Deux jours à tuer

A l’heure où les membres du jury du festival de Cannes ont remis le palmarès (peu transcendant), à J-3 de la sortie de Prometheus de Ridley Scott (oui rien à voir mais j’avais envie de le dire), je propose un petit zoom sur un petit film, qui s’avère grand.
Deux jours à tuer raconte l’histoire d’Antoine, publicitaire, qui sur un coup de tête, quitte son boulot, envoie balader femme, enfants, amis et part retrouver son père installé en Irlande. Le film a été réalisé par Jean Becker (L’Eté meurtrier, 1983), en 2008. Dans les rôles principaux, le déjanté Albert Dupontel et la québécoise Marie Josée Croze. C’est une adaptation du roman du même nom de François d’Epenoux.

de Jean Becker

Le sujet à la base n’est pas très original, un homme a qui a en apparence tout pour être heureux (super boulot, argent, femme, enfants, amis) pète un cable et se met donc dans une situation compliquée. Le titre du film est vraiment trompeur, on a l’impression d’avoir affaire à un film policier ou un thriller.

Toujours est il que la force de Deux jours à tuer résulte dans l’interprétation des acteurs et les dialogues.  Albert Dupontel est absolument génial, déstabilisant, mystérieux. Les quelques répliques cinglantes sont excellentes, à la fois dures et drôles (la scène du dîner est mémorable). On est entre deux sentiments, on a envie de rire et en même temps c’est parfois tellement dur que ça en devient gênant.
Marie-Josée Croze fait bien passer l’incompréhension de cette femme qui ne reconnaît plus son mari, et qui refuse de croire à son hostilité soudaine. Quant à Pierre Vaneck, il est particulièrement touchant dans le rôle de ce père un peu ours, qui se cache sous une carapace mais qui, est bien sensible.

La 2ème partie du film se passe en Irlande. Antoine retrouve son père, dont il n’est plus proche, certaines histoires familiales les ayant éloignés. Le père vit reclus dans la campagne irlandaise et accueille du mieux qu’il peut avec surprise, son fils.
Jusque là Antoine était déterminé dans sa volonté d’éclater au grand jour, là avec son père c’est différent. Il attend de ce voyage, une aide pour finaliser sa démarche. Coincé entre l’envie de retrouve son père et sa rancœur, la démarche est difficile.
Évidemment, Antoine a une raison particulière de se comporter comme ça, et c’est dommage quelque part d’avoir attendu d’être dans une telle situation pour laisser éclater ses envies et sa spontanéité. Mais son attitude traduit en fait l’une des déclarations d’amour les plus fortes que j’ai jamais vue, notamment au cinéma.

Au delà du message cliché de l’argent ne fait pas le bonheur, Deux jours à tuer met en lumière le fait que c’est difficile d’être soi même dans notre société, et d’être amené à se rencontrer soi même car on doit mettre de l’énergie pour évoluer et s’insérer dans la vie.
Le film est juste, touchant, simple et du coup on suit assidûment le cheminement d’Antoine, jusqu’à la révélation finale.

Le film a réalisé plus d’un million d’entrées en France, ce qui est un excellent score, dont on a pas entendu parler.

A noter qu’Albert Dupontel joue dans un film dont la thématique est similaire, mais qui m’a l’air grandement moins fin et plus axé sur la comédie, Le grand soir de Benoit Délépine et Gustave Kervern (2012), qui sort le 6 juin.

Bonus:

Petit aperçu de la scène du dîner:

Deux jours à tuer, la scène du dîner

Et rien à voir avec Deux jours à tuer, mais c’est jouissif

Interview de Jean Becker:

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Voilà un film que j’ai raté! Ta critique donne envie de le voir, je le note.

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