Festival Filmer le Travail 2012

Le 3 février 2012 a démarré le Festival Filmer le Travail à Poitiers, il se clôtura le 12 février prochain. Comme son nom l’indique, Filmer le Travail présente des films et des documentaires exclusivement sur le monde du travail et les questions qui s’y rapportent. Afin de mieux connaître ce jeune festival qui fête sa 3ème édition, je vous propose une interview de Jean Paul Géhin, le président de Filmer le travail et de Jacques Reboud, réalisateur du documentaire Post Mortem, présenté en compétition internationale.

3ème édition

Interview de Jean Paul Géhin:

Vous êtes sociologue et professeur. Comment vous êtes vous retrouvés président d’un festival de cinéma.

Je suis enseignant chercheur en sociologie à l’Université de Poitiers. Mes travaux de recherche portent sur le travail tandis que mes enseignements se concentrent sur la formation de réalisateurs de documentaires. Filmer le travail c’est réunir ces deux éléments.

Comment est née l’idée du festival Filmer le travail? Quel est son but?

En fait, filmer le travail repose sur un constat collectif : le travail évolue très vite et de manière peu visible ; il est donc important de dynamiser un débat citoyen sur cette question et pour ce faire de mobiliser les acquis de sciences sociales et surtout de convier les pratiques artistiques et culturelles, en particulier le cinéma, qui nous fournissent un point de vue singulier et stimulant sur cette question.

Le festival « Filmer le travail » est organisé par l’association Filmer le travail, à l’initiative de l’Université de Poitiers, l’Espace Mendès France de Poitiers et l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT Poitou-Charentes), en collaboration avec la Région Poitou-Charentes et la Ville de Poitiers.

Quelles ont été les étapes de création du festival ?

Au début, à partir de juin 2008, nous avons proposé des séances de cinéma accompagnées de débats ouverts, ceux-ci lancés par des intervenants en cinéma ainsi que des professionnels du monde du travail. Nous avons aussi organisé des conférences suivies de films et de débats. Le but était d’ouvrir une réflexion accessible à tout le monde, par le biais du cinéma professionnel et amateur.

Devant le succès de cette démarche et l’intérêt qu’elle a suscité tant au niveau régional que national, a germé l’idée d’un festival rassemblant un colloque scientifique, une compétition internationale de cinéma sur le travail, un concours de scénarios, des expositions et de nombreux débats. Très rapidement, la Région Poitou-Charentes et la Mairie de Poitiers ont adhéré à ce projet ; néanmoins, c’est avant tout l’attente du public qui a poussé le festival à devenir un réel espace de rencontres cinématographiques et de débats citoyens.

Le festival n’en est qu’à sa 3ème édition et propose une grande variété de films, notamment de nationalités. Comment se fait la sélection des films?

L’appel à film connaît un grand succès et nous recevons entre 150 et 200 films récents chaque année, majoritairement des documentaires, originaires de nombreux pays. Le comité de sélection est réduit, 3 à 4 personnes ; la sélection des films est le résultat des échanges et des confrontations entre professionnels du cinéma et professionnels du travail.

Comment s’organise la composition et la sélection du jury?

Nous avons en fait deux jurys ; un jury d’amateurs composé d’habitant de l’agglomération de Poitiers remet le prix du public ; un jury de professionnels, composé de personnalités nationales venant de divers horizons : producteurs, réalisateurs, étudiant et critique en cinéma mais aussi spécialistes du travail, chercheurs, partenaires sociaux ; c’est une originalité de filmer le travail. Ce jury de professionnels remet trois prix : le grand prix, celui du film scientifique et celui du film sur le travail.

 Plusieurs rencontres ont lieu (« écrire le travail », « cinéma et conditions de travail »…) Quels sont leur but? Comment se passe l’animation de ces rencontres?

Des journées sont organisées pour explorer en détails des thématiques précises, telles que :  » écrire le travail  » qui permet cette année, une réflexion autour de l’écriture comme moyen d’expression sur travail, avec des tables rondes, des conférences et une exposition à la Médiathèque de Poitiers.

« Cinéma et conditions de travail  » est une nouvelle section du festival, proposée en partenariat avec le réseau ANACT ARACT, l’Ina et les écrans du social. Là encore en croisant systématiquement conférences de spécialistes, images animées (archives, documentaires, fictions) et débats avec les acteurs du monde du travail, il s’agit d’éclairer une question d’actualité, cette année, les inégalités hommes femmes face au travail.

Combien attendez vous de festivaliers pour cette édition? Le public a t il accès facilement à tous les films en compétition?

Cette année, nous espérons accueillir environ 8000 personnes pour Filmer Le Travail : 6000 festivaliers et 2000 personnes pour le reste des activités proposées sur l’année.

