La traque

La traque est le 1er long métrage d’Antoine Blossier sorti en 2011. Pour un 1er film (et qui plus est un film de genre), Antoine Blossier a réussi à réunir des stars comme Bérénice Béjo (qui certes a un petit rôle), Grégoire Colin et François Levantal. Le film raconte l’histoire de 4 hommes partant à la chasse aux sangliers, après la découverte de la mort mystérieuse de cadavres de cerfs. Et évidemment, la chasse deviendra vite une véritable lutte pour survivre.

d'Antoine Bloissier

La 1ère fois que j’ai entendu parler de la traque j’étais au Québec. Pour me tenir au courant plus facilement de l’actu des films de genre, j’achetais de temps en temps un Mad Movies. Je devrais le faire plus souvent d’ailleurs, c’est tellement plus agréable que de parcourir un site web. Bref, toujours est il que je tombe sur une interview d’Antoine Blossier à propos du film. Un film de genre français, ça reste assez rare, le synopsis me tente bien alors je me renseigne à droite à gauche sur le film, appelé « Proie » au Québec (le visuel du dvd canadien est particulièrement moche et caricatural par contre).

Et enfin je regarde la traque. Au départ ça commence comme un film d’horreur français, des personnages paumés au milieu de la campagne (Frontières de Xavier Gens, La Meute de Franck Richard, Calvaire de Fabrice Du Welz, Haute Tension d’Alexandre Aja…), mais finalement ça ne sera pas ça qui ressort. La campagne et la forêt sert vraiment de décor pour l’action et n’est pas un personnage limite à part entière comme dans les précédents films.
On cerne très vite les caractéristiques des personnages (le père bougon campagnard, le fils rustre campagnard, l’autre fils qui est différent de son frère car business man, et la fille de ce dernier dominée par son père). Au milieu de tout ça, nous avons le héros, amoureux de la fille de la famille (jouée par Bérénice Béjo), qui se fait charrier car pas vraiment passionné par la chasse. Mais, pour affronter son beau père, il va suivre les 3 hommes pour tenter de chasser la bête qui serait responsable de la mort suspecte de cerfs…

L’avantage c’est que l’action, ou du moins, l’intrigue démarre rapidement et ça fait plaisir. L’inconvénient c’est que les personnages manquent cruellement de saveur et de profondeur. Ils sont caricaturaux au possible (et du coup on se doute bien que le l’amoureux craintif va devenir le guerrier courageux).
Ce qui prime dans le film, c’est l’action et la tension qui monte petit à petit et qui est vraiment bien amenée. On passe de la chasse « sympathique » de sanglier à une lutte sans merci contre des monstres victimes de pollution. J’avais beaucoup entendu dire que pour des questions de budget, les sangliers n’apparaissaient pas trop à l’écran, du coup je m’attendais à ne voir quasiment rien et ça n’a pas été le cas . Au contraire, j’ai trouvé que c’était un bon juste milieu. Certes, on ne voit jamais entièrement les animaux furieux, mais on en aperçoit suffisamment leurs têtes pour imaginer l’horreur que c’est de les affronter. Je pense qu’en montrer plus n’aurait pas forcément plus bénéfique au film.
Le spectateur (enfin en l’occurrence moi), est bien plongée dans cette lutte, qui malgré quelques incohérences, est bien rythmée. Le problème par contre c’est que plus spécifiquement vers la dernière partie du film, le film manque de visibilité et on a du mal à suivre les mouvements des personnages et leurs actions.
Un petit rebondissement sympathique pour le final qui ne tire pas trop en longueur mais qui se finit sans surprises.

La traque est esthétiquement très agréable à regarder, on ne remarque pas le manque de budget. Véritable prouesse à mon sens, quand on sait que les films de genre français ont rarement plus de 1,5 millions d’euros de budget. La chasse m’a fait penser à une course dans Apocalypto de Mel Gibson, c’est pour dire. D’une forêt française sympathique, on passe à un champs de bataille noir (parfois trop noir sans doute) et rouge.

Loin de révolutionner le genre, la traque se place honorablement dans les films de genre français tout à fait réussis, cette nouvelle vague qui manque de moyens et de visibilité qui doit à la fois combattre l’hostilité de la profession, et le rejet régulier des fans de films de genre (voir mon article)…La traque mérite en tout cas de se faire connaître à l’occasion de sa sortie en DVD. Comme tous les films de genre, il a connu un échec cuisant en salle, mais a été présenté à plusieurs festivals fantastiques, comme celui de Bruxelles, le BIFF. Il a également été selectionné hors compétition au festival fantastique de Geradmer en 2011. Beau parcours déjà…

Bonus:

Bande annonce:

Interview du réalisateur, Antoine Blossier:

Présentation de la traque à Geradmer:

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