Martha Marcy May Marlene

Martha Marcy May Marlene, 4 prénoms pour identifier une seule et même personne, perdue (et non pas un film d’auteur chiant je vous vois venir). Sean Durkin réalise ici son 1er film, accompagné par Elizabeth Olsen qui tient le 1er rôle, dont c’est aussi le 1er film. Sorti en 2012, il a été nominé dans pas moins de 7 festivals, dont le Festival de Cannes et de Sundance (où il a remporté le prix de la mis en scène). Ces nominations et prix ont créé une sorte de buzz autour de ce réalisateur inconnu,  débutant, qui livre une oeuvre assez prodigieuse. Le film raconte l’histoire d’une jeune femme qui sort des griffes d’une secte et trouve refuge chez sa soeur. Entre souvenirs et traumatismes, elle finit par développer une paranoïa.

MARTHA MARCY MAY MARLENE

Martha: nom civil
Marcy May: nom donné par le gourou de la secte
Marlene: nom que les filles qui répondent au téléphone doivent donner.
Elizabeth Olsen: son nom vous dit forcément quelque chose…C’est la soeur des jumelles Olsen, de la série La Fête à la maison. Encore inconnue dans le monde du cinéma, elle débarque en force sur les écrans, imposant sa beauté, son naturel, son corps pour interpréter cette Martha Marcy May Marlene. Ce n’est pas peu dire qu’elle porte le film sur ses épaules, alternant avec brio la faiblesse d’un être soumis avec la colère d’un être perdu.

Pourquoi et comment est elle arrivée dans cette secte? Pourquoi en est elle finalement vraiment partie? On ne saura jamais. Le film est axé sur « l’après » de la vie de Martha. Axe finalement peu exploité au cinéma, d’habitude les cinéastes se concentrent plus sur la force des sectes et le déroulement de la vie quotidienne au sein de celles ci.
Sauvée par sa sœur qu’elle n’a pas vu depuis 2 ans, Martha passe d’une communauté « hippie » à un environnement bourgeois. Autant pour le 1er on se doute pourquoi il n’est plus possible pour elle d’y vivre, autant on se rend compte avec elle que la vie menée par sa sœur et son mari, n’est pas celle dont on rêve finalement. C’est en tout cas un univers qui ne lui correspond pas non plus et qu’elle supporte mal. Alors si elle ne supporte plus un monde auquel elle croyait et qu’elle découvre qu’un autre monde n’est pas mieux, quelle issue?

Le point faible de Martha Maryc May Marlene? Les seconds rôles, rien de folichon. Les journalistes ont eu tendance à s’enflamme pour John Hawkes (le gourou), alors certes il chante bien, mais je ne lui trouve pas particulièrement un aura intéressant pour ce type de rôle. Sarah Paulson joue très bien la bourgeoise un peu frustée (de ne pas avoir d’enfant, de ne pas pouvoir comprendre sa soeur ce qui nous énerve passablement en même temps que Martha), mais elle joue toujours bien les bourgeoises frustrées, et je commence à en avoir marre de la voir pour le coup. Il y a quand même quelques scènes amusantes. Celle où elle s’assure auprès de Martha qu’elles ne pensaient pas ce qu’elles se disaient la veille (Martha lui a, sans complexe, balancé qu’elle serait une mauvaise mère lorsque sa soeur lui dit qu’elle va l’envoyer se faire soigner dans un établissement). Martha répond oui, sa soeur, satisfaite, lui réitère que oui également, Martha ira bien se faire soigner! (la bourgeoise un peu niaise pensait bien ce qu’elle disait elle, elle est saine).
Pour finir, Hugh Dancy que je ne connaissais pas, ne m’a pas donné envie de le connaître plus. Plat et surjouant même un peu parfois, le rôle du beau frère carriériste cliché n’a pas grand intérêt.

La mise en scène est principalement composée de plan séquences, où le mouvement de la caméra se remarque à peine. Globalement il y a peu de face à face des personnages, ce sont plutôt des plans larges ou des plans d’ensemble. Sean Durkin alterne avec des plans très proches, notamment sur le visage et le corps de son héroïne.
Il y a comme un filtre cotonneux tout doux évoquant la nature de Martha, mais qui traduit aussi un flou, une tension, qui monte au fur et à mesure que sa paranoïa grandit.
C’est justement un des gros points forts de Martha May Marcy Marlene, la capacité de mélanger un drame psychologique avec un début de thriller. On voit que Martha, profondément marquée par ce qu’elle a vécu, (ne serait ce que par des mœurs particulières qu’elle a du mal à abandonner, la confusion et le mélange entre rêve et réalité), sombre dans une angoisse d’être poursuivie, mais en même temps, on se doute aussi que ses anciens compagnons veulent toujours avoir cette emprise sur elle. Et finalement…(oui c’était la phrase finale pour vous faire voir le film).

Bonus:

Bande annonce

Interview Elizabeth Olsen

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