Les séances sont faciles d’accès, pour la plupart, les films présentés à la médiathèque sont gratuits et les autres séances sont à 5 Euros. Le pass festival est à 25 euros et à 20 euros pour les étudiants, adhérents et les chômeurs.

 Quelles sont les plus grosses contraintes à gérer? Les plus grosses difficultés à surmonter?

Comme dans tous les festivals les soucis financiers rentrent en compte ainsi que la question de la sûreté d’un parrainage financier.

Il est parfois difficile de préparer efficacement les débats et pour cela, trouver les animateurs qui correspondent aux thèmes des débats prévus.

La difficulté est aussi de faire venir les réalisateurs les plus connus.

Quels films vous ont le plus marqué depuis la création du festival? Quels films retiennent votre attention pour cette édition?

Pour le meilleur et pour l’oignon ! de Sani Elhadj Magori a gagné la première année le grand prix pour son premier festival. Ce fût deux belles découvertes, celle d’un réalisateur émergent et celle d’un film qui a bien plu par la suite.

Aussi, il y a eu les films amateurs primés au concours Filme ton travail ! de l’année dernière, qui ont ensuite été présentés dans de nombreux manifestations ou festivals nationaux et donc ont connu une carrière étonnante pour des films d’amateur.

Je pense aussi à des films que nous avons beaucoup accompagnés comme Cheminots ou Merceron SCOP SA.

Comment voyez vous l’évolution du festival?

Que l’évolution du travail soit de plus en plus mise en lumière par le cinéma documentaire et de fiction, en France et à l’étranger. Que de plus en plus le public français soit en attente d’un cinéma de qualité, qui lui permette une réflexion et un échange renouvelé sur des questions sociales du travail comme celle du devenir du travail.

Et bien sur, que le festival filmer le travail fonctionne de mieux en mieux au fur et à mesure des années.

 Un dernier mot pour donner envie au public de venir au festival?

L’équipe du festival vous invite à échanger, à voir des films, à vous ouvrir à différentes formes d’expression créatrice : l’exposition et les rencontres autour de la thématique Écrire le travail seront par exemple l’occasion de rencontrer plusieurs écrivains, chercheurs et scénaristes.

L’équipe de Filmer le travail vous invite à venir échanger, partager, pour le plaisir, la découverte et le débat citoyen!

Interview de Jacques Reboud:

 

Parlez moi de Post Mortem. Comment est né le projet?

En voiture, en écoutant une émission à la radio sur un groupe de gens effectuant une formation aux métiers du funéraire

Qu’évoque pour vous le mot post mortem?

Ça sonne un peu comme post scriptum,  poste restante aussi… Ça veut dire Après la mort

Post Mortem est votre 3ème réalisation. Quelles ont été les plus grosses difficultés? Et les plus grandes satisfactions?

La plus grosse difficulté a été de trouver un financement suffisant pour entamer le tournage. Les plus grandes satisfactions ça a été les rencontres que j’ai faites . Aussi le travail avec ma monteuse, Catherine Rascon.

Qu’est ce qui vous a attiré dans la réalisation d’un documentaire? Pourquoi ne pas avoir tourné une fiction?

Je travaille depuis longtemps dans la fiction mais j’aime par dessus tout le documentaire. Je n’aime pas intervenir dans un lieu ou une situation. J’aime prendre les choses comme elles se présentent.

Post Mortem sera-t-il diffusé dans d’autres festivals? 

Pour l’instant Post mortem n’a été choisi dans aucun autre festival que Filmer le travail. Je termine une version sous-titrée en anglais pour l’envoyer à l’étranger, voir si l’accueil est différent…

 Votre film préféré?

Le cameraman de Buster Keaton, Adieu Philippine de Rozier, Au delà s’en vont les nuages de Kaurismaki, Johnny Guitar…

Quel est votre prochain projet?

Je prépare un tournage dans une crèche et un autre sur le quotidien d’une famille « rom » roumaine qui essaie de s’installer en France.

J’aimerai aussi tourner à nouveau en Corse.

 

 

 

Pas moins de 17 films sont en compétition; monde ouvriers, pompes funèbres, éducation…plusieurs thèmes sont abordés. Les questions soulevées par les films et les débats sont d’on ne peut plus d’actualité et permettent d’avoir une vision assez globale du monde du travail, dans la mesure où des films de différentes nationalités sont présentés.

Pour plus d’informations: Festival Filmer le Travail

Bonus:

Bande annonce de la 3ème édition de Filmer le Travail:

Reportage sur l’édition 2011:

Publicités

Une réflexion sur “Festival Filmer le Travail 2012

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s