Diaz, don’t clean up this blood

En ce dernier jour de l’année, j’avais envie de publier un article! Je vous épargnerais les classiques bilan des films de l’année, de toutes façons je ne me souviens jamais des films que j’ai vu dans l’année, correspondant à l’année en cours en plus…Trop compliqué.
Du coup, je vous propose de découvrir Diaz, excellent film.

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« Ne nettoyez pas ce sang », pour garder une trace de cette nuit de l’horreur. Diaz est un film italien, réalisé par Daniele Vicari, sorti en 2012. Le film reprend les événements qui se sont déroulés à Gêne (Italie), en 2001, lors du G8. Divers activistes se mobilisent (plus ou moins) en créant un centre d’information alternatif dans une école, Diaz donc. Une nuit, 300 policiers chargent l’école et laissent leur violence exploser.

Le fait de réaliser Diaz (« un crime d’état ») est un acte militant. Refusé par les télés italiennes, le réalisateur a pu compter sur 2 petites sociétés de production et Le Pacte.
Depuis plusieurs jours, la tension monte entre les activistes et les policiers. La violence dans les diverses manifestations augmentent peu à peu, à tel point qu’un manifestant est tué par balles. Angoissés, les gens oscillent entre provocations et crainte pour leur sécurité.
Les forces policières finissent par attaquer sans concessions l’école où sont réfugiés les militants, et les massacrent à coup de matraques, sans retenue, sans recul. Une fois l’horreur passée, place à la manipulation médiatique, la violence et l’humiliation dans les commissariats, loin des caméras et de la ville.

Ici pas d’explications sur le combat des militants, Vicari montre à peine qui sont ses personnages, il choisi un panel (membres du Black Block, étudiants, journalistes, militants, syndicaliste cherchant juste un endroit où dormir…) et fait évoluer ces personnalités dans ce théâtre atroce.
Diaz ne défend aucune politique activiste,  il est militant dans le sens où il dénonce avec fureur cette violation des droits de l’Homme dans un pays occidental, considérée comme la plus grave par Amnesty International depuis la Seconde Guerre Mondiale.
Pourquoi une telle violence? Difficile de comprendre réellement les motivations des policiers finalement. Car des affrontements il y en a eu auparavant, avec un militant tué, ils n’ont pas de vengeance particulière à assouvir. Mais le fait de baigner dans une ambiance électrique, guerrière, associé à un quasiment une haine des anarchistes/communistes, devient un cocktail explosif et meurtrier.
Et l’image d’une simple bouteille qui s’écrase sur une voiture représentant l’autorité, illustre la goutte d’eau de trop.

Traqués comme des bêtes piégées, les occupants de l’école voient la violence augmenter et prennent conscience des intentions les forces de l' »ordre » à mesure qu’elles grimpent les escaliers. Comme un fléau ou une catastrophe naturelle qui submerge sans qu’on ne puisse agir.
Quasiment aucune nuance chez les policiers, tous sont décrits comme des salauds, même ceux qui sont plus humains manquent cruellement de courage pour apporter un peu de réconfort (le policier qui stoppe la violence de ses collègues mais qui se demande si une nana en train de mourir n’aurait pas pris des drogues, la policière qui se posent des questions mais ne fait rien et regarde…).
La caméra accompagne les victimes, elle est clairement de leur côté.
L’horreur continue avec le commissariat transformé en planque afin d’humilier en toute impunité les quelques victimes pas encore trop amochées.

Niveau interprétation, rien de folichon à vrai dire. Dans la mesure où les personnages sont un outil pour mettre en avant la violence policière, il n’y a pas grand chose à retenir à part peut être le personnage d’Alma, joué par l’actrice allemande Jennifer Ulrich, vue dans Nous sommes la nuit de Dennis Gansel, 2010,qui dégage un certain charisme d’innocence, innocent?

On ressort de là assez lessivé, un peu crispé et dégoûté.

Bonus:

Bande annonce (superbe)

Interview de Daniele Vicari

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