A l’intérieur

Après mon article sur le cinéma de genre en France, en voici un sur le film d’Alexandre Bustillo et Julien Maury, A l’intérieur, sorti en 2007. J’ai remarqué que beaucoup d’amateurs du genre n’aimaient pas ce film. Il fait parti de mes préférés. Alysson Paradis et Béatrice Dalle tiennent les rôles principaux du film.

A l’intérieur a été présenté au 60e festival de Cannes 2007, pour la Semaine de la Critique. Le film a bien évidemment secoué l’assemblée, il paraîtrait même que Clothilde Courau, jury à l’époque aurait quitté la salle au bout de 30 min de film (rappelez vous, elle a joué dans le mauvais Promenous nous dans les bois de Lionel Delplanque, 1998). Il a aussi été présenté au festival fantastique de Bruxelles, le BIFF. Je ferais d’ailleurs prochainement un article sur ce festival.

Le synopsis d ‘A l’intérieur est bien barré politiquement peu correct. Une femme (Alysson Paradis)prête à accoucher, passe une dernière nuit chez elle. Une autre femme (Béatrice Dalle) pas très sympathique pénètre chez elle pour lui ouvrir le ventre afin de lui prendre son bébé. Autant le scénario est plutôt intriguant, autant l’explication du pourquoi ne l’est pas du tout. Mais ce n’est pas l’important.

Sarah ayant perdu son amoureux dans un terrible accident de voiture, est plutôt amorphe, déconnectée, presque sans vie.
Son accouchement programmé le lendemain, elle rentre chez elle. Et là, une femme semble vouloir entrer en contact avec elle,  finit par réussir à rentrer dans la maison de Sarah. Très vite, celle-ci pourra se rendre compte que la mystérieuse femme en noir en voudra à son ventre.
Bon évidemment, il ne vaut mieux pas regarder ce film enceinte, parce que même quand on l’est pas, y a des choses qui font mal, très mal. Et évidemment, je l’ai aussi regardé quand j’étais enceinte (barrée moi?). Et bien je vous dirais même que ça perd un peu de son réalisme, car pour une femme à terme, Sarah se déplace plutôt aisément! (Ou alors c’est moi qui était vraiment trop baleine).
Bref, le point agréable du film, c’est que l’action commence assez vite, alors qu’on a eu le temps de connaître un peu le personnage de Sarah, à travers ses relations avec son entourage et les flash back particulièrement durs. On comprend que Sarah est déjà dans une profonde détresse et que peu de choses peuvent réellement l’atteindre dorénavant.

On a beaucoup dit qu’à l’intérieur était très gore, alors c’est sûr il y a beacoup de sang et certaines scènes titillent mais de là à dire que c’est insoutenable, il ne faut pas exagérer.
J’aime beaucoup aussi le fait que cela soit un affrontement entre femmes (le film de genre reste relativement macho) et le choix des actrices est excellent. Béatrice Dalle connue pour ses choix artistiques audacieux (je pense au film cannibalisme Trouble Every Day de Claire Denis en 2001, est aussi connue pour être quelqu’un de trash et la retrouver dans un tel rôle n’est pas étonnant. Cela lui va comme un gant. Alysson Paradis, soeur de Vanessa, est plus une surprise. Elle avait déjà tourné, mais dans peu de films, et surtout passés inaperçus. C’est donc un sacré défi de tenir le rôle principal d’un tel film, qui, on le sait, sont des tournages assez compliqués (effets spéciaux, faux sang, cascades…). Elle est tout simplement sublime dans le film. Elle a une plastique particulière, c’est une femme très belle et plein de charisme je trouve et elle joue à merveille la victime, qui se transforme en guerrière, prête à tout pour défendre son enfant (qui est la raison d’être du film mais qui reste abstrait finalement.)
On reproche souvent au film les incohérences. Evidemment il y en a, surtout à la fin (notamment la trachéotomie, le scotch dans la cuisine). Certains trouvent des scènes comiques (quand Sarah fabrique son arme qui d’ailleurs ne lui servira pas à grand chose). Mais moi pas. Enfin je ne suis pas là pour imaginer commence cela peut se passer dans la réalité. J’ai envie d’être surprise, d’avoir peur et d’être emportée par un ambiance particulière. Cela a été le cas, le film est pour moi une réussite.
Bon après je vous l’accorde, y a des interrogations ou des WTF comme on dit. C’est notamment le cas de la scène où le flic vire à une sorte de zombie, s’en prenant à Sarah…mouais je vois pas trop le sens ni l’intérêt de cette scène, les réalisateurs l’expliquent en disant qu’ils voulaient s’éclater tout simplement. Pourquoi pas.
En tout cas, on ne s’ennuie pas, l’action s’enchaîne, et la maison est le seul théâtre des horreurs. En un seul et unique lieu, les réalisateurs arrivent à créer une tension permanente, devant laquelle il est impossible de s’ennuyer. Les nouveaux personnages et situations créent des rebondissements qui amène le film vers une barbarie et une noirceur de plus en plus grande.

La photographie est plutôt belle, ambiance rouge et noir. La réalisation reste simple mais efficace. Elle apporte un certain réalisme, sans trop d’effets. En même temps, Alexandre Bustillo et Julien Maury n’ont eu qu’une caméra à disposition pour tourner. On fait avec les moyens du bord, mais ils ont réussi à faire du bon boulot.

Les réalisateurs étaient supposés réaliser le remake d’Hellraiser, puis la suite du remake d’Halloween, finalement réalisé de nouveau par Rob Zombie. Ils ont des tas de propositions des producteurs américains Weinstein, qui ont acheté le film, mais ils souhaiteraient rester en France pour faire vivre le genre. C’est tout à leur honneur, alors on attend le prochain!

Bonus:

Bande annonce d’A l’intérieur:

Coulisses du tournage:

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