Dog pound

Dog Pound (2010) de Kim Chapiron, fait maintenant parti des mes films préférés. Le genre de film où des images vous restent en tête, et que dès que vous y pensez, des sentiments remontent. Dog pound, c’est l’histoire de 4 adolescents, délinquants, qui se retrouvent en centre de détention pour mineurs. On suit le quotidien de ces jeunes, et comment tout peut vite basculer…Au casting, le film ne réunit que des acteurs non professionnels, Adam Butcher (bluffant) dans le rôle titre, Shane Kippel, Mateo Morales, Taylor Poulin… Le film est américain, bien que réalisé par un français.

de Kim Chapiron

Ca commençait mal pour que je me passionne pour Dog pound, dans la mesure où je n’ai pas aimé Sheitan (2005) le précédent film de Kim Chapiron. Film déjanté, barré, fouilli, l’ambiance ne m’a pas plu du tout. La bande annonce de Dog pound présageait un film radicalement différent, avec un personnage fort.

Après une présentation rapide des personnages et de leurs délits, le spectateur est tout de suite plongé dans le vif du sujet. Règles, codes,on apprend ainsi que la couleur des vêtements que les délinquants porte correspond à leurs actes, bons ou mauvais. Mais évidemment, entre ce que l’autorité croit et ce qui se passe vraiment, il y a un décalage, voire un gouffre.

Butch, placé pour avoir agressé un agent, entre dans la fourrière telle une bête sauvage, reclu. Sa violence et sa haine est visible sur son visage, mais malgré les diverses attaques dont il fait l’objet, il restera calme, bouillonnant de l’intérieur. Tel une bombe à retardement. On sait qu’il va exploser mais quand et comment…Et d’un coup, la pression lâche, la colère s’exprime. Les images sont radicales, le règlement de compte est brutal et sans concession. Cette scène d’explosion est profondément marquante, j’ai rarement ressenti au cinéma, une telle haine chez un personnage, une telle folie. Kim Chapiron filme son personnage avec aplomb, le spectateur suit et ressent la détermination sans faille de Butch.
De là, des réactions en chaîne déstabiliseront la vie du centre de détention et leurs gardiens. La violence et la perversion augmentera jusqu’à un point de non retour.
Tout est une question de pouvoir, de savoir qui sera capable de prendre ou de perdre la main. Ces agissements se font dans le dos des gardiens, qui savent ce qui se passe mais qui n’ont pas de preuves.

Dog pound est très bien rythmé. On alterne les scènes plus légères, des discussions entre adolescents comme les autres, avec des scènes dures, violentes par les actes et les intentions.
Le film est tourné un peu comme un documentaire qui appuie forcément l’aspect réel du film. Kim Chapiron a visité pendant 1 an des centres de détention pour mineurs afin de créer celui du film. Il a été aux côtés de délinquants juvéniles et les jeunes acteurs du film sont pour la plupart de rééls délinquants ( Adam Butcher a d’ailleurs été arrêté deux fois au cours du tournage, pour le plus grand bonheur de l’équipe de tournage, Chapiron devant se presser chez le juge pour le supplir de laisser sortir Adam Butcher).

Une fois n’est pas coutume, la faiblesse des autorités est clairement mise en avant. Cela se remarque dès le début du film quand l’un des gardiens se fait remonter les bretelles par un supérieur, devant les adolescents, car il est en retard. Cela paraît anodin, mais cela montre déjà qu’il y a un malaise. Et finalement, en se comportant comme ceux qu’il doit encadrer, le gardien commet l’irréparable. De là conduira à une incompréhension qui laissera place à un final excellent.
Le dernier quart d’heure de Dog pound doit être ce qu’il y a de meilleur. Une révolte qui commence à se faire dans le calme (comme Butch au début) et qui finira en explosion de violence. Et pour contrôler la violence, rien de mieux…que la violence.

Cette scène finale est poignante, d’abord parce qu’on comprend malgré tout, ces jeunes qui sont complètement perdus. Ils ne comprennent pas ce qu’il leur arrive et, ont perdu encore plus leurs repères face à ces adultes sensés les encadrer, qui ont eux même perdu pied. On voit la détresse dans les deux camps. Une partie ne sait plus quoi faire pour s’en sortir, l’autre se demande si elle arrivera à contenir cette colère. Et ensuite, quoi faire pour reconstuire?

(Je vous parlerai pas de LA scène que je n’ai pas aimé… directement sortie de Sheitan…sans aucun intérêt, arrivant comme un cheveu sur la soupe…Je vous laisse deviner.)

Dog pound c’est une grande bouffée d’air frais, qui ne révolutionne pas le genre, mais se contente de poser un regard simple et efficace sur les mineurs en détention, créant ainsi l’émotion et donnant une envie de rebellion. C’est l’important non?

Bonus:

Interview Kim Chapiron:

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5 réflexions sur “Dog pound

  1. La scène que tu n’as pas aimé : le mec qui raconte son rêve érotique ?
    J’ai eu la chance de rencontrer Kim Chapiron il y a quelques semaines. Il m’a parlé de son projet mais j’ai oublié de lui demander ce que devenait Adam Butcher, que j’ai également adoré !

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