion que je trouve assez niaise et sans intérêt en fait (elle d’ailleurs bien marqué dans le Terminator sorti dernièrement).
Emotions, originalité, action…Terminator 2 peut se vanter d’en réunir des qualités.
Le film a réalisé le double d’entrées en France, par rapport à son prédécesseur (plus de 6 millions d’entrées), un beau carton.

Bonus:

  • Bande annonce de Terminator 2:
  • James Cameron a réalisé un court métrage Terminator 2 en 3D, c’était plutôt une opération commerciale pour un cinéma je crois, mais ça a permis de tester la 3D pour Cameron. Le résultat n’est pas fameux. On se croirait dans un mauvais jeu vidéo. Jugez par vous même:
    Court métrage Terminator 2 en 3D
  • Voici une scène coupée de Terminator 2. Cette scène a finalement été enlevée car elle apportait trop un ton humoristique au Terminator. Je la trouve bien fun:
    Scène coupée Terminator 2

Passons au navet (Terminator 3: le soulèvement des machines) de Jonathan Mostow. Un vrai gâchis, pour moi il perd toute la saveur, le charme de la saga commencée. Cela se sent tout de suite que Cameron n’est plus aux commandes. C’est plat, les actions s’enchaînent sans intérêt, aucun personnage n’est intéressant (le terminator femme bombe sexuelle est ridicule), les acteurs niais. Plus aucune réfléxion sur le passé, la fatalité ou autre…Bref une cata quoi. Arnold Schwarzenegger ne sauve rien. De toute façon, la grande qualité des terminators réside dans sa réalisation, son scénario (et Linda Hamilton quand même) et là rien de tout ça n’existe, donc c’est vite fait.

Je vous soulage de vous mettre la bande annonce…

Publicités

3 réflexions sur “La saga Terminator

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